François Hollande a des chances d’être réélu en 2017 s’il prend des « décisions très courageuses » et s’il explique son action, a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien diffusé dimanche sur la BBC.
Grosso modo Macron dit que si Hollande accepte de prendre des décisions qui vont le rendre encore plus impopulaire , … il peut tenter de se représenter!
Le chef de l’Etat a annoncé jeudi dernier sur France 2 qu’il ferait connaître « à la fin de l’année » ses intentions sur une éventuelle candidature et qu’il demanderait à « être jugé sur la question du chômage ».
Pour le ministre de l’Economie, qui a lancé son propre mouvement transpartisan, « En Marche », pour dresser le « bilan » des politiques suivies ces dernières années en France et proposer des « solutions radicales », l’échéance présidentielle est encore « trop loin » pour se prononcer sur l’offre politique à gauche en 2017.
Prié de dire s’il croyait en la possible réélection de François Hollande, au plus bas dans les sondages, Emmanuel Macron a toutefois répondu : « Je pense que s’il prend des décisions très courageuses, s’il explique ce qu’il fait, il pourrait certainement être en situation de gagner. »
A la question de savoir s’il songeait lui-même à se présenter, il a répondu : « Je ne veux pas entrer dans ce genre de discussion ». De nouveau interrogé à ce sujet, il a ajouté : « Un an avant, c’est impossible » [de le dire].
Selon un sondage Odoxa avec Dentsu-Consulting pour BFMTV et Le Parisien-Aujourd’hui diffusé samedi, François Hollande, s’il briguait un nouveau mandat, serait éliminé dès le premier tour de la présidentielle dans tous les cas de figure alors qu’Emmanuel Macron permettrait à la gauche d’accéder au second tour.
Emmanuel Macron, que le journaliste de la BBC a comparé à Tony Blair et dont l’émancipation irrite à gauche, a été rappelé jeudi soir à l’ordre par François Hollande : « C’est entre nous pas simplement une question de hiérarchie, il sait ce qu’il me doit, c’est une question de loyauté, personnelle et politique. »
Hortefeux, fidèle de Nicolas Sarkozy, a raillé dimanche l’initiative d’Emmanuel Macron, « dont la carrosserie est neuve mais le moteur est vieux », et dénoncé en creux du marketing politique.
« Le renouveau, ce n’est pas arriver en cravate dans un studio télé, l’ôter pendant l’émission et la remettre à la fin », a-t-il dit au « Grand Rendez-vous » Europe 1-Le Monde-iTELE.
« Emmanuel Macron, a poursuivi Brice Hortefeux, c’est l’homme qui était à l’Elysée, au bureau, à côté du président de la République, et c’est l’homme qui a donc cautionné la création d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu, l’impôt stupide des 75%, 53 hausses ou créations d’impôts… »
« Son mouvement En Marche, (…) il oublie un qualificatif, c’est en marche arrière puisqu’en réalité il a cautionné tous les errements, toutes les bêtises, toutes les tergiversations, toutes les erreurs qui ont été commises pendant tout ce quinquennat », a-t-il souligné.
« Le jeunisme, c’est quelque chose qui est très fugace. Il ferait bien de réfléchir à ce qu’avait écrit Picasso : ‘J’ai mis toute la vie à devenir jeune’, donc il a encore de la marge. »
Dans le même registre, Marion Maréchal-Le Pen, députée Front national du Vaucluse, a affirmé que l’ascension de l’ex-banquier de 38 ans n’inquiétait pas le parti de Marine Le Pen.
Car, a-t-elle déclaré, « Emmanuel Macron, c’est une sorte d’Alain Juppé avec trente ans de moins et une barbe de trois jours. »
« C’est la poursuite du logiciel qui nous a menés dans le mur et qui est le logiciel d’Alain Juppé », a-t-elle dit au « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI.
Pour l’élue, la surexposition du ministre de l’Economie participe d’une manoeuvre de l’Elysée pour couper court aux « velléités présidentielles » du Premier ministre, Manuel Valls.
Emmanuel Macron a assuré le 10 avril sur France 2 qu’il s’était lancé dans cette aventure tout sauf « personnelle » avec l’assentiment du président et avec l’engagement ne pas le « fragiliser ».