Politique, Il est temps de tracer les lignes de partage politique en France, pas de les effacer

La politique est devenue un cloaque, un marécage. C’est le royaume de l’indifférencié, du « même ». Nous soutenons qu’il faut au contraire  creuser, approfondir les lignes de partage, pas les occulter. Il faut sortir du robinet d’eau tiède, redonner du rythme à la politique, se réveiller, éviter de se laisser endormir. C’est comme au football, en endormant le match que certains paresseux réussissent à le gagner. Il faut accepter de porter le combat, ses drapeaux et ses couleurs; ce n’est pas en se battant sur le terrain de l’adversaire que l’on gagne, c’est en le forçant à sortir du bois, à venir à découvert.

Les « primaires » françaises sont un scandale anti-démocratique, ses promoteurs se donnent le droit de pré-selectionner ceux qu’ils vont présenter  et  ceux qu’ils vont éliminer avant même que le peuple ait la possibilité de choisir. Les primaires sont un moyen d’encadrer, de baliser la route des votes., de confirmer dans  ses « droits »une élite auto proclamée. Il s’agit d’empêcher l’éclosion du neuf en mettant la pré-sélection sous une sorte de contrôle  de grands électeurs occultes, des Cyranos qui manipulent des coulisses.

Les « primaires » sont le complément scélérat pour mettre hors jeu un partie, quasi majoritaire, des citoyens. Les primaires se gagnent au centre,  Juppé l’a bien compris  et par conséquent ils éliminent ceux qui sont à l’extrème, ceux qui sont clairs et nets, ceux qui ne sont pas UMPS. En occupant le centre dès le début, Juppé a balisé son terrain et forcé Sarkozy à gesticuler, gesticuler car il est coincé, entre un FN puissant et la rodomontade idiote du ni-ni! Le pire est que Sarkozy a un véritable espace politique.. mais à condition qu’il n’y ait pas de primaires! Il est le mieux placé pour recueillir le plus de voix de tous, mais à la condition que les voix de droite, ne soient pas préalalablement triées et éliminées. Est il capable de comprendre le piège, est il capable d’y parer?

La politique française a quelque chose de dérisoire. Elle évolue dans un monde clos, ou plutôt dans un monde que les maîtres s’efforcent de clôturer. Ils ne peuvent empêcher les jaillissements, les brêches,  ils peuvent cependant empêcher leur mise en forme politique.

D’un coté il y a ce qui est reconnu comme faisant partite du jeu politique bien-pensant et de l’autre ce qui en est exclu. Et à ce jour, on ne trouve la « UNE » des journaux et des télévisions que ce qui est bien pensant. Ce qui est en dehors n’est jamais discuté, jamais débattu, ce qui est dehors est simplement nul et non avenu, marqué du sceau de l’inacceptable.

C’est pour cela que le débat n’est qu’un robinet d’eau tiède, on ne se fait semblant de se battre que sur des nuances: un peu plus de ceci, un peu moins de cela. Il n’y a pas (encore?) de vraie différence entre les éventuels protagonistes: ils sont tous européistes, mondialistes, anti-nationaux, universalistes et Atlantistes . Ils sont tous dans le camp des kleptocrates, des banquiers et du très grand capital internationalisé. Ils se nourrissent du même lait de l’économisme qui évacue la catégorie du politique. La dégringolade de Sarkozy, c’est cela: le ralliement au réseau de distribution de l’eau tiède. Il est banalisé, il ne représente rien, aucune alternative. Il fait semblant de temps à autre de se droitiser, il n’a rien compris à ce que serait une vraie droite, il est pollué. Il est coincé entre un Juppé qui tente le coup que voulait faire Valls, le coup du ni droite ni gauche, le coup des fascistes « enanorocardisants », et il abandonne la proie de la vraie opposition pour l’ombre du pouvoir. Sarkozy s’est trompé, il a gâché une chance car en tant que personne il est suffisamment « chien fou » pour dire « merde » à la clique bien pensante. Il est encore temps que Sarkozy se donne enfin une identité et qu’il joue son va-tout sur cette identité.

Le premier objectif des rebelles est de re-polariser, de re-politiser et de forcer à montrer , à créer de nouvelles lignes de partage. Là ou un Juppé/Raffarin ou un Gattaz ou un Valls veulent les effacer, il faut les pointer, les creuser et les approfondir. Car les lignes de partage sont en fait des choix radicaux, pas des nuances.

Il n’ y a aucun rapport entre ce que soutiennent les UMPSCFDTMEDEF et le reste, ce reste qui se trouve disséminé entre le Front de Marine, Mélenchon, Chevènement, Dupont Aignan, l’UPR, Cheminade, les abstentionnistes etc .

Il n’y a aucun rapport entre ce qui découle des choix fondamentaux de la « clique » et ce qui s’imposerait si on voulait gouverner au profit des Français et de leurs enfants.

Il faut sortir de l’économisme, de la finance, montrer que ce sont des idéologies, montrer que derrière les « il faut » il y a des choix politiques, des choix de sociétés et de futurs. Car nous avons le choix, la période est favorable aux ruptures, aux retours en arrière, car c’est une période de crise. Tout est encore reversible.

Une réflexion sur “Politique, Il est temps de tracer les lignes de partage politique en France, pas de les effacer

  1. Oui, le dernier paragraphe de ce texte est significatif, il est temps
    de bouger, les pouvoirs sont aux abois dans tous les compartiments.

    Il « faut » sans doute expliquer que ça n’ira pas tout seul, car la guerre
    est à la porte, les batteries sont découvertes, et contrairement à ce
    que certains croient, la déflagration ne peut être évitée qu’en
    faisant preuve de la plus grande détermination, faire clairement
    comprendre qu’on ira jusqu’au bout.
    Mais c’est là une musique que l’on entend guère, parce qu’elle
    fait peur à l’électeur. Ceux qui se battent réellement le font parce
    qu’ils ont le dos au mur -agriculteurs, licenciés, agressés de diverses
    manières-, Ils ne sont pas soutenus par ceux qui le devraient,
    et que l’on a donc du mal à croire.

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