Les Cassandre sont prompts à saluer la publication du dernier rapport de la BRI. Vous le trouvez résumé ci dessous. En voici l’essentiel , articulé de façon organique, causale:
Elle confirme les alarmes des Cassandre
-La dette, ou plutot son excès est la cause initiale des difficultés et elle est la cause sous jacente de tous les symptômes divers de stress qui se succèdent.
-La dette étant traitée sur les marchés peut être liquidée, créant les conditions à la fois de l’instabilité et celles du resserrement des conditions financières.
-Cela est inquiétant, le système est fragile, il résisterait mal à un ralentissement plus prononcé de la croissance,
-les banques sont « en bonne santé ce qui ne présage rien de bon »,la valeur de leurs actifs dépend de la tenue des marchés, c’est à dire du Ponzi.
-la bulle des dettes privées a été partiellement transférée aux pays souverains, ce sont elles maintenant qui font bulle
-les firmes des pays émergents ont emprunté à tour de bras inconsidérément.
-la dette a favorisé le srunvestissement et elle oblige à produire, même à perte et elle entretient la pression de la déflation
-La volonté de la Fed de normaliser sa politique monétaire crée un cercle vicieux: la nomalisation entraine une tendance à l’appréciation du dollar, lequel provoque un durcissement des conditions financières qui déstabilise les emprunteurs en dollars …
-last but not least, les investissuers commencent à douter de la toute puissance des banques centrales, la foi qui soulève les montagnes… de dettes, faiblit.
Nos fidèles lecteurs reconnaitront le squelette qui soutient et ordonne nos écrits réguliers. Pourtant , n’étant pas Cassandre, nous ne nous en réjouissons pas. L’économiste de la BRI lance en fait un avertissement. Grosso modo il dit aux autrorités: soyez vigilantes.
Mettre en garde contre un problème n’équivaut en rien à le résoudre! Si je vous mets en garde et que je vous serine, attention, sachez qu’un jour vous allez mourir, cela vous fait une belle jambe comme dit le peuple, et après?
Nous savons, vous savez, pour nous lire, que nous serons submergés par le poids de la dette, et qu’un jour ou l’autre, espérons l’autre, le système va se révulser et que tout ce qui a été reporté jusque là, va revenir au centuple comme une vengeance. On ne peut rien contre les mathématiques, on ne peut rien contre la loi de la pesanteur, la loi de la gravitation s’applique au poids des dettes. C’est le poids du « mort » sur le « vivant », c’est l’âne qui cesse de pouvoir porter son fardeau tant on l’a chargé et en même temps tant on a réduit sa ration de foin. La dette s’inscrit dans une analyse de flux continus qui, un jour, produiront du discontinu, c’est à dire de la rupture, tout comme le fameux fétu de paille sur le dos du chameau ou la goutte qui fait déborder le vase. Nous sommes dans un grand paradoxe de la pensée: tout n’est pas dérivable, toutes les évolutions ne sont pas extrapolables, le discontinu est la vraie loi qui gouverne le réel, sur le long terme et le très court terme. Nous sommes dans la faille de la pensée, la faille qui empêche d’appréhender le discontinu et la complexité. Nous sommes devant nos limites ce qui mine tout l’édifice de réflexiion des Maîtres.
Donc la BRI lance une mise en garde. Oui, mais à qui ? Elle ne le précise pas et on la comprend, son objectif est d’être entendu, sélectivement, mais uniquement par ceux qui sont capables de décoder. Elle lance un avertissement à la Fed et aux Etats-Unis. On le déduit du fait que, au commencement de tout; se trouve la dette et à la fin de tout se trouve le dollar.
L’articulation étant le fameux « resserrement des conditions fiancières ». Sur le dollar surabondant s’est construit un édifice global de dettes et il a pu tenir grâce au maintien de conditions financières stimulantes; si les conditions cessent d’être stimulantes, si on ferme le robinet du dollar surabondant, alors tout s’écroule. La BRI, rejoint les organisations internationales, FMI et OCDE, elle met les Etats-Unis face à leurs responsabilités globales. Leur politique monétaire a infecté le monde global , l’arrêt de cette politique, son renversment avec ses 300 pbs de base de hausse des taux prévus en 2016, va changer la donne mondiale et faire basculer l’édifice, la pyramide.
