Or, changes, les boussoles s’affolent. Combat entre les bêtes sauvages et les dompteurs

Vous pouvez lire ci dessous dans notre service , un texte qui décrit et s’inquiète du dérèglement des marchés.


 

Avant, jusqu’en 2014, les marchés lévitaient, ils échappaient à la loi de la pesanteur, on avait détaché l’ombre du corps écrivions nous. Mais maintenant ils ne lévitent plus, ils s’affolent, ils s’agitent de façon désordonnée. Un peu comme l’aiguille d’une boussole qui perd le nord. Ou comme l’anguille prise dans une nasse et qui veut en sortir.

Cette agitation n’est pas provoquée par une agitation semblable dans la réalité, non le réel est ce qu’il et en ce moment, il ne bouge pas beaucoup; cette agitation est provoquée par les hommes, les humains. Dabord par les animals spirits qui secouent les marchés, ensuite par les actions, les réactions des autorités qui prétendent diriger.

Nous avons titré hier en commenatire de la nouvelle Draghinade: « les caves se rebiffent ». C’est cela ; les « caves », ce sont bien sûr les marchés, et ils se rebiffent car ils gigottent dans leurs liens, il essaient de se libérer des liens qui gênent leurs mouvements, qui les retiennent prisonniers. Et quand on gigotte, on le fait dans tous les sens. De façon désordonnée, pur gaspillage d’énergie. Le mot cave est riche, il exprime bien ce que nous volOns dire car il suggère des forces sombres, souterraines que l’on s’efforce de maitriser et dissimuler. Il y a une idée d’inconscient des marchés là dedans! Et puis il y la suggestionde la peur.

Les apprentis sorciers , les dompteurs du cirque des marchés,  rêvent depuis longtemps de domestiquer , d’apprivoiser la bête. C’est leur folle ambition depuis des décennies: venir à bout des instincts, des « anima ». C’est l’ambition de tous les chefs, de tous les dirigistes, de tous les socialistes. C’est pour cela qu’ils gaspillent une énergie et des ressources considérables à essayer d’y parvenir. Et d’ailleurs c’est fondamentalement ce qui empêche la croissance, les ressources sont gaspillées pour maitriser, dompter, brider, pas  pour aller de l’avant.

Mais les marchés, masse d’hommes, sont fondamentalement des bêtes sauvages et même si ils donnent l’apparence d’être matés, dans  le temps, il y a toujours un moment ou le sauvage reprend le dessus. C’est ainsi que nous interprêtons ce que nous voyons sur les marchés depuis le printemps 2013, puis de façon renforcée depuis juin 2014: les marchés secouent leur joug.  Ils ne sont pas encore libérées de leur carcan, mais ils les agitent assez pour gagner plus de liberté dans  leurs mouvements, pour retrouver des accès d’autonomie. Ils sortent des canaux, des couloirs dans lesquels  on les a maintenus, ils testent la solidité des digues et les fissurent.

Ce qui s’est passé jeudi 10 Mars  sut tous les marchés est le reflet de ce que nous décrivons. Ou plutot l’inverse, ce que nous écrivons est le reflet, la traduction de ce qui s’est passé. Une volatilité extrême, qui touche tout, les actions, les taux, les changes, l’or, le pétrole. Des mouvements désordonnées, d’abord conformes aux attentes, puis opposés à ces attentes, des corrélations directes et inverses qui se resserrent et détendent. Tout cela pour aboutir, en Asie à des marchés épuisés, exténués qui sont mûrs pour se soumettre aux interventions de la PBOC et de la BOJ. Les autorités ont gagné dans la nuit de jeudi à vendredi , elles ont maté la bête, mais ce n’est que partie remise car de plus en plus  on voit que le « soft power » ne suffit plus, il  faut, pour faire rentrer les bêtes sauvages dans leurs cages, manier le fouet et leur donner beaucoup de nourriture, truffée de tranquilisants.

Et la nourriture de la bête, c’est du dollar, du dollar bien frais , bien saignant . La liquidité globale baisse dangereusement, cela se sent, cela se voit et la liquidité mondiale « high powered », c’est du dollar, pas du Yen, du Yuan ,ou de l’Euro. Si c’est du Yen ou de l’Euro que l’on donne à la bête, elle se rebiffe:  le Yen et l’Euro baissent, le dollar monte, il est plus rare et plus cher, la divergence  menace de faire sauter le système en fragilisant les dizaines de trillions de  dettes en dollars quasi pourries qui ont été contractées entre 2008 et 2015.


 

L’indicateur  GLT, Global Liquidity Tracker fabriqué par Bloomberg

Le dollar index est à notre avis le paramètre clef de la situation. Jeudi, le dollar index a bondit, au dessus des 98, c’est à dire qu’il a testé sa résistance supérieure. Il n’a pas pu la franchir et il a rétrogradé. Après son incursion jusque 98,50, il a été barré et s’est replié vers les 96,50;  Il est en fait en train de sortir de son canal haussier de moyen terme, le transperçant vers le bas. Le soutien technique est un peu au dessus des 94,50.

Sa configuration est plutot, au pifomêtre, baissière. ceci voudrait dire que le FOMC qui va débuter sera plutot « dove » que « hawkish ». La probabilité d’une audace de  Yellen qui la pousserait à oser monter les taux ici, en mars,  est faible. Mais les paris restent ouverts pour Juin et on verra lors du communiqué les indications qui seront fournies.

Laisser un commentaire