Que faire quand il y a un rebond dans un marché survendu?

Réponse, vous faites ce que vous pouvez! Notez bien : ce que vous « pouvez », pas ce que vous « voulez ». Chacun a un biais, une histoire, qui font que ce qu’il fait aujourd’hui dépend en grande partie de ce qu’il a fait hier. Et ce qu’il a fait hier est causé en grande partie par sa personnalité, son caractère. « Votre principal ennemi, en matière d’investissement, disait un de nos maîtres: c’est vous ».  Notre expérience nous conduit à penser qu’en fait les investisseurs privés ont les mains liés. Ils ne décident pas librement, ils ont un boulet. Et ce boulet c’est en grande partie leur passé en tant qu’investisseur. Et ce que l’investissuer privé  a fait hier a été  déterminé de la même façon par  son historique d’une part  et sa personnalité d’autre part.

Ceci étant tristement posé je voudrais faire quelques remarques:

-nous étions survendu « court terme » , le rebond est normal quelqu’en soit le prétexte

-la cause du rebond semble sérieuse car je ne vois pas Draghi décevoir une nouvelle fois le marché en mars; il va y avoir une nouvelle tentative de stimulation monétaire non conventionnelle

-les effets sont plus discutables, voire incertains, car ils dépendront de la situation à ce moment là.

-les baisses de taux, lorsqu’elles interviennent dans des moments de  fuite  devant le risque ne provoquent qu’un effet passager d’annonce, pas un retournement de la psychologie; le flux des nouvelles et la contagion à l’économie réelle continuent leurs ravages

-le marché américain n’a pas pris en compte le risque croissant de récession. Les indicateurs sont « mixed », ce qui traduit le fait que certains sont précurseurs et d ‘autres en retard, mais le caractère « mixed » est un signal. Ce signal a besoin d ‘être confirmé, par une chute de la confiance des consommateurs, une montée des inscriptions hebdo au chômage. Avec la baisse récente des marchés, nous estimons les chances de récession a plus de une sur deux. Mais attention, on ne connaît pas les récessions en temps réel, on peut traverser une phase de récession sans le savoir.

-la surévaluation par rapport aux critères historiques est de 50 à 70%; ce qui veut dire que si vous investissez aux cours atuel,  vous étes quasi certain que dans une perspectives à 12 ans, temps complet du cycle boursier , vous n’aurez aucune rentabilité réelle, même dividendes réinvestis et entre temps vous devrez supporter des baisses qui risquent de vous effrayer voire de vous paniquer.

-la surévaluation est potentielle, elle n’ est pas acquise. Acheter un actif financier c’est échanger du cash contre cet actif et si en fait le cash est surabondant, excédentaire par rapport aux équilibres à long terme de l’économie, ce cash est promis  à la dépréciation/prédation. Une surévaluation apparente des actifs financiers peut se résoudre soit par la chute du prix de ces actifs en regard , en relatif, au  cash , soit par une dépréciation/ prédation de ce cash . Par prédation on peut par exemple inclure les taux négatifs, les prélevements scélérats des gouvernements etc .

Ne vous laissez pas effrayer par les catastrophistes, les millénaristes et autres, ils ont coûté  cher depuis le début de la crise et cela continue. Les « irresponsables » qui gouvernent ont encore la situation en mains, ils ne sont pas débordés, leurs complices et connivents jouent encore avec eux et pas encore contre eux. L’édifice se lézarde, il tremble, mais il est trop tôt pour qu’il soit déjà trop tard.

 

Laisser un commentaire