Chine, la mutation se confirme

 

Il y a ceux qui disent que la Chine est en catastrophe et il y a ceux qui affirment que la Chine est en mutation profonde. Nous nous rangeons dans la seconde catégorie, la Chine est la grande histoire pour la consommation et les services dans les prochaines années. Son régime et la structure de son économie se transforment.

Dans la phase de transition la croissance ralentit obligatoirement car le changement de modèle pénalise les indicateturs anciens, indicateurs lourds.

Dans la phase de transformation le besoin de destruction est colossal, il faut ramener à leurs nouvelles valeurs,  les valeurs de tout ce qui était rattaché à l’ordre ancien, les actions, les créances bancaires, les fortunes, etc. Plus on transforme et plus le besoin de destruction est grand et donc douloureux, en apparence.

La Chine c’est à la fois un actif: une économie en mutation.

et

Un passif: un ensemble de droits et de valeurs qui doivent etre réajustés en baisse

C’est ce que nous voyons quasi en temps réel et que l’on épingle du nom de crise . Ou phase d’éclatement de la bulle ancienne.

La croissance dans le secteur chinois des services a atteint son rythme le plus fort depuis six mois en janvier, montre une enquête publiée mercredi, ce qui contribue à compenser la faiblesse du secteur manufacturier qui pèse sur la deuxième économie au monde.

L’indice Caixin-Markit des directeurs d’achat est remonté à 52,4 en janvier, après avoir atteint un plus bas de 17 mois à 50,2 en décembre.

Le sous-indice mesurant l’emploi dans le secteur des services a connu sa plus forte augmentation depuis six mois, passant à 51,8 en janvier, contre 51,3 un mois plus tôt, tandis que la composante mesurant les nouvelles affaires a augmenté elle aussi, ce qui sous-entend que les entreprises du secteur des services ont créé davantage d’emplois pour répondre aux besoins plus importants.

En 2015, la contribution du secteur des services au PIB s’est élevée à 50,5%, dépassant la barre des 50% pour la première fois.

EN PRIME

La Chine s’est fixé pour objectif une croissance de 6,5% à 7% cette année mais la réduction des surcapacités devrait se traduire par une augmentation du chômage dans certaines provinces du pays, a déclaré mercredi le président du principal organe de planification économique.

Xu Shaoshi, qui préside la Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), a ajouté, lors d’une conférence de presse, s’attendre à voir persister cette année les pressions à la baisse s’exerçant sur la croissance de la deuxième économie mondiale.

Il a expliqué que les investissements engagés par l’Etat étaient désormais orientés en priorité vers les points faibles de l’économie et les ajustements structurels, parmi lesquels figurent les infrastructures du centre et de l’ouest du pays, l’éducation et la santé.

Il a précisé que les investissements dans les infrastructures de base avaient augmenté de 15% l’an dernier.

Parallèlement, la volonté de Pékin de réduire les surcapacités va faire augmenter le chômage dans les provinces qui figurent parmi les principales régions productrices d’acier et de charbon, a reconnu Xu Shaoshi, citant les provinces du Shanxi, d’Heilongjiang et du Hebei.

Le maintien d’un chômage bas, garant de la stabilité sociale, figure parmi les priorités de Pékin mais les autorités admettent qu’il est de plus en plus difficile à assurer avec le ralentissement de la croissance.

Les autorités locales s’efforcent depuis 2013 d’endiguer les surcapacités de production qui touchent plusieurs secteurs et sont donc déjà conscientes des problèmes liés au chômage, à l’endettement des entreprises et à la dégradation de la qualité du crédit bancaire, a expliqué Xu Shaoshi.

« Aujourd’hui, les problèmes sont pires qu’ils ne l’étaient il y a deux ans mais le gouvernement a la capacité d’y faire face », a-t-il assuré.

Il n’a donné aucune précision sur les politiques spécifiques mises en oeuvre face à la montée du chômage résultant de la réduction des surcapacités.

L’agence officielle Chine nouvelle a rapporté le mois dernier que la République populaire prévoyait de réduire sa capacité de production d’acier de 100 à 150 millions de tonnes, ce qui pourrait se traduire par la disparition de 400.000 emplois.

 

2 réflexions sur “Chine, la mutation se confirme

  1. bonjour Mr bertez

    Tentative de transition vers une économie de service
    soit mais les même causes dans des environnements différent ne peuvent pas causer les même effets .
    qu’en est-il de la robotisation en chine et de sa mise en œuvre ?

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  2. Bonjour,

    la question semble être : la destruction de l’ancien modèle ne risque-t-elle pas de provoquer des troubles si puissants qu’ils seront de nature à bloquer pour longtemps le nouveau modèle ?

    Cette destruction est-elle si ordonnée et maîtrisée que ça ? Quand on voit ce qui s’est passé sur le marché boursier chinois, on peut en douter. Le marché réagit vite heure par heure, on peut corriger rapidement. Les infrastructures, l’éducation, la recherche et développement, … c’est du lourd et du long.

    Et puis je me demande aussi ce que va donner le paramètre démographique qui va commencer à être plus prégnant sur l’économie : quand on regarde le Japon, c’est moche.

    Tentative de transition sûrement ! Vers une économie de service pleinement fonctionnelle, sans erreurs ou troubles sociaux majeurs ? je suis plus réservé notamment à cause de l’effet délétère d’une démographie défavorable sur l’économie.

    Cordialement.

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