Une fois de plus, « ILS » se sont trompés.
En Aout dernier « ILS » ont analysé le krach Chinois comme un événement ponctuel limité, contenu, ils l’ont dit, claironné. Et quelques mois plus tard, la vérité s’impose, c’est une nouvelle phase de la la Grande Crise Financière qui montre à nouveau son horrible face. Aout n’était pas un accident, c’était un développement, un moment dans la terrible séquence qui nous engouffre depuis 2007.
Bien entendu il ne faut attendre aucune excuse, aucune correction de LEUR part, « ILS » persistent. Ainsi la rechute aurait été produite par la baisse des prix du pétrole, par les émergents, par la fermeté du dollar, par ceci, par cela ; hélas, le pétrole est stabilisé, les émergents se sont repris par un beau rally, le Vice président de la Fed a télégraphié la volte face sur la politique de normalisation, et … les marchés continuent leur dégringolade, ils continuent leur terrible contraction de la richesse globale, leur désolvabilisation, leur décapage des fausses valeurs. « ILS » ont eu beau soutenir les cours du pétrole par les rumeurs « bidons », faire chuter le dollar pour atténuer les tensions sur le « fundig global », tenter de stimuler la liquidité, rien, aucun effet: la débandade se poursuit. Et elle est sanglante à à un point tel que non seulement les seuils critiques sont franchis, mais la psychologie des enchainements négatifs, reflexivité/transitivité, se met en place.
Le pétrole a fait un bond de 5%. Les monnaies émergentes ont fait un superbe rally sous la conduite du Réal Brésilien. Les marchés financiers émergents se sont stabilisés, voire redressés. Y compris au Brésil, en Chine, en Turquie. Ce qui était soi disant la cause de l’inquiétude de ces derniers mois s’est spectaculairement repris et patatras, rien n’y fait, au lieu d’amélioration, ce que l’on a c’est la chute. La chute brutale claire, sans appel. Une chute qui intervient alors que la succursale nippone de la Fed tente une ultime manœuvre d’avilissement et de destruction de sa monnaie pour soutenir les marchés et son économie et que Draghi, l’autre connivent, l’autre complice promet, une fois débarrassé des blocages allemands de faire un nouveau round de dépréciation, ou plutôt de tentative de dépréciation, de l’euro.
Les liquidités, mon brave monsieur, ne sont plus ce qu’elles étaient, elles ne suffisent plus à créer l’impression de richesse. La magie cesse de jouer, les » sous », quand on les crée, partent directement au « money heaven » sans passer par la case « marchés » !
C’est la machine financière, la grosse caisse, la grande pompe qui est « impaired », qui est hors d’usage. Et cela également est, non pas nouveau, mais est un nouveau mode d’apparaitre de la troisième phase de la crise. La machine à multiplier les petits pains financiers est défaillante, voilà ce qu’il faut admettre ; le Système est touché au cœur, le coeur étant la machine à pomper, à injecter le précieux liquide dans l’organisme mondial.
Un exemple après le géant mondial Deutsche Bank, c’est au tour du Crédit Suisse de tanguer. Il a perdu près de 16% en une semaine ce qui fait 31% depuis le début de l’année alors que nous sommes à peine en début Février. Le Crédit Suisse est au plus bas depuis 24 ans ! Une majorité de valeurs bancaires européennes est revenue dans les plus bas de 2009, la Société Générale chute de près de 9% en une semaine, le Crédit Agricole de plus de 6% ; dans tous les cas, les déchets depuis de début de l’année qui vient juste de commencer sont de plus de 20%. Les banques Italiennes, jamais en reste, ont été amputées de plus de 10%.

Les craintes sur la solvabilité se manifestent sans ambiguité par la hausse des assurances contre le risk, par l’effondrement des COCOS ; ces titres subordonnés, quasi-fonds propres en cas de défaillance. Par solde, l’indice des banques euros a chuté de 6,2% cette semaine écoulée, ce qui porte le bain de sang à 20% depuis le début de l’année.
Le mythe voulait que les banques Américaines soient mieux loties, elles seraient plus saines. Hélas, toutes n’en mourraient pas mais toutes étaient touchées : l’indice des banques US chute de 4% ce qui met sa perte depuis le premier Janvier à 16% ; on est au plus bas niveau depuis 30 mois. Les plus grandes vacillent à l’image de Citi et de Bank of America.
