Au bord du gouffre, faisons donc un pas de plus!

A la veille de la réunion du G20, on apprenait par le FMI (jeudi) et l’OCDE (Vendredi) que la situation était grave.

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On apprenait également que l’Allemagne s’opposait à une action  budgétaire concertée pour faire face à la situation dangereuse actuelle.

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Il devient évident que les remèdes monétaires ont fait leur temps. Les QE ont été de gigantesques échecs. Ils ont aggravé les inégalités, ils ont multiplié les risques pour la stabilité financière, ils ne produisent aucune reprise auto-entretenue. Et surtout on sait qu’ils sont reversibles:  lorsqu’on les stoppe, tout retombe! On a touché leurs limites.

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Wall Street plaide pour des taux négatifs et des mesures scélérates sur le cash. Yellen n’est pas chaude, par ailleurs elle pense que ce n’est pas dans le mandat de la Fed et qu’elle n’a pas les possibilités légales d’ aller dans cette voie. Un autre élément important est que les économistes les plus doués ont maintenant bien décortiqué les mécanismes des QE et démontré pourquoi ils ne marchaient pas. Il est difficile d’aller contre eux, surtout quand ils sont soutenus par les travaux de la Banque d’Angleterre.

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Les rumeurs de soutien fiscal concerté circulent depuis quelque temps, elles sont la preuve que l’on est au bout du rouleau. Les Allemands fidèles à leurs principes anti-keynésiens sont contre les mesures de soutien fiscal et plaident en faveur de réformes structurelles, pour la fameuse flexibilité qui n’est rien d’autre que la hausse du taux d’exploitation de la main d’oeuvre , c’est à dire la transmission des effets de l’arbitrage international du travail. Tous plein sud!

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Les institutions internationales prennent le risque de sonner l’alerte rouge!

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Après le FMI jeudi, c’est au tour de l’OCDE d’appeler les Etats à se réformer en profondeur pour faire face au ralentissement économique mondial, alors que les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20 se  réunissent vendredi et samedi à Shanghai pour discuter des moyens de stabiliser les marchés et de relancer la croissance.

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La situation « exige de toute urgence une action globale des pouvoirs publics, faisant appel à tous les instruments dont disposent les gouvernements en matière de politiques monétaire, budgétaire et structurelles », a fait valoir le secrétaire général de l’organisation, Angel Gurría.

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Vous remarquerez que dans votre pays, à part chez moi, et  dans l’Agefi Suisse, vous n’avez nulle part entendu parler de la gravité de la situation; tout était dissimulé, occulté. Pas une « une » des journaux, des magazines ou des informations télévisées. Cela devrait vous faire réflêchir.

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Le Graal des réformes!

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Le secrétaire général de l’OCDE observe, dans ce contexte, un ralentissement des réformes structurelles dans les économies émergentes et avancées.  Il qualifie ce ralentissement de particulièrement « préoccupant ». Ces réformes peuvent pourtant « contribuer à améliorer les conditions d’investissement et d’innovation, et se traduire du même coup par des gains de productivité, des emplois de meilleure qualité et une approche plus inclusive de la recherche de la croissance, bénéficiant à tous les segments de la société », fait-il encore valoir.

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Pour l’OCDE, le moment est opportun pour mener ces réformes : les gouvernements disposent de marges de manoeuvre confortables du fait de la faiblesse des taux d’intérêt. Singulière courte vue, car les économistes même débutants savent ques les ressorts des amortisseurs de toutes les économies sont cassés, et que les marges de manoeuvre sont devenues dérisoires partout. Par ailleurs nos zozos ne doivent pas lire les travaux du prix Nobel d’économie qui démontrent que les taux bas ont … dissuadé l’investissement réel productif, les taux bas canalisant les ressources vers les emplois financiers, le capital ancien, l’ingéniérie et les buy backs!

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Ce plaidoyer des institutions internationales en faveur de réformes qui permettraient d’améliorer la productivité, et justifierait de nouveaux investissements est une idiotie sans nom; ou alors, elle est d’un cynisme criminel . Nous ne pouvons pas croire qu’elles sont bêtes au point de ne pas voir les conséquences de leurs recommandations.

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Hausse colossale du besoin de destruction créatrice

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Les institutions internationales ont raison de souligner le problème de la productivité qui ralentit et pèse sur le potentiel de croissance, mais elles oublient, ou font semblant d’oublier, que si on accélère les gains de productivité, du même coup, on rend obslotètes , on rend dépassés de nombreux équipements et investissements anciens, on les déclasse, on les rend insuffisamment productifs en regard de la productivité moyenne, donc on augmente le besoins de destruction. En clair on fait ce que voulaient faire les conservateurs, comme Mellon, dans les années 30: on favorise la disparition de toute « la pourriture », de tout ce qui ne mérite plus de vivre. Et si on ne le fait pas, si on mêne une politique monétaire qui s’oppose aux destructions et maintient en vie la « pourriture », alors on tue la monnaie par l’hyper-inflation.

