Yellen re-stimule

Il nous faut revenir sur la réunion du FOMC et la décision de la Fed de ne pas monter les taux , car elles peuvent modifier l’idée que l’on se fait de l’avenir. Les décisions de la Fed sont de plus en plus incohérentes. Nous suggérons que soit la Fed « ment », soit elle fabrique des « constructions parallèles » pour justifier son action ou son inaction. La régle du jeu était l’emploi et l’inflation; le chomage officiel est au plus bas, l’inflation a rejoint le niveau de 2008, et la Fed a passé son tour! La banque centrale Américaine gère en fonctions de critères qui ne sont ni ceux de son mandat, ni ceux qui ressortent de ses communiqués. Le mythe de la gestion en fonction des “incoming datas” est derrière nous; Yellen n’est pas méchante volontairement, non, elle est perdue, elle patauge.

.

La semaine dernière, elle a en quelque sorte jeté l’éponge et elle est entrée dans un monde nouveau. Avant, on disait ne combattez pas la Fed, maintenant la Fed dit: ne combattons pas les marchés. Les marchés disaient que le chemin des taux, les « dots » étaient à coté de la plaque, jamais on ne pourrait suivre les indications données en septembre et décembre et la Fed a baissé les bras, elle reconnait que ce sont les marchés qui ont raison et elle qui a tort. Les quatre hausse de taux seront réduites à 2 comme le disaient les marchés, et encore, si tout se passe bien.

.

L’économie américaine est à nouveau sur un “à plat” , il faut réviser en baisse les perspectives à cause des exports et à cause de l’investissement, médiocres. Tout ceci confirme ce que nous n’avons cessé d’écrire. Il n’y a pas d’accélération auto-entretenue, et par ailleurs, la détérioration globale agit comme un choc en retour, il y a bien un phénomène de “blow back”. Tout ceci confirme aussi nos intuitions: il y a eu une concertation discrète au G20 de Shanghaî , et surtout avant,  pour mettre en place au niveau mondial un plan de soutien des économies et des marchés. Il faut tenter de soutenir le risk-on et empêcher le resserrement des conditions financières.

.

Le communiqué de la Fed était le plus « colombe » que l’on puisse imaginer. Elle a fait l’impasse sur l’accélération de la hausse des prix que le Vice Président Fischer avait pourtant soulignée. Elle a glissé sur le marché du travail, pour ne mettre en avant que les « vents contraires » commes les exportations et l’atonie des dépenses d’équipement des entreprises. En pratique, concrètement, Yellen a remis en place, par sa guidance une politique de stimulation car on sait qu’en la matière, les anticipations jouent  un role déterminant. Les marchés ne s’y sont pas trompés, eux qui ont amplifié la hausse des derniers jours, les spreads se sont contractés, les indications techniques suggèrent à certains, comme Bloomberg, que l’on est en train de repasser en tendance haussière. Surtout sur les émergents. Bref les conditions financières se sont à nouveau améliorées sensiblement.

.

Le mode de transmission de cette stimulation, c’est le dollar. Il a chuté et c’est ce qui était voulu, fabriqué à la main, en accord avec les concertations du G20. Tout le mal venait du niveau du dollar , à près de 99 au dollar index, il était trop haut, c’est lui qui produisait les tendances déflationnistes, la réduction de la liquidité en dollars et sur le “dollar funding”; c’est lui qui assassinait les commodities et le pétrole. On a fait chuter le dollar à 94. Ceci est confirmé par Goldman Sachs. 

« One interpretation of the recent moves by the major central banks is that they represent a coordinated attempt to ease global financial conditions while avoiding upward pressure on the US dollar, » Goldman Sachs .

.

.Si vous nous avez suivi, rien ne vous a surpris car nous disions: ce qu’il faut c’est rajouter de la liquidité en dollars et il n’y a que la liquidité en dollars qui compte. L’observation des marchés, de tous les marchés de risk-on, prouve que les concertations du G20 et leurs conséquences étaient connues, le hasard n’existe pas. Il y avait des inités, ce qui est un scandale, et pour le vérifier il suffit d’étudier les marchés depuis la mi-février. Certains ont fait des fortunes car la concertation et son contenu étaient un secret de polichinelle pour eux. Tout a commencé bien avant, il y a des  « aides », des officiels ou des Banquiers Centraux ou leurs amis, ou leurs famille, qui spéculent et s’engraissent. C’est le plus gros scandale d’initiés de tous les temps. Une baisse de 5% du dollar avec un leverage de 40, cela fait un profit colossal. En une seule après-midi la monnaie mondiale, le dollar a chuté de 2,4%! Ce type d’écarts est unique. Sans compter, bien sur, les gains engrangés sur le rebond incroyable des commodities. Le système est dissymétrique, aux uns l’information, le partage du secret, aux autres les mystifications des constructions parallèles. Nous sommes dans un sytème de voyous.

.

La Fed a dé-serré, c’est une évidence pour les professionnls, certains le savaient et ils en ont profité. Tout ceci pourrit encore plus un système qui l’était déja beaucoup. La régularisation de la politique monétaire n’aura duré que quelques mois, on s’est aperçu dès le mois d’aout de l’an dernier qu’elle était impossible puisque la bulle chinoise explosait.

.

Le risque avons nous écrit, analysé et décrit était ce que nous avons appelé le risque de « la grande divergence »: les uns continuaient dans la sur-stimulation, tandis que la Banque Centrale mondiale faisait l’inverse, c’était insoutenable et cela n’a donc pas été soutenu. Fin de scénario. Faut il s’en plaindre? Non car tant qu’à avoir la catastrophe, autant la retarder, nous ne sommes pas pressés! La baisse du dollar soutient le risk-on , fait contracter les spreads, relance la spéculation du Reflation Trade, en caricature et en accéléré! On gagne du temps. On continue de rêver de piloter les atterrissages en douceur, sans admettre qu’à chaque fois au lieu d’atterrir, on est obligé de re-décoller.

.

Est- ce que les décisions du G20 et celle de Yellen qui sont en fait les mêmes ont une chance de retarder l’inévitable? Oui! Est- ce qu’elle ont une chance modifier l’issue finale? Non! La baisse du dollar soutient le risk-on , fait contracter les spreads, elle retire du stress financier, mais elle fait remonter les commodities et le pétrole, ce qui aura des effets négatifs sur le pouvoir d’achat des pays développés même si cela fait du bien aux producteurs.

.

Le cycle Américain est bien mur, les profits sont en récession, la volatilité, même positive fait mal, il est peu probable que ces décisions puissent produire un effet autre que de surface.


 

L’inflation a rejoint le niveau de 2008, si la Fed avait été cohérente, elle aurait monté son taux comme Fischer le souhaitait 

Certains commentateurs émettent l’idée que la Fed a voulu pousser le feux de l’inflation sciemment. Nous voyons mal coment cela pourrait excercer un effet positif sain sur la demande et sur l’activité. C’est le cas de le dire, c’est jouer avec le feu. On le verra dans 18 mois.

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire