La Chine, le plus gros pays consommateur d’or, a lancé mardi un cours de référence du métal jaune (benchmark) libellé en yuans, avec l’ambition de renforcer son influence sur le marché mondial et de mieux maîtriser les évolutions des prix.
Le Shanghai Gold Exchange, opérateur chinois pour les métaux précieux, a dévoilé mardi matin sur son site internet son premier « fixing » de référence quotidien pour l’or à 256,92 yuans par gramme (39,66 dollars, soit environ 1.230 dollars l’once).
Dix-huit acteurs de marché participent à la détermination du nouvel indice de référence shanghaïen, a précisé l’opérateur boursier, pour la plupart des banques étatiques chinoises, mais aussi deux grands groupes aurifères du pays ou encore les banques étrangères ANZ et Standard Chartered.
Ouvert en 2002, le Shanghai Gold Exchange avait déjà lancé en septembre 2014 une place d’échanges « internationaux » ouverte aux institutions financières étrangères, dans le but avoué d’offrir une alternative aux places de New York et de Londres pour les transactions sur l’or.
La demande d’or en Chine continentale représentait 250,6 tonnes au quatrième trimestre 2015, soit plus du quart de la demande mondiale, selon le Conseil mondial de l’or (CMO), ce qui en fait le premier consommateur mondial devant l’Inde.
Le pays reste par ailleurs le principal pays producteur de métal jaune.
Pour autant, la Chine dépend de contrats fixés en dollars –devise de référence sur le marché international des métaux précieux–, subissant donc les fluctuations des devises sur fond de forte dépréciation du yuan depuis l’an dernier.
Le marché mondial reste par ailleurs largement dominé par le « fixing » du London Bullion Market –où l’once d’or a fini lundi soir à 1.234,30 dollars.
En proposant des contrats d’échanges libellés en yuans, Pékin cherche également à renforcer l’usage à l’étranger du renminbi (autre nom de la monnaie chinoise), dont il entend faire une devise internationale de référence.
La Bourse de Tokyo a fini en forte hausse mardi, grâce à un repli du yen et à la bonne tenue des places étrangères lundi malgré la déception liée à l’échec de discussions sur le pétrole.
Le Nikkei des 225 valeurs vedettes a gagné 3,68% (+598,49 points) à 16.874,44 points, au lendemain d’une chute de 3,4% dans un climat assombri par la série de séismes qui ont fait 44 morts dans le sud-ouest du Japon.
L’indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau a pour sa part progressé de 3,25% (+42,88 points) à 1.363,03 points.
La séance a été moyennement active avec un peu plus de 2 milliards de titres échangés sur le premier marché.
Sur le volet des changes, le dollar est remonté au-dessus de 109 yens, contre 107,95 yens lundi à la fermeture, et l’euro à 123,49 yens contre 121,84 yens, des mouvements favorables aux titres des groupes exportateurs.
[Bloomberg] It’s All Suddenly Going Wrong in China’s $3 Trillion Bond Market
[NYT] Media Websites Battle Faltering Ad Revenue and Traffic