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Précisement tous les efforts des autorités mondiales, et c’est le sens profond du keynésianisme, visent à empêcher les destructions, à empêcher la venue du neuf qui dévalorise l’ancien. Baisser les taux d’intérêt comme on le fait c’est revaloriser l’ancien, l’empêcher de crever!  Les autorités mondiales protègent toutes l’ancien car l’ancien ce sont les riches, les kleptocrates et ploutocrates,  et l’ordre social mondial qu’ils ont imposé. En cherchant à accélérer la productivité et les investissements, on augmente le besoin de détruire des pans entiers de l’économie ancienne!  Cette économie ancienne est soutenue artificiellement par le crédit laxiste, par la surabondance des liquidités laquelle masque l’inéfficacité et prolonge les durées de vie de ce qui est dépassé.

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Les solutions des institutions internationales n’en sont pas , ou si elles en sont, c’est en les accompagnant d’une vague colossale de destruction créatrice à la Schumpeter. Le fond de la crise, c’est l’excès de capital dépassé, non productif, c’est l’excès de droits à prélever enraciné dans le système et si vous accélérer la croissance du capital neuf,  très compétitif, très efficace, alors vous renforcez la crise puisque vous augmentez en quelque sorte la pression qui euthanasie le capital ancien, vous augmentez le besoin de faillites, le besoin de déclassement, le besoin de mise au chômage.

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Or le problème de nos systèmes est que depuis très longtemps, on fait du « leverage », de la dette,  pour pallier l’insuffisance du profit qui revient aux capitaux propres,  pour pallier la tendance à la baisse de rentabilité du capital investi.
On a commencé à faire du levier et à augmenter les dettes en  se servant du fond d’épargne des ménages, puis comme cela n’a pas suffit, on a fait du levier par la création de crédit non gagé, pure création monétaire tombée du ciel. Ce faisant on a fait remonter les risques du crédit jusqu’au Centre, celui qui crée la monnaie et le crédit,  c’est à dire les Banques Centrales, et singulièrement jusqu’à la Fed et donc jusqu’à la monnaie mondiale elle même.

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Si on suivait les prescriptions de ces irresponsables que sont les institutions internationbales, on irait tout droit dans  l’accéleration des destructions et/ou  la mise en danger des monnaies elles même.

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Le problème fondamental est la tendance à la baisse du taux de profit qui a pris naissance au milIeu des années 60 , puis les « remèdes » que l’on a mis en oeuvre pour s’opposer à cette tendance: remèdes qu’ont constitué le levier, le crédit, la dette, puis la création monétaire non gagée. Grâce au crédit on a pu tout faire sans avoir à choisir, le beurre, les canons et les drônes. On a empêché les destructions de tout ce qui était insuffisamment productif en repoussant les limites du crédit puis de la création monétaire; au fil du temps, le système n’a plus eu la possibilité de faire les destructions nécessaires faute de disposer d’assez de capitaux propres pour absorber les pertes . Le système s’est asphyxié de lui même car il a mis de la dette et du crédit non dévalorisable à la place des fonds propres qui eux sont bio-dégradables. Et maintenant il est noyé sous la dette, avec des firmes qui aggravent la situation en rachetant, en détruisant leur fonds propres. Et les Institutions Internationales proposent … d’accélérer tout cela.

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L’OCDE note qu’en 2015, le rythme des réformes a été plus soutenu dans l’Europe du sud, plus durement touchée par la crise, que dans les pays du nord. Concernant la France, l’organisation salue notamment la mise en oeuvre de la loi Macron pour la croissance et l’activité. Hors du Vieux continent, le Japon parmi les économies avancées, ainsi que la Chine, l’Inde et le Mexique dans le groupe des économies émergentes, sont les pays qui se sont montrés les plus réformateurs. Sans commentaire, l’OCDE elle même valide notre analyse, quand on voit les exemples de bons élèves que donne l’OCDE, et leur situation, cela donne froid dans le dos!

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La seule solution, c’est exactement l’inverse de ce que veulent faire les institutions internationales. Elles veulent hausser la productivité, accélérer les investissements qui vont détruire tout ce qui est moins efficace et obsolète, il faut au contraire détruire tout ce qui est inefficace, obsolète et improductif d’abord et ceci spontanément déblaiera le terrain pour le grand bond en avant du progès productif  pour tous.
Les choses commencent à devenir intéressantes.

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Une réflexion sur “Au bord du gouffre, faisons donc un pas de plus!

  1. Peut-on s’attendre à un changement radical de vision de la part de personnes formatées et conditionnées à un tel point et qui défendent la caste des « riches » ?

    Comme pour le capital improductif conservé sous perfusion alors qu’il faut le sacrifier pour laisser la place au nouveau, productif, il faut faire du ménage et de la place dans son esprit, en s’affranchissant du passé et du connu, pour s’ouvrir au champ des possibles.

    Si les peuples veulent un autre destin que le chaos mondial, ceux qui nous gouvernent ont de toute urgence besoin de se déconditionner et de se « déformater ».

    Quelques oeuvres de Jiddu Krishnamurti, comme « Se libérer du connu » ou « l’Eveil de l’intelligence » devraient les y aider.

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