En guise d’éditorial: Héroine, Cocaine et Ritaline

C’est en Mars 209 qu’a débuté la grande hausse boursière. Cette hausse, qui commencé au plus fort de la crise d’appauvrissement, a propulsé les prix de tous les actifs financiers. Le marché le plus représentatif, le marché américain a progressé de 193% en 7 ans; c’est une hausse puissante et très longue en comparaison des normes historiques.

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Le cycle haussier a été initié par la décision des organes de régulation comptable, à la demande des parlementaire, de suspendre les règles qui obligeaitent à inventorier les actifs bancaires au prix du marché (FASB 157) .  A la faveur de cette supension, les banques  ont pu retenir  la valeur qui les arrangeait pour comptabliiser leurs actifs, ce qui leur a permis d’échapper à la faillite.

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La hausse boursière , après une phase normale de soulagement, a été relayée par des mesures fiscales, puis des mesures monétaires.

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La mise en place de politiques monétaires non conventionnelles, articulées autour des taux d’intérêt zéro et des QE avait à cette époque , selon ses promoteurs, pour fonction de faire chuter les couts d’emprunts pour soulager les débiteurs, aider les ménages à conserver leur habitation et empêcher les banques de faire faillite.

Par la suite, il est apparu que les autorités monétaires avaient des objectifs plus complexes et plus discrets comme: faire baisser le coût des emprunts du gouvernement, financer les déficits, faire baisser le dollar pour être plus compétitif, soutenir la consommation des ménages par le crédit, et finalement, les autorités ont reconnu  le pot aux roses: elles s’étaient fixé comme but de créer un effet de richesse artificiel par la mise à zéro des taux et la création de liquidités. En supprimant toute rémunération sur les placements peu risqués anciens, elles ont déclenche une « vague search for yield », une vague de recherche à tout prix du rendement ce qui a eu deux effets, d’abord la revaloirsation de tous les placements anciens, et ensuite l’acceptation du risque contenu dans les placements nouveaux de mauvaise qualité. Tout cela a fonctionné parce que les épargnants n’ont porté attention qu’au rendement des placements et ont négligé de se poser la question: est ce que le capital est sûr!

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Ce n’est qu’au fil du temps que tout cela s’est clarifié, entre temps, les outils intellectuels n’étaient pas assez pointus pour comprendre tout cela. L’histoire de la crise est l’histoire réelle + l’histoire de la prise de conscience progressive à la fois de la crise et des mesures prises pour la contrer.

Récemment, l’ancien président de la Fed de Dallas, Dick Fischer a osé dire clairement et publiquement ce qui n’était connu que des pécialistes et que nous répétions depuis 2009: « la Fed s’est débrouillée pour provoquer une énorme rally boursier afin de créer un effet de richesse … elle a injecté de la cocaine et de l’héroine dans  le système (quantitative easing +taux zéro) … maintenant nous maintenons tout cela avec de la Ritaline ». La Ritaline est un médicament bien connu des Américains (qui en abusent), médicament pour traiter l’hyperactivité.

. « The Fed front-loaded an enormous market rally in order to create a wealth effect … we [The Fed] injected cocaine and heroin into the system [quantitative easing + zero interest rate policy] … now we are maintaining it with ritalin. » – Former Dallas Fed President, Dick Fisher.

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Bref, le fait important pour nous c’est le fait que maintenant il y a une prise de conscience claire de ce qui s’est passé. Quasi tout le monde comprend:  les causes, les effets; le mal et les remèdes; les effets positifs et les conséquences négatives. Après une prise de conscience, se produit un effet d’apprentissage et plus rien n’est comme avant. Voila , pour nous, ce qui est important. On comprend que l’on traité le problème de l’excès de dettes par la création d’encore plus de dettes; on comprend que la hausse du prix des actifs n’était pas spontanée, mais qu’elle était recherchée et que son origine était dans  le couple « héroine + cocaine », c’est à dire « Quantitive easing+taux zéro ».

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Comme la situation américaine a évolué positivement au niveau de l’emploi et que l’on observe un certain frémissement de la hausse des prix, les autorités , conformément à leur double mandat formel, sont obligées de s’interroger: est ce que l’on continue ou est-ce que l’on arrête? Question binaire, dilemme auquel personne n’a de réponse satisfaisante en raison de la complexité de la situation mondiale, de son enchevètrement, en raison de l’absence de référence historique et théorique.

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Les uns veulent stopper maintenant car la situation du marché du travail a dépassé les objectifs, elle est trop bonne;  les autres veulent temporiser car la situation mondiale est mauvaise et surtout le risque financier est très élévé.

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A cette question personne n’a de réponse à ce jour. Le dilemme est d’autant plus crucial que les marchés sont nerveux malgré la Ritaline, ils sont très endettés, très vulnérables et surtout très cher. On ne peut compter sur les investisseurs de long terme pour faire la contrepartie des ventes de ceux qui seront obligés de liquider.

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Faute de pouvoir trancher, on tergiverse et on essaie de gagner du temps, de moduler et en quelque sorte de favoriser un atterrissage en douceur. Ce concept d’atterrissage en douceur est très à la mode et il traduit bien la situation mondiale marquée par une léviation générale et un risque de crash. Le gradualisme et le doigté suffiront-ils ? Si ils réussissent, le public au lieu  d’être ruiné d’un  seul coup, le sera, mais sur longue période. Au choix, à vous de choisir!

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On a mis les  taux à zéro et injecté des liquidités, notre fameux mistigri

On a fait des QE, des achats de titres à long terme ce qui a fait exploser le bilan de la Rserve Fédérale.

On a gavé l’oie et incité au recours au crédit par le biais du crédit étudiant et du crédit auto.

 

Les entreprises ont contracté un montant de dettes record afin de financer des projets idiots comme le fracking et surtout les racthats de leur prorpes actions. La dégradation de la qualité du crédit est considérable.

 

Et maintenant nous en sommes là, la régularisation a commencé sur le prix des  actifs financiers les plus pourris depuis la mi 2014. On vend d’abord ce qui est le plus menacé.

Les marges de manoeuvre restantes dans  le système sont faibles car la dette du gouvernement n’a cessé de progresser

La charge de la dette, le paiement des interêts  risque d’exploser si l’inflation progresse et que les taux montent

La qualité du bilan de la réserve fédérale est déplorable

En fait nous sommes à deux endroits en même temps;

-d’abord: à la croisée des chemins

et en même temps

-ensuite:  dans  l’impasse

On comprend qu’il faut beaucoup de Ritaline.

 

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