Nous pensons que le risque bancaire est en train de refaire surface, enfoui sous les subtilités des comptabilités faites à la main et sous les artifices des réglementations Bâle ou Basel X.
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On a transféré le risque global aux souverains et aux Banques Centrales (le couple maudit) grâce à une fiction: ces agents économiques ne sont pas comme les autres ils ne peuvent faire faillite et certains ont le pouvoir de créer de la monnaie. Ces fictions, créer de la monnaie et prélever des impôts à l’infini seront le dernier rempart contre la crise finale, ils seront eux aussi pris d’assaut. Ce sont ce que que nous appelons dans notre cadre analytique: un invariant. Nous disons « un » invariant, pas des invariants car ils sont liés, il s’agit d’un couple. Il peut lâcher d’un seul coup, l’invariant peut devenir variable. Le consensus sur le caractère sacré des engagements des souverains et des Banques Centrales peut s’envoler. Il suffit d’un choc, d’un catalyseur, d’une aile de papillon.
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La folle dérive de la création de crédit pourri en accéléré depuis 2007/2008 a déversé sur les marchés des tombereaux d’assets dont le risque est élevé. Les sociétés ont émis à tour de bras pour financer leurs pertes, le rachat des options des managers, leurs buy-back , leurs acquisitions etc. Les pays souverains « serial défaillants » ont émis également presque sans limite, tout cela est non productif, tout cela n’est que de l’eau des égouts transformée en eau claire par l’ingénierie financière. Mais les microbes et les bactéries de l’insolvabilité y sont encore, elles n’attendent qu’un peu de sécheresse pour se développer et prospérer. Les germes sont là, ils commencent à prospérer. Il suffit de regarder les CDS, les credit default swaps, ils inflatent.
Les creances pourries ont commencé d’être devalorisées par les marchés, le mouvement est net de puis 2013 d’abord, il s’est précisé en 2014, maintenant il devient évident même pour ceux qui ne veulent pas le voir. Les comptes des hedge funds , du Shadow et des banques sont à nouveau en phase de détérioration. La bulle qui les magnifiait et les rendaient attrayantes est en train de laisser passer de l’air. Beaucoup de collatéraux sont en train de devenir douteux et pas seulement ceux qui sont liés au secteur de l’énergie et des commodities . Pour l’instant beaucoup de risques sont encore dans les marchés, mais ils vont remonter au fur et à mesure que l’argent va aller au money heaven, au fur et à mesure qu’il va se détruire.
La pourriture va rejoindre son refuge, elle va remonter. Déja celle des phases précédentes de la crise se trouve enracinée, logée, dans les comptes des gouvernements souverains et dans les bilans des Banques Centrales. C’est là dans les comptes du Centre que git la mère de toutes les bulles. Mother Bubble; c’est chez eux, au sein du couple maudit que cela va se jouer à l’avenir. C’est ce que nous appelons le Centre du Centre , l’hyperCentre.
Le mouvement de la crise s’analyse comme un mouvement concentrique de flux et de reflux du Centre vers la Périphérie et de la Périphérie vers le Centre. Un problème éclate sur un agent périphérique, il est « résolu » par le Centre qui le prend à son compte et produit une assurance, ainsi le Centre met sa solvabilité au service des Périphéries, mais il le fait en obérant sa propre solvabilité bien sur. Un processus de crise et son pseudo-traitement s’analysent comme ces mouvements: remontée des pourritures vers le Centre et émission de monnaie, de quasi monnaie, de créances sur ce Centre. Tant que l’on a la confiance, la remontée est possible, on peut faire face et engranger du risque en gonflant son bilan. Mais peu à peu les créances que l’on émet, monnaie et dettes souveraines, font bulle, leur valeur émise dépasse tout ce que l’on peut envisager d’honorer et le risque enraciné, « embedded », stocké dans les réservoir du Centre finit par se manifester. Mother Bubble éclate.