Nous soutenons que nous échouons à traiter la crise parce que nous portons un diagnostic faux. Nous portons un diagnostic faux parce que nous avons une conception du fonctionnement du système elle même fausse.
Tant que l’on n’acceptera pas la révolution copernicienne qui consiste à reconnaître que le profit est au centre du système, et que la crise est une crise d’insuffisance de profit, on s’enfoncera. Pour se persuader du bien fondé de cette hypothèse centrale, il suffit de regarder tous les remèdes mis en oeuvre; tous s’analysent comme devant compenser et/ou masquer l’insuffisance ou le manque de profit. Le crédit par exemple est le moyen privilégié de compenser à la fois l’insuffisance de profit et l’insuffisance de revenus pour réaliser le profit dont les enrterpsies ont besoin. Le crédit est le palliatif par exemple, le palliatif synthétque, et sa croissance accélérée traduit, exprime les difficultés que les système a à continuer d ‘aller de l’avant. Le crédit est une tentative désesperée de prolonger, de repousser les limites.
Pourquoi nos sociétés dominées par l’économie, la production de richesses et la capitalisation refusent elles d’admettre qu’elles sont gouvernées par la recherche du profit et de la fortune, c’est une question intéressante et complexe.
Nos sociétés ne veulent pas être ce qu’elles sont! Nous sommes en quelque sorte honteux de ce que nous sommes et nous nous le cachons à nous même. Les sciences humaines enseignent que tout système ne dure que tant que sa logique reste cachée; pour durer la logique du capitalisme doit demeurer non-sue de la masse; le vrai fonctionnement du système doit rester en quelque sorte le secret d’une super-élite. L’élite des grands prêtres du système . Ces grands prêtres ne sont plus les gouvernements, non ce sont les banquiers, les Centraux et les TBTF; ils gérent les mystères qui nous échappent, ils croient détenir les secrets de leur alchimie. Et à ce titre ils constituent la nouvelle élite, la nouvelle surper-classe avec leur complices, hauts fonctionnaires nationaux et internationaux, médiacrates de haut rang etc. Ils attirent à eux grâce à cette connaissance des mystères, une part du surprofit, de la valeur ajoutée du Système. Et le rang et les honneurs. Dans sa mutation, le système se concenrte, il réduit le nombre de ses bénéficiaires, c’est ainsi qu’il faut analyser la décrépitude la politique, le laminage des classes moyennes et des petits patrons. Les fantassins du capitalisme sont sacrifiés en quelque sorte.
Considérer comme les keynésiens que ce qui est au centre du système, c’est la demande; considérer que la Grance Crise et la Grande Récession ont pour origine « une insuffisance de la demande globale » et tout faire pour la stimuler, est une erreur intellectuelle colossale. On traite une maladie qui n’existe pas ou plutot qui n’existe qu’en apparence: l’insuffisance de demande. On le fait sans se poser la question : qu’est ce qui fait que la demande est insufisante, qu’est-ce qui fait que les revenus ne sont pas assez élevés pour que toutes les productions trouvent preneurs, qu’est ce qui fait que les entrerpises ferment, n’embauchent pas? La réponse est évidente, mais elle doit demeurer cachée: la réponse est que les revenus , les salaires sont un sous-produit. Un sous-produit de la production de profit. Les entreprises n’ont pas intérêt à investir, à embaucher à hausser les salaires parce que le taux de profit n’est pas assez élévé. Personne ne se prive de s’enrichir plus et si les enrterpsies font la grève c’est parce qu’elles considèrent qu’elles ne vont pas gagner assez, compte tenu des risques qu’elles vont courir.
Cette erreur qui consiste à mettre la demande au centre du système au lieu d’y mettre les profits, cette erreur conduit à prendre des mesures qui aggravent le mal , des mesures dont on ne peut plus sortir; des mesures qui certes repoussent les échéances, mais qui, au total amplifieront les dégats futirs.
Il n’y pas eu de crise en 2008, voila ce qu’il faut admettre; la crise a été évitée au prix d’un ensemble de mesures non-conventionnelles, au prix d’une modification des règles du jeu économique et social, au prix d’un avilissement en profondeur du système. Il s’est socialisé, perverti.