La BRI, pour simplifie et aller à l’essentiel, met le doigt sur la contradiction majeure qui mine tout les système mondial : la contradiction entre une monnaie gérée selon les critères du double mandat américain de la Fed, l’inflation et l’emploi et les Nécessités d’un monde que eux même, les USA ont volu ouvert, dépendant , un monde impérial. Nous sommes au coeur de la contradiction, de la limite d’un système mondial géré au profit d’un seul!
La Banque des règlements internationaux (BRI) est longuement revenue sur les secousses qui ont agité les marchés en début d’année dans son rapport trimestriel, publié dimanche, son chef économiste mettant en garde contre le problème inquiétant de la dette.
« L’année 2016 a commencé par l’une des pires vagues de liquidation jamais vues », a retracé Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la BRI, une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, dans les commentaires accompagnant ce rapport.
Alors que les investisseurs venaient tout juste digérer le relèvement mi-décembre du taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine, les marchés ont dégringolé deux semaines plus tard face aux signes de ralentissement en Chine qui ont fait craindre une fragilité plus générale des économies émergentes.
Cette première phase de turbulences a été suivie par une seconde vague en février, « plus brève mais peut-être plus préoccupante », motivée cette fois par les inquiétudes sur la santé des banques. L’appréhension est encore montée d’un cran lorsque la banque du Japon a décidé à son tour d’imposer des taux négatifs.
« Au plus fort de cette tourmente, c’étaient plus de 6.500 milliards de dollars de titres souverains qui s’échangeaient à des rendements négatifs », a-t-il quantifié, soulignant qu’une fois de plus, « les limites de l’impensable avaient été repoussées.
Les indices permettant de comprendre ces turbulences ne sont pourtant « pas difficiles à trouver », l’explication se situant selon lui au niveau de la dette, un facteur qui permet d’appréhender « des évolutions apparemment sans rapport entre elles« .
La dette, qui était à l’origine de la crise financière, a continué d’enfler. Dans les économies avancées, le secteur privé s’est désendetté mais la dette publique a continué de gonfler. Le phénomène le plus inquiétant se situe toutefois selon lui au niveau des entreprises des économies émergentes, qui avaient été le moteur de la croissance depuis la crise.
Or un cercle vicieux est en train de se former entre à l’appréciation du billet dollar et le durcissement des conditions financières alors que nombre d’entre elles se sont endettées dans cette devise.
La dette permet également de comprendre pourquoi les prix du pétrole sont si bas. Malgré la baisse de la demande en Chine, les compagnies pétrolières sont contraintes de continuer de produire pour rembourser leur « énorme dette », pesant ainsi sur les cours.
« Il se pourrait que nous soyons face non pas à des coups de tonnerre isolés, mais aux signes avant-coureurs d’une tempête qui couve depuis longtemps », a-t-il estimé.
Or ces turbulences interviennent alors que les banques centrales ont été trop sollicitées. Malgré des conditions monétaires exceptionnellement accommodantes, la croissance est décevante et l’inflation reste obstinément faible.
Et pour la première fois, les investisseurs « semblent commencer à douter que les banques centrales aient des pouvoirs de guérison », a-t-il mis en garde.
Les statistiques de la BRI, une institution sise à Bâle, en Suisse, ont d’ailleurs mis en évidence un ralentissement des flux financiers.
Fin septembre, les emprunts en dollars contractés par des établissements non-bancaires se situaient à 3.300 milliards de dollars, un niveau inchangé par rapport à fin juin, la BRI précisant qu’il s’agissait de la première fois depuis 2009 que ce niveau cessait d’augmenter.
Les créances transfrontalières des banques déclarantes à la BRI ont chuté de 157 au troisième trimestre, ramenant leur niveau global à 27.000 milliards de dollars, après un recul encore plus marqué au trimestre précédent.
Les créances accordées à la Chine ont chuté de 119 milliards de dollars, ramenant les encours à 877 milliards. Par comparaison, le pic se situait à 1.100 milliards fin septembre 2014, faisant ressortir une baisse de 17% en rythme annualisé.
Les emprunts transfrontaliers ont également chuté de 26 milliards dans le reste de l’Asie émergente, ce qui correspond à une baisse de 5% sur un an.