FMI, sous le signe de la peur! Croissance, on tourne en rond, avec des cercles de plus en plus grands et de plus en plus vicieux

 

Résumé: L’idée cynique de base de tous les apprentis sorciers est:  détruire la fonction « réserve de valeur » des monnaies. 

Les ministres de Finances et les banquiers centraux se retrouvent à Washington cette semaine pour les rencontres de printemps du FMI, de la Banque mondiale et du G20. Ils devraient évoquer de nouvelles mesures de soutien à la demande mondiale alors que l’on est  prisonniers depuis 7 ans des mesures monétaires non conventionnelles de soutien.

La croissance mondiale est à nouveau en cours de ralentissement  en dépit de politiques monétaires toujours ultra-accommodantes.

En 2015, la bulle financière a commencé d’éclater dans les secteurs clefs que sont les commodities et les émergents. Du coup on se retourne vers la stimulation budgétaire afin de soutenir l’activité.

La stimulation budgétaire, cela s’écrit: refaire de gros déficits, de grosses dettes, augmenter le ratio de dettes du monde global et prendre le risque de nouveaux crédits irrecouvrables. Bref, c’est dégrader encore la solvabilité et la sécurité. C’est marcher vers le précipice car cela augmente le besoin de destruction future.

Le traitement de la crise est un gigantesque échec.

Après la Grande Récession il n’y a pas eu de repise en « V » comme espéré, on a eu « the New Normal », c’est à dire la croissance lente , puis on a eu la croissance ralentie par les soi-disants vents contraires et maintenant nous avons la quasi stagnation  séculaire. L’histoire depuis 2009, c’est l’histoire des révisions à la baisse de perspectives et des ambitions accompagnées de mesures de plus en plus aventureuses et aux rendements décroissants.

En l’absence de mesures de relance budgétaire, la croissance mondiale devrait s’établir autour de 3% cette année selon la médiane des prévisions et ne dépasserait pas 3,3% l’année prochaine.

Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux prévisions actualisées du Fonds monétaire international d’une croissance mondiale de 3,2% en 2016 et de 3,5% en 2017.

Près de 86% des centaines d’économistes interrogés la semaine dernière ont estimé que les grandes économies développées devaient désormais recourir à l’arme budgétaire pour stimuler l’activité plutôt que d’assouplir encore leur politique monétaire.

Ils estiment à une écrasante majorité que les dépenses d’infrastructures seraient les plus efficaces, certains plaidant toutefois pour une augmentation du salaire minimum, qui favorisent une augmentation de la consommation sur la durée. C’est ce que l’on appelle l’économie selon Gribouille!

Personne ne veut voir ce qui crève les yeux: le système capitaliste est en panne, il est au point mort par ce que le carburant qui le fait tourner se raréfie, la carotte qui lui sert d’aliment, la masse de profits n’est pas suffisantte en regard du volume de capital qui prétend se l’attribuer. La masse n’est pas assez énorme pour motiver les entreprises d’investir, de s’équiper et d ’embaucher. Les entreprises préfèrent racheter, réduire leur capital, se racheter les unes les autres plutot que de s’équiper. La masse de profit, pourtant colossale est cannibalisée par la finance de poids mort, par  les prélèvements improductifs des états et de leurs fonctionnaires, par les excés de la répartition sociale, par les gaspillages du jeu géopolitique.

D’autres ont proposé des modalités de soutien comme des baisses permanentes d’impôt, une augmentation des dépenses d’éducation ou des réformes structurelles.

Aucun ne semble s’aviser de la fausseté des idées dominantes marquées par la fuite en avant keynésienne. On veut traiter les problème du système comme si il était socialiste, comme si c’était le système  des besoins et des désirs, , alors que c’est le système capitaliste du profit et de son accumulation. On prétend  traiter  un mal tout en refusant de voir la logique de l’organisme qui en est atteint.  On tourne en rond, mais avec des cercles de plus en plus grands et de plus en plus vicieux. Si cela ne marche pas, c’est toujours parce que l’on n’en a pas fait assez, jamais parce que l’on s’est trompé et que l’on pense faux. C’est ainsi que l’on se rapproche de la catastrophe, avec bonne conscience.

Que signifierait le diagnostic »on n’en n’a pas fait assez »? 

Il signifierait que l’on devrait s’enfoncer encore plus dans la dette des Etats, dans le crédit irrécouvrable et dans l’inflation des bilans des banques centrales. En clair on devrait re-fabriquer du profit, surtout financier, à crédit!

On devrait en quelque sorte flirter avec la perte de confiance devant la monnaie.

Le raisonnement est la suivant: les gens préfèrent stocker la monnaie plutot que la dépenser, la monnaie est donc trop désirable.

Conclusion il faut qu’elle le soit moins.

Pour cela il faut d’abord stimuler la peur de la hausse des prix, annuler tous les taux d’intérêt, tous les rendements et mieux, imposer une pénalité à ceux qui n’ont pas compris et qui gardent encore de l’argent. Donc il faut passer aux taux négatifs pour les particuliers.

Enfin pour empêcher de stocker de l’argent liquide en réaction aux taux négatifs, il faut menacer le cash par tous moyens, y compris par les conversions obligatoires de billets et la suppression des grosses coupures.

Ces idiots ne se rendent pas compte qu’en faisant vivre les gens dans un système dominé par la peur du lendemain, l’angoisse, on augmente les comportements de précaution et donc le besoin de detenir de l’argent liquide!

Vous avez compris, pour ces gens  là,  il faut prendre le risque de détruire cette institution historique qu’est la monnaie. Il faut aller jusqu’au bord de la crise de confiance envers la monnaie et parier que l’on réussira à éviter l’enchainement fatal,  les phénomènes de foule c’est à dire l’hyperinflation.

L’idée cynique de base de tous ces apprentis sorciers est:  détruire la fonction réserve de valeur des monnaies. 

Vous avez compris, dans  tous les cas, on pose les fondations d’une hausse de l’or, des valeurs réelles, de l’immobilier refuge et même des armes  etc etc.

Aller plus loin que ce que l’on fait maintenant, c’est aller explorer les rivages de l’enfer et espérer que l’on ne se laissera pas attirer par le vertige.

Les « dominants  » ont peur, ils ont peur des mouvements qui traversent les corps sociaux, ils ont peur des tous ces symptômes qui témoignent de la chute des consensus, de la dislocations des sociétés. Ils savent que le corps social est rongé de l’intérieur et qu’à l’occasion, un jour, grace à des circonstances favorables, la mayonnaise peut prendre. Un catalyseur peut oeuvrer à cimenter toutes les oppositions et toutes les rancoeurs. Hélas au lieu de travailler pour rendre à nouveau légitimes nos systèmes, ils oeuvrent à le colmater au jour le jour avec des expédients de plus en plus visibles et nocifs.


La dernière proposition officielle de Bernanke!

Créer un compte spécial au profit du gouvernement , approvisionné par la création monétaire! La planche à billets en direct, comme en temps de guerre! Cette proposition est la meilleure preuve de la panique des pseudo élites. 

« Ask Congress to create, by statute, a special Treasury account at the Fed, and to give the Fed (specifically, the Federal Open Market Committee) the sole authority to “fill” the account, perhaps up to some prespecified limit.

At almost all times, the account would be empty; the Fed would use its authority to add funds to the account only when the FOMC assessed that an MFFP of specified size was needed to achieve the Fed’s employment and inflation goals.

Should the Fed act, under this proposal, the next step would be for the Congress and the Administration—through the usual, but possibly expedited, legislative process—to determine how to spend the funds (for example, on a tax rebate or on public works)……Importantly, the Congress and Administration would have the option to leave the funds unspent. If the funds were not used within a specified time, the Fed would be empowered to withdraw them »

 

 

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