Le sytème a glissé, le pouvoir est passé aux Banquiers Centraux et aux Organisations Internationales, les gouvernements ne sont plus que des potiches, l’essentiel leur échappe. Les Banquiers Centraux président et ordonnancent des transferts de richesse par centaines de milliards, les gouvernements peinent à trouver quelques milliards pour mettre en oeuvre leurs petites politiques au jour le jour.
La souveraineté des peuples et des nations s’est délitée, nous sommes dans un dirigisme/ socialisme global. Le jeu politique est un jeu de marionnettes, l’action se déroule ailleurs. Le récent G20 de Shanghai vient encore d’en adminsitrer la preuve, « ILS » ne se cachent plus, ils dictent. Ainsi la révélation depuis la mi 2015 de l’échec des politiques monétaires conduit les Banques Centrales à re-plaider pour des actions fiscales, budgétaires audacieuses. Ce faisant, elles se lavent les mains de leurs inepties et rejettent la responsabilité de la nouvelle détérioration en cours sur vos gouvernements c’est à dire sur vous. Vous vous dressez contre vos gouvernements, ils sont impopulaires. Vous votez contre eux, vous votez « contre » , vous ne vous rendez pas compte que vous faites les jeu des Banques Centrales et des Institutions Internationales qu’ils contrôlent. Leur objectif, c’est le Pouvoir, c’est d’affaiblir les gouvernements encore légitimés par les peuples. Leur objectif est de détruire ce qui reste encore de démocratie. Relisez l’histoire des Guelfes au 13e Siècle.
Relisez ce texte que nous avons publié il ya quelques jours
.Sept ans après la prise de conscience de la crise, la politique monétaire semble avoir épuisé ses effets et montré ses limites. La succession taux Zéro, Quantitative Easing, Nirp a conduit à une impasse dont le trouble et la confusion de Yellen est le reflet: en septembre puis décembre, elle croyait à la nième accélération de la repises, en mars elle doute et patauge à nouveau. Nous en sommes au stade ou les mesures monétaires au lieu d’aider les banques, détruisent leur “business model” et les mettent en danger.
.
Le dernier G20 l’a admis puisque, face au ralentissement global en cours et aux perpectives de stagnation séculaire, il a changé de position et au lieu plaider en faveur de plus de mesures de politique monétaires non conventionnelles, il est revenu à l’autre pilier du Keynésianisme: la stimulation fiscale. Outre une coordination discrète de « mesurettes », sa recommandation clef est que les pays qui disposent d’une marge de manoeuvre doivent tenter ou retenter le remède du déficit fiscal et des déficits. Jusqu’à présent, seul le Canada est allé dans cette direction.
.
On tourne en rond, le keynésianisme monétaire n’a rien donné et les conséquences non voulues ont pris le dessus sur les résultats positifs, la balance bénéfice/coût s’est détériorée, on a touché les limites. Le keynésianisme fiscal n’a pas donné grand chose, il suffit de voir la situation désastreuse du Japon. Ce dernier en est à tenter de réduire ses déficits!
.
Certains proposent de recombiner les deux sous une forme radicale, celle de “l’helicopter money”. Il s’agit cette fois de distribuer l’argent directement aux consommateurs et non plus par l’intermédiaire des banques. Une sorte de rabais fiscal, baisse d’impôts très forte, qui serait financé non par accroissement des dettes du gouvernement, mais par création monétaire pure et simple. Au moins on serait sûr de la transmission à l’économie réelle et on éviterait la critique sur l’enrichissement des ploutos et autres kleptos. L’une des propositions est celle de Brad DeLong de Berkekey qui veut ressusciter les théories du Social Credit. Il s’agit d’une sorte de carte de crédit tombée du ciel et alimentée par des ressources elles aussi tombées du ciel, cette carte de crédit est censée combler le “gap” de pouvoir d’achat des consommateurs pour mettre la demande globale au niveau de l’offre. Elle a été très en vogue dans le passé. Nous y reviendront un jour.
.
Toutes ces élucubrations et autres séances de brain-storming présentent la même caractéristique de base, le même sous jacent: il s’agit toujours de partir d’une idée fausse qui est celle de Bernanke, l’idée de l’insuffisance de la demande globale. Bref, on serait en crise, il y aurit un “slack », parce que la demande ne serait pas assez élevée; la solution serait de trouver un moyen d’éléver la demande. A priori ce n’est pas difficle, il suffirait de monter les revenus, donner des hausses de salaires d’une part et de reconstituer le rendement de l’épargne d’autre part. Hélas, les “Maîtres” ne veulent pas car d’une part cela ferait de la “mauvaise inflation” et d’autre part, cela tuerait les banques et les états endettés. D’ou la tentative qui a été faite ces dernières annnées de tenter de monter le pouvoir d’achat sans augmenter les revenus, c’est à dire de remplacer le pouvoir d’achat “gagné” par le pouvoir d’achat “prêté” par le crédit. On en a vu le succès modeste et surtout les limites.
.
Pourtant le temps commence à presser car le système se fissure, le (dés)ordre que finalement on veut protéger, préserver, est en train de se disloquer, on le voit en Europe avec la fin des consensus, la montée des formations politiques dites extrémistes, la fin du modèle du bi-partisme. Ailleurs,comme aux USA , ce que l’on voit, c’est la mise en question du Pacte Social et la contestation des élites, ce que traduit le succès de Trump. Bref, il est urgent de trouver autre chose car, comme nous l’avions prévu dès 2009, la crise fait son chemin, elle corrode tout, elle remonte selon la ligne des produits, puis des organisations et des firmes, puis des théories, puis des institutions, puis de la société politique, puis de la société civile. Finalement, elle s’exacerbe dasn les tensions géopolitiques. C’est ce que nous appelons la mise en cause d’un certain ordre. Ordre que nous épinglons sous le nom de kleptocratique ou ploutocratique ou ordre usuraire ou dans un autre vocabulaire, impérialiste.
.
Nous disons donc que toutes les actions entreprises depuis la révélation de la crise ont le même sous jacent, le même présupposé théorique, le même diagnostic. C’est le diagnostic de l’évidence: on voit les usines fermées et les gens au chomage, donc c’est parce qu’il n’y a pas assez de travail ce qui veut dire pas assez de demande. L’ennui est que l’éviddence est fausse, c’est un leurre. Le système économique dans lequel nous vivons n’est pas le système des besoins, de la demande, mais le système de la production de profit. C’est le système fondé sur la recherche du bénéfice et de l’accumulation du capital. Et si le système se grippe, si son moteur est en panne c’est parce que les détenteurs de capital n’ont pas intérêt à s’équiper plus, à embaucher et à produire plus. Si le système est en panne c’est parce que le moteur tourne au ralenti. C’est contre-intuitif, mais la science d’une façon générale est contre intuitive: vous voyez la terre plate, alors qu’elle est ronde; vous voyez la matière comme pleine, alors que c’est du vide, vous voyez le système comme manquant de demande alors que ce dont il manque c’est de profit productif etc etc. Si les usines ferment si les hommes et les machines sont mis au rencart, si les sociétés rachètent leurs actions, c’est parce qu’il n’est pas rentable d’investir, de les faire travailler et si il n’est pas rentable de les faire travailler c’est parce que cela ne procure pas assez de profit; le taux de profit dans le monde, malgré les progrès techniques, les artifices, malgré le leverage gratuit, malgré l’écrasement des salaires, malgré le grand retour en arrière sur les acquis sociaux, malgré tout ce que l’on a utilisé, ne remonte pas, au contraire! Le système se met en panne parce que la machine à produire le bénéfice s’asphyxie, elle est incapable de produire les revenus qui solvabilisent la demande; les revenus qui autorisent la demande sont des sous-produits du système du profit et de l’accumulation et si le profit et l’accumulation sont en difficulté, alors, la production de ce sous-produit, les revenus salariaux, est en panne. Evidemment, ce n’est pas Macron ou Soros qui vous diront cela! Eux préfèrent la tarte à la crème de la demande insuffisante, comme Stiglitz.
.
Ce que nous suggérons c’est qu’à partir d ‘une vision fausse de la façon dont marche le système, non seulement on ne peut pas le dégripper, mais en plus on génère des conséquences inattendues qui aggravent le mal. On veut nier que le système est capitaliste pour des raisons de mensonge social car nous sommes dans un capitalisme honteux, on veut faire croire que c’est le système de la production de marchandises, de biens et de services et ce faisant on le recouvre d’ un ensmble de théories fausses qui sont autant d’oeillières, elles empéchent de voir comment cela fonctionne. Tout se passe comme si un médecin voulait traiter une maladie avec une conception fausse du corps humain, dominée par la religion, comme au Moyen Age. Le système n’est pas reconnu comme tel, pour ce qu’il est, comme système de production de profit et de capital, comme système d’enrichissement privé et si on ne le reconnait pas pour ce qu’il est, alors on ne comprend pas pourquoi il se grippe. C’est comme si on voulait comprendre la panne du moteur d’un véhicule tout en s’interdisant de soulever le capot.
.
La justesse de notre affirmation se déduit du fameux théorème d’Helmut Schmidt ; les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après demain. Tant que le taux de profit n’aura pas sensiblement remonté, la mécanique de la croissance restera en panne, elle s’étouffera, malgré les additifs dans le carburant, malgré les dopages, malgrés les petis vents arrière cycliques qui se lèvent de temps à autre.
.
Les “Maîtres” ne veulent pas reconnaitre la vérité du fonctionnement du système, pourtant ils la reconnaissent indirectement, par défaut : ils font de la demande artificielle qui ne pèse pas sur les coûts et les profits par la création de crédit, ils essaient de restaurer le profit par la surexploitation des salariés, par leur mise en concurrence , par la productivité, par la remise en cause des acquis sociaux, par la dépréciation de la monnaie, par l’intensification du travail, par les délocalisations, par la flexibilité etc etc. Bref ils attestent de la vérité de notre diagnostic, l’insuffisance de profit réel productif, par la bande, mais surtout ils refusent de le reconnaître frontalement, les yeux dans les yeux.
.
La sociale démocratie, c’est cela; l’essence de la sociale démocratie, c’est ce mensonge, ce “je n’en veux rien savoir”. La sociale démocratie c’est le système capitaliste qui prétend fonctionner tout en se niant. La crise, c’est la crise de la sociale démocratie.
En prime
Stephanie Landsman at CNBC
The S&P 500 may have surged 10 percent since its Feb. 11 low, but a Bank of America-Merrill Lynch strategist is warning the bounce is on very shaky ground.
Publicly traded companies have seen negative earnings growth two quarters in a row and there are no fundamental underpinnings for the rally, Savita Subramanian, BofAML’s head of U.S. equity and quantitative strategy, said on CNBC’s “Fast Money” this week.
“We are in a profits recession. There (are) no two ways around it,” said Subramanian, whose S&P 500 price target of 2,000 is among the lowest on Wall Street. She is also concerned about how Federal Reserve monetary policy could affect stocks.
“You have the Fed embarking on a long, slow tightening cycle. Tightening into a profits recession doesn’t sound like anything to throw a big party about,” she said.
The result? Widening credit spreads and the capital markets basically shutting down, Subramanian said.
“We had zero IPOs in January… Normally you see about $15 billion come to market in the first month of the year. Nobody is raising capital,” she said. Covering of short positions, or bearish bets that certain stocks will fall, and other positionings have been behind the recent rally, she added.
“We need to see some kind of material sales growth, and that’s been the missing link. Look at all the earnings reports we’ve seen. It’s earnings beat, but sales miss,” Subramanian added. “They are manufacturing earnings through buybacks or cost-cutting. But it’s not real growth that we’re seeing at a fundamental level.”
Consumer discretionary names are most susceptible to the market’s vulnerabilities, she said, citing a lack of pricing power as fast fashion names and other competitors grab a bigger portion of business.
She recommended sticking to areas with pricing power such as old technology and health care stocks. Despite her negative outlook on the S&P 500, she maintains that investors should stick with large caps over small-cap stocks.
Investors will find out if there will be a third straight period of negative growth when earnings season kicks off on April 13, the day JPMorgan Chase is set to deliver first quarter results.
Source: BofA warns “slowly tightening” Fed may hit earnings – CNBC
