Les titres des dépêches, le cynisme fait surface

C’est un débat souterrain, vous n’en entendrez pas parler. Il ne voit pas le jour… sauf maladresse. Nous avons expliqué en long, en large et en travers, que la manoeuvre depuis 2008 s’analyse comme un gigantesque transfert. Les uns manquent d’argent car ils ont trop de dettes, les autres ont accumulé du cash et des réserves. La solution cynique s’impose donc: il faut prendre dans la poche des uns pour mettre dans la poche des autres.

Les uns ce sont les endettés, les banques, le shadow, les gouvernements  et les autres, eh bien c’est .. vous. La hausse des marchés financiers et la baisse des taux depuis 2008, étaient un entonnoir pour aspirer votre argent, réaliser le grand transfert, puisque vous avez souscrit des montant records d’obligations corporate, de fonds d’état et de titres des banques, qui ne rapportent quasi rien. L’argent, est passé de votre poche dans les leurs, ils l’ont récolté. Et ils ne l’ont pas payé cher, une bouchée de pain puisque les taux étaient nuls!

Maintenant que l’opération est terminée et que l’on peut difficiellemnt aller plus loin, il faut gérer ce transfert. Si on laissait monter les taux, la destruction de tout ce qui a été souscrit au cours des 7 dernières années se ferait mécaniquement; une dette qui coûte/rapporte 0,5% et qui a été émise à 100, ne vaut pour ainsi dire plus rien sur les marchés si les taux montent à 5%! Soutenir les marchés comme essaient de le faire la Fed, la BOJ, la BCE c’est essayer de soutenir la valeur de tout ce papier qui a été émis lorsque les taux étaient quasi nul, c’est empêcher leur dévalorisation.

Pour que le mouvement de transfert soit finalisé, complet, il faut que les emetteurs, les banques, les corporate, les gouvernements qui ont raflé l’argent à la montée et ainsi augmenté leur dette, puisse euthanasier cette dette, c’est à dire qu’il faut que les marchés puissent accomplir leur oeuvre. La fonction objective des marchés dans la financiarisation, dans la mise de tout sur les marchés  est le nettoyage, la destruction. Si on cesse soutenir les marchés, si on laisse les taux remonter, si on cesse de créer des liquidités, le processus de destruction peut aller à son terme; ceux qui ont raflé l’argent dans la phase de baisse des taux voient leurs dettes s’alléger dans la phase de hausse. Ce que nous avons en  son temps décrit et appelé le processus de « coup d’accordéon » ou encore le processus de « régulation par les bulles ». Vous stimulez les affaires par une vague d’ultra-laxisme monétaire, une bulle se forme dans un secteur donné qui en est le receptacle, cela tire l’économie, puis quand on est au « top », vous percez la bulle, tout ce qui est excédentaire, exagéré est détruit comme le Nasdaq en 2000, l’hypotécaire en 2007, etc, toute la pourriture se résorbe et vous n’avez plus qu’à « nettoyer » comme le disait Greenspan, et à reinjecter de l’argent qui s’en va ailleurs, former une nouvelle bulle comme on l’a fait depuis 2007 avec la bulle des emprunts d ‘état et du corporate qui ont été soufflées.

La question centrale est celle ci: la bulle est en train d’éclater, elle le fait d’abord là ou elle est la plus fragile, c’est à dire du coté des périphérique, est ce qu’on enraie le phénomène ou bien est ce que l’on attend pour faire comme d’habitude? Est ce que ‘on soutient les marchés ou bien on qu’on les laisse accomplir leur fonction de destruction? Estce que l’on va plus loin dans  le Grand Trasnfert, par exemple est ce que l’on passe aux taux négatifs aux prélèvements sur le cash pour ratisser encore plus, ou bien est ce que l’on tente d’assainir maintenant?

Martin Feldstein, est partisan de l’école rigoureuse, il sait que la fonction de destruction est aussi importante que la fonction de transfert, il  veut que le job soit mené à son terme, il défend l’idée que les autorités doivent laisser la bulle, les bulles éclater et continuer de laisser monter les taux. Il est cohérent. Le processus pour être efficace doit être mené à son terme, il faut cyniquement accepter l’éclatementd’une myriade de bulles, pour pouvoir, comme on a  appris à le faire, nettoyer et relancer. D’autres pensent que l’on doit aller plus loin, voire accélérer le Grand Transfert, quitte à passer aux taux négatifs et à la prédation sur le cash et risquer la destabilisation du Système. On verra, à suivre.


MarketWatch: You want them to tighten more?
Feldstein: I want them to do what the FOMC forecast in December, which is that they would take the rate up by 100 basis points in 2016 and continue to do more in 2017. And even that will still be very easy, accommodative, monetary conditions.
MarketWatch: Won’t financial conditions tighten and the stock market decline?
Feldstein: That’s right, the stock market might decline. But if the stock market is very overvalued we shouldn’t be surprised that, at some point, it has to revert to a more normal level.


 

Les délégués de l’Opep démentent une réunion avec la Russie pour réduire la production de 5% comme l’avait annoncé une Agence


 

[Reuters] Asia stocks find support, oil still unstable

[Bloomberg] Some $29 Trillion Later, the Corporate Debt Boom Looks Exhausted

[Bloomberg] Foreigners Flee Japan Market by Dumping Futures, Goldman Says

[Reuters] Taiwan president flies to disputed island in South China Sea

[MarketWatch] Feldstein says Fed should let the market fall and keep hiking rates

[WSJ] Chaos in Libya a Growing Draw for Extremists, Report Warns

[Bloomberg] Asian Stocks Retreat After Fed as Financial Shares Lead Declines

[Bloomberg] China’s Money-Market Operations Inject Most Cash in Three Years

[Bloomberg] Fed’s Nod to Global Risks Lowers Chance of March Rate Increase

[Bloomberg] China Should Let Yuan Float to Avoid Slump, Ex-PBOC Adviser Says

[Bloomberg] Goldman Sachs Calls Brazil a ‘Mess’ After Warning on Depression

[Bloomberg] China to Buy More Than 200 Tons of Gold This Year, Barclays Says

[FT] Capital controls no longer taboo as emerging markets battle flight

4 réflexions sur “Les titres des dépêches, le cynisme fait surface

  1. Même si ce n’est pas la réponse à laquelle j’aurais pu m’attendre, je vous remercie néanmoins pour votre réponse.
    Je suis un lecteur assidu de votre blog atypique et riche, et je compte bien le rester autant que faire se peut, car il me permet effectivement de réfléchir, d’apprendre, de comprendre – et parfois de ne pas tout comprendre – pour déchiffrer certaines parties du grand puzzle.
    Je vous en suis sincèrement reconnaissant.

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  2. « une dette qui coûte/rapporte 0,5% et qui a été émise à 100, ne vaut pour ainsi dire plus rien sur les marchés si les taux montent à 5%! »
    Veuillez m’excuser mais je n’ai pas compris la logique qui conduit à la valeur quasi nulle de la dette. Pourriez-vous m’éclairer ?

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    1. Non car le site n’est pas un produit de consommation, mais un outil d’investissement personnel. Il est fait pour travailler et réflêchir!
      Simplement cherchez dans les livres de finance pourquoi une créance à revenu fixe se déprécie quand les taux pratiqués sur les marchés montent. C’est le début des premières leçons. En fait tous les actifs financiers se déprécient quand les taux montent. J’ajoute que le montant de la dépréciation dépend de la durée de vie de la créance ou de l’actif financier. Je vous remercie de votre fidélité.

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