L’argument choc est que Juppé est le mieux placé pour battre Hollande, ce qui est censé donner à sa candidature le bénéfice du vote « utile. Tout ceci traduit les insuffisances de Sarkozy, lequel n’arrive pas à choisir un positionnement et à s’y tenir. Si Sarkozy ne se décide pas à repolariser clairement la vie politique Française, il est « politiquement mort » comme le disait patrick Buisson. La seule chance de Sarkozy c’est de sortir de l’UMPS et du positionnement « homme de couleur-blanc »! L’une des inconnues est la présence ou non de Tapie.
Alain Juppé et Marine Le Pen partent avec les meilleures chances de se qualifier pour le second tour de la présidentielle de 2017 selon un vaste sondage du Cevipof et d’Ipsos Sopra Steria pour Le Monde paru ce mardi.
D’après cette enquête, le maire de Bordeaux virerait en tête au premier tour, avec 31% des suffrages, s’il devait être investi par son camp à l’issue de la primaire de novembre.
Dans ce même cas de figure, François Hollande serait nettement distancé, avec 18% des intentions de vote, contre 25% pour Marine le Pen.
Dans les deux autres hypothèses retenues par cette étude, Nicolas Sarkozy et François Fillon laisseraient la première place à la présidente du Front national et se trouveraient au coude-à-coude avec le chef de l’Etat sortant.
François Hollande, qui conditionne sa candidature à une baisse du chômage dans les mois à venir, est crédité dans les deux cas de 20%, Nicolas Sarkozy de 21% et François Fillon de 19%.
« Ce rapport de force très favorable au maire de Bordeaux évoluera bien sûr dans les mois qui viennent, mais il donne une idée d’un véritable ‘phénomène Juppé' », écrit dans Le Monde Pascal Perrineau, du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po.
« La force d’Alain Juppé est d’ajouter à l’électorat ‘naturel’ de son camp (aux alentours de 20 %) un électorat qui vient sur sa personnalité et les idées qu’elle porte », ajoute-t-il.
L’ex-Premier ministre apparaît d’autant plus en position de force dans ce sondage qu’il figure en tête des intentions de vote pour la primaire de la droite et du centre.
Avec 44%, il devance Nicolas Sarkozy de douze points et plus franchement encore ses autres concurrents déclarés ou pressentis, comme Bruno Le Maire (11%), François Fillon (9%), Nathalie Kosciusko-Morizet (2%) ou Nadine Morano (1%).
Cette enquête a été menée du 22 au 31 janvier auprès de 21.326 personnes inscrites sur les listes électorales constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.