Nous avançons une explication synthétique : les banques ont joué le rôle central dans le dispositif de reflation mis en place , elles ont été à la fois les « chouchous » et en même temps les victimes. On les gavées, on les appâtées, séduites par l’argent gratuit. On les a incitées à participer à la fabrication de l’effet de richesse artificiel, elles ont fait levier à tour de bras, elles se sont mises, toutes, du même coté du bateau et maintenant que la mécanique est brisée, c’est la ruée vers l’autre bord, la ruée vers la sortie. Le sauve qui peut dans des univers illiquides. Pour parler simplement comme la Sagesse des Nations, on est toujours puni par ou l’on pèche ! Tout le reste n’est que baratin circonstanciel à pouvoir explicatif limité, le fond seul est important : les banques paient le prix du rôle qu’elles ont accepté de jouer, ce prix, c’est la destruction de leur « business model », la destruction du banking traditionnel et la mise de tout sur les marchés, c’est à dire la mise de tout le crédit et de la machine à produire le crédit sous la coupe irresponsable des animal spirits. On ne connait plus la valeur de rien or une banque ne peut tenir dans l’incertitude généralisée, dans un monde de fragilité des valeurs. Le mal des banques est endémique à la Great Expérience de notre ami John Law. On fait pas de la banque sur du sable, il faut des fondations, il faut quelques certitudes, il faut quelques invariants.
On touche d’un coté, on colmate, on écope et c’est ailleurs que le bateau prend l’eau, c’est la rançon du constructivisme, du socialisme des Banques Centrales, de leur dirigisme, il n’y a plus aucune répartition statistique, tout est corrélé. Nous l’avons dit et redit : tout a le même sous-jacent. Et ce sous-jacent, plus encore que la liquidité et les valeurs, c’est : la confiance dans les compétences des Banquiers Centraux et dans l’efficacité de leurs théories. La liquidité et les valeurs ne sont pas des données, ce sont des résultantes de la confiance, de la foi. Les fers de lance de la reflation ont été le secteur bancaire, les hedge funds, les ETF, le Private Equity, l’ingénierie financière, bref on a tout misé sur les effets de dominos positifs en chaine et les dominos ont commencé de chuter.
La débandade des banques provoque des chocs en retour sur les marchés d’actions car eux même ont été dopés par les buy-backs, les achats à crédit, le leverage de la Communauté Spéculative mondiale. Le Nasdaq abandonne 6%, les hi-tech 7%, les Small Caps 8%. Les fameux FANG, les Netflix et autre Amazon dévissent de façon sanglante. Et la chute des marchés dé-solvabilise les banques, les Hedge Funds, elle fait disparaitre les gages, les garanties, les collatéraux. Le mercure s’échappe, personne ne réussit à le retenir entre les doigts.
La solution qui consiste à tenter de ressusciter le moribond n’en est pas une. A ce stade le remède peut encore avoir des effets aggravants. Peux-t-on tenter de relancer le cycle du crédit que la maladresse et les fausses théories ont brisé ? Ce sera difficile car tout est mal positionné sur le bateau. Pour relancer il faut ré-avilir le dollar, inonder le « dollar funding », « trasher » le dollar, il faut le mettre à la poubelle or la Communauté Spéculative Mondiale est hyper longue en dollars, la position acheteur est à un niveau historique record. Les pertes vont être colossales, un véritable gouffre ou vont disparaître les ressources, un gouffre qui donne directement sur le « money heaven ». Et face aux pertes, on ne prend pas de nouveaux risques, non, on liquide, on stoppe les idioties, on rembourse ses dettes, on deleverage. La tolérance au risque fond comme neige au soleil au fur et a mesure que les pertes s’accumulent, on est dans le sauve qui peut de la survie. Bref on tue la liquidité.
Les effets de contagion sont sensibles dès ce début de nouvelle semaine, on voit les spreads se dilater, le crédit est touché, la Périphérie Européenne recommence à diverger, c’est le grand retour des démons qui avaient été conjurés par les QE et le coûte que coûte de Draghi.
Explosion du stress à la périphérie de l’Europe

Les dérivés et autres fausses assurances, le dynamic hedging ne sont pas encore entrés en action. Que se passera t-il si la déroute gagne ces segments hyper-fragiles et hyper-instables ?
Nous l’avons écrit en son temps, Kuroda a ouvert une boite de Pandore en passant aux taux négatifs, les taux négatifs ne sont pas le prolongement des taux nuls ou bas. Les taux négatifs, c’est autre chose, c’est l’entrée dans le discontinu, dans les effets imprévisibles. Nous émettons l’hypothèse que ce sont les taux négatifs de Kuroda qui ont déclenché les prises de conscience négatives et la perte de confiance, la disparition de la foi.