
Personne ne doute que nous sommes en ce moment en pleine crise bancaire. Il ne se trouve plus que quelques illuminés pour prétendre que la crise de ces dernières semaines est provoquée par le pétrole, la situation chinoise ou le ralentissement économique. Les chiffres catastrophiques et les « guidances » publiées par les banques globales sont là pour attester que le problème est bancaire. Un examen de ce qui se passe sur l’eurodollar, sur les collatéraux et les positions des Primary Dealers confirme tout cela.
La cause c’est l’échec des politiques monétaires, c’est simple.
Les autorités ont dépassé leur rôle, au lieu de se borner à « sauver le monde » en 2008/09, elles ont voulu aller plus loin et utiliser les outils monétaires pour provoquer la reprise économique et même son accélération. Elles ont réussi à embarquer les marchés financiers et cela a fait illusion. Hélas l’illusion est terminée et les marchés contredisent les propos et les anticipations « idéologiques » des banquiers centraux ils contestent dans leur chiffres de 2017 et 2018, les prévisions même des banques centrales sur les taux et l’activité. Les marchés pensent que les « carottes sont cuites » et que l’échec est assuré. Voila le fond du problème et voila en quoi Yellen a commis une erreur colossale non seulement en faisant le Taper, non seulement en montant les taux, mais surtout en émettant des prévisions fausses refusées par les marchés. Des prévisions que les marchés ont refusé de ratifier.
Le témoin, le symbole qui crie au monde entier que les banquiers centraux se sont trompés, c’est le pétrole. Le pétrole joue un rôle privilégié dans le système, il est l’articulation entre le monétaire et le réel. C’est en quelque sorte la courroie qui relie le monétaire à la machine réelle. Et que dit la courroie? Elle dit que les banquiers centraux se trompent, il n’y a pas de vraie reprise, il y a eu une fausse apparence de reprise, il y a patinage de la courroie.
Les banquiers centraux et l’US travaillent sur des théories fausses, inversées, comme les courbes de Philips. Ils se font piéger par la soi-disant baisse du chômage et croient leurs propres mirages. Le vrai chômage, le vrai « slack » , est considérable, le vrai marché de l’emploi est détestable , la preuve et elle est irréfutable: c’est que le prix du travail, les salaires ne montent pas. Si le marché du travail traduisait une reprise, alors il y aurait des hausse des salaires. Nos malheureux confondent des chiffres à vocation politique avec des chiffres qui sont des vraies grandeurs économiques opérationnelles, valables et conceptuellement efficaces. A force de truquer, on finit par croire ses trucages.
Ci dessous, l’erreur colossale sur l’emploi américain qui a servi de guide à Yellen

Et c’est là ou intervient le problème bancaire. En mettant les taux à zéro, en passant aux taux négatifs, on tue le compte d’exploitation des banques mondiales, on lamine les écarts dont elles font leur bénéfice et plus on baisse les taux, plus on passe dans le négatif, plus on détruit les banques. On détruit la machine à produire du crédit et la locomotive des marchés fianciers. Les marchés ne peuvent monter sans les banques et les banques ne peuvent survivre au double choc simultané de la dégradation de leur compte d’exploitation et de la fin des bénéfices de la spéculation boursière. Les banquiers centraux ont fait un pari: les taux bas, les taux zéro, les taux négatifs vont stimuler la création de crédit, la croissance va ré-accéléler et , et c’est là ou tout dérape, les taux vont se mettre à remonter, les primes de risques à a se réduire , les banques vont ainsi se rattraper, se refaire une sante. Elles vont regagner ce qu’elles ont perdu sur le laminage de leur marge. Or il n’y a pas de reprise, pas de croissance réelle, les banques perdent mais elles ne se refont pas, elles ne connaissent qu’un sens la perte. On est en fait dans la répétition du fameux « conundrum » de Greenspan ou la politique monétaire ne donne pas les résultats espérés et ou on insiste en détruisant tout.
L’erreur colossale de Kuroda a été de passer à la NIRP, il a fait rpendre conscience à la fois de l’echec des politiques anterieure s et de la possibilité de la généralisation des taux négatifs, c’est a dire qu’il a fait anticiper la déconfiture des banques. C’est un véritable imbécile.
Si vous ajoutez le fait que la croissance mondiale qui devient quasi nulle ne permet plus de tenir les prix matières premières, que cela multiplie les risques de faillites, que les bénéfices des entrepsies flechissent, et donc que les marchés financiers deviennent vulnérables, vous avez la mise en branle d’un cercle vicieux: tout faiblit, ruine les banques, les désolvabilise elles se mettent de plus en plusen risk-off. On réduit la voilure, les assurances CDS renchérissent, les spreads se dilatent, le tout en un cercle vicieux de l’appauvrissement et des risques de defaillance.
Le laminage, la destruction du business model en image

Ils ont perdu leur pari, un pari qui selon nous, a toujours été perdu d’avance…Ah ce » capital qui joue aux dès notre royaume » disait l’autre!.
Merci messieurs les élites surdouées, indépendantes et irresponsables.
pétrole, ou
Merci pour cet éditorial,
Je nuancerai cependant votre conclusion, les BC n’ont pas perdu un pari, mais plutôt un combat et un combat qui était perdu d’avance dès 2007. Les chiffres avancé alors par le blog de Loic Abadi montraient que la bulle de crédit était colossale à l’époque et que les banques centrales ne pouvaient s’y opposer.
« Les autorités ont dépassé leur rôle, au lieu de se borner à « sauver le monde » en 2008/09,… », En fait dès le QE1, elles ont scellé leur destin. Dès le sauvetage d’AIG, les BC ne pouvaient revenir en arrière. Un arrêt du QE signifiait et signifie toujours une replongée dans la récession/dépression.
L’illusion des BC a été de croire que « le temps arrangera tout » alors que « les faits sont têtus ».
J’ai été surpris de voir que le système pouvait tenir aussi longtemps (7 ans), mais je ne crois pas, que cette fois ci, les autorités avec un QE4 même maxi ne pourra prolonger encore le système à l’agonie. Car pour tout QE, il faut une courroie de transmission, celle des QE1 2 et 3, fut la Chine avec son plan gigantesque de relance dans les infrastructures. La courroie de la Chine est maintenant cassée et je ne vois pas d’autre courroie prendre le relais (certainement pas l’Inde, ni une puissance du Moyen Orient). Mais je peux me tromper.
Quant à l’hélicoptère de monnaie directe lancée aux populations, je vois mal la sphère financière se faire « court-circuiter »; la soupe étant trop bonne !!!… De toute façon, c’est contraire à la tendance à la « confiscation du cash »
Bien à vous.
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