Qui contrôle les marchés?

Submitted by Charles Hugh-Smith of OfTwoMinds blog,

CHS pose la question qui s’impose au vu de ce qui se passe depuis plusieurs mois: une lutte serrée entre ce qu’il appelle « les fondamentales » et ce qu’il désigne sous le nom de « Banques Centrales ».

La lutte enrte les « bulls » et les « bears » est visible pour tous, il suffit de lire les graphiques et de les rapporter au flux des nouvelles, on voit d’évidenc qu’il s’agit un combat:  action de la gravitation, action contraire , de sens opposé , des « souffleurs de bulles », et réaction finale qui est la composante des deux forces. Notre fameuse loi du Triangle.

Les bulls jouent, au sens de « parient » , sur la force des artifices, les bears parient sur la défaite finale des apprentis sorciers.

Personne ne doute que la croissance mondiale s’inflêchit, que les profits se tassent, que la dette est excessive, mais là ou les avis divergent, c’est dans le fait que les uns croient que les Banques Centrales peuvent encore repousser les échéances, l’heure des comptes, tandis que les autres sont persuadés que l’on est près de la fin, que l’on a épuisé les artifices.

Le point de vue que nous avons toujours défendu, depuis des décennies est que les Pouvoirs sont incapables de résoudre les problèmes, entendez par là les contradiction du Système, mais qu’ils ont la possibilité de retarder l’inéluctable beaucoup plus longtemps que les Cassandre ne le croient.

C’est notre crédo, notre cadre analytique de base, celui dans lequel s’insèrent toutes nos interprétations.

Ce qui signifie que, pour nous, le fondamental n’est pas un invariant, il est déplaçable, il est relatif. Notre théorie de la Valeur est que l’horizon de la valeur est le Réel, le travail, la rareté, les besoins, mais que sur cet horizon viennent s’interposer les désirs, les croyances, les modes, les propagandes, les mensonges, bref le symbolique, « le narrative »,  qu’il soit adéquat ou qu’il soit truqué.

Nous avons toujours soutenu la thèse de la déconnection possible entre les signes et le réel, notre thèse de la séparation Faustienne de l’ombre et du corps, et nous avons intégré le fait que ceux qui détiennent le pouvoir ont aussi celui, non seulement d’imposer leurs signes, mais aussi celui de modifier les perceptions et la programmation interne des gens. Ils se sont attaqué à la constrution d’un Homme Nouveau, abstrait. Le  réel existe comme un horizon vers lequel on peut se rapprocher asymptotiquement,  mais la réconciliation avec le discours, les modèles, les idéologies, les perceptions peut être durablement repoussée.

Nous avons admis que le lien entre d’un coté la réalité de l’économie, les chiffres d’affaires, les profits et la Valeur  était magique, c’est la fonction de l’analyse financière traditionnelle que de renforcer cette magie. Il faut faire croire, il faut maintenir la fiction que la valeur « des papiers » en général est déterminée par ce qui en est le sous-jacent, l’activité de production de richesses; mais nous avons expliqué que c’était une mystification car tous les papiers n’ont pour référent ultime que ce contre quoi ils sont échangés quand on les  vend ou les achète: la monnaie. Les buy-backs sont la concrétisation de ce que nous affirmons, on échange des actions contre des dettes et les dettes ont pour sous jacent la création de liquidités à volonté. Et nous soutenons que le vrai déterminant de la valeur du papier, c’est le papier ultime, le papier à maturité zero: la monnaie. On échange sa monnaie contre des papiers qui sont supposés donner des droits sur la richesse réelle, mais on ne peut pas sortir du système: in fine comme le dit Bernanke ; il faut que tous les assets papiers soient detenus par quelqu’un!  Et la hausse globale des prix des papiers , au niveau global n’est qu’une fonction:

-de la quantité de monnaie qui est dans  le système

– de l’attrait de cette monnaie, du désir de la posséder; fonction des taux, de l’inflation,  de la peur de l’avenir

-des fuites, hors du système c’est à dire de la diversion de cette monnaie vers des emplois dits « réels », ce que l’on appelle les besoins de l’économie.

Les paradigmes comme le risk-on et le risk off, le goût du risque, l’appétit pour le jeu, les corrélations, etc tout cela ne constitue que l’illustration du bien fondé de notre conception. Inversement des éléments comme le prix du pétrole, celui de l’or,  les évènements géopolitiques, les dislocations sociales etc constituent des brêches dans le système de la Valeur close sur elle même,  dans l’univers du papier.

Le texte de CHS

« The battle boils down to what controls the market: central banks or fundamentals.

The tug of war between Bull and Bear has rarely been so clearly matched–and the stakes have rarely been so high.

Bulls are confident that central banks have their back in 2016. After all, whatever it takes has successfully pushed equities higher for seven years. Why not an eighth?

Many Bulls also believe the global downturn is over and higher growth is just ahead.

Bears see equities in a multi-year topping process that is remarkably similar to the tops in 2000 and 2008. Bears see sagging profits and stagnant sales as evidence that fundamentals no longer support historically high valuations.

Bulls and Bears can tout data, historical patterns and charts to support their case. Two simple charts cut to the chase: a simple chart of the SPX (S & P 500) and a chart of the real SPX (adjusted to present-day dollars, i.e. inflation) and margin debt, which is the debt punters have borrowed against their stock portfolios (courtesy of chartist Doug Short: NYSE Margin Debt Falls Again: More Confirmation of a Major Market Turning Point Last Year?

Though Bulls try to make the case that the global economy is about to enter a new growth cycle and equities are under-valued, this is simply code for central banks cannot afford to let equities decline. Given high levels of debt, declining profits and mixed sentiment readings, the Federal Reserve and other central banks must maintain equities at current highs to signal all is well.

After all, the entire goal of central bank manipulation, ahem, intervention, is to spark a wealth effect as households look at their rising portfolios and feel wealthy enough to borrow and spend money they don’t have–in other words, get deeper into debt.

Margin debt is acutely sensitive to the fluctuating value of the collateral, i.e. equities. If equities stumble, the dreaded margin call will be issued to those punters whose margin debt exceeds limits. These punters must pony up cash (and who has cash in a market awash in cheap borrowed money) or sell equities to pay down their margin debt.

this desperate necessity to keep stocks at a permanently high plateau fuels Bulls’ confidence that any decline will be stick-saved by central banks, just like the three recent drops were all stick-saved by central banks announcements / actions.

Bears on the other hand are counting on central bank talk eventually depreciating to its real value of zero. Once a central banker issues yet another whatever it takes pronouncement or assures the markets interest rates will never ever rise, never ever (for the umpteenth time) and equities fail to soar, the confidence that central banker words are all that’s needed to boost equities will shatter, and fundamentals might matter again.

The fundamentals are decidedly un-Bullish. Real profits (as opposed to whatever is announced to beat Wall Street estimates by a penny) are plummeting, sales are stagnating, exports are faltering globally and excess capacity / overproduction is rampant.

Articles such as U.S. Economy 2016: 3 Classic Recession Signals Are Flashing Red are highlighting recessionary signals.

Companies don’t make a profit because the GDP expanded by some marginal percentage–they make money if sales rise and/or costs decline. The only fundamentals that count are rising sales (which might eventually yield higher profits) and higher GAAP profits, i.e. real profits as opposed to PR « profits » announced during quarterly earnings.

The battle boils down to what controls the market: central banks or fundamentals. Belly up to the roulette wheel and place your bets, but don