Europe : Bruxelles prévoit l’échec, le bonheur sur le chômage, c’est toujours pour demain

 

Autant le dire clairement, si vous mettez en place une politique de lutte pour l’inflation et que vos prévisions sont révisées en baisse , il faut avouer que c’est l’échec. Et comme d’habitude, il faut dire que l’on n’ a pas fait assez de tout ce qui a échoué. Si les prévisions de hausse des prix restent en baisse, c’est parce que la demande ne se redresse pas et que votre remède contre l’insuffisance de la demande ne marche pas. Ce n’est pas du mauvais esprit, c’est de la logique. On est en présence d ‘un coût fantastique et d’une prise de risque considérable pour un résultat insignifiant qui ne s’écarte pas de celui que l’on aurait eu en laissant les variables non monétaires produire leur effet! La politique de Draghi n’a qu’un sens  et une seule  « utilité »: éviter une nouvelle crise de l’euro en empêchant la hausse des spreads sur l’Italie, le Portugal …

La Commission européenne a mis à jour ses prévisions économiques pour 2016 et 2017… Elle vise désormais une croissance de 1,7% cette année en zone euro, contre 1,6 % l’an dernier, avant de grimper à 1,9% en 2017, contre respectivement +1,8% et +1,9% projeté à l’automne dernier. Bruxelles vise également une poursuite de l’amélioration du marché de l’emploi, avec un taux de chômage qui passerait de 11% en 2015 à 10,5 % en 2016 et à 10,2 % en 2017.

En revanche, Bruxelles a, comme attendu, revu en baisse ses prévisions d’inflation à seulement 0,5% cette année puis 1,5% en 2017, contre respectivement 1% et 1,6% anticipé jusque-là. « Les augmentations des prix à la consommation dans la zone euro devraient rester très faibles au cours du premier semestre et devraient commencer à s’accentuer au cours du second, lorsque les effets de la chute brutale du prix du pétrole se résorberont », fait valoir Bruxelles.

Pour ce qui est de la France, la Commission table sur un PIB à +1,3% en 2016 et +1,7% en 2017, contre +1,4% et +1,7% prévu jusque-là. L’inflation serait de seulement +0,6% cette année puis de 1,3% l’an prochain. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a toutefois assuré que les objectifs de déficit (3,3% du PIB en 2016, 3% en 2017) seront maintenus. Cette prévision reposait sur un taux d’inflation annuel à 1%. Bruxelles n’y croit pas : il table sur un déficit à -3,2% en 2017, après -3,4% cette année.

Sur le plan de l’emploi, Bruxelles anticipe une baisse du chômage en 2017 seulement, à 10,3% contre 10,5% cette année, stable par rapport à 2015. Bruxelles prévient pour s’exonérer par avance « que les perspectives  économiques restent très incertaines et les risques très élévés ».  Vous noterez la qualité de l’analyse qui se réduit à une énumération sans diagnostic. Pour les fonctionnaires, décrire sans  synthèse, c’est expliquer. Rien sur l’éclatement de la bulle des émergents, sur les causes de l’effondrement des prix des commodities, sur le lien de la déprime avec la disparition de la liquidité , rien sur l’échec de la tentative de baisse du change de l’euro , ah les braves gens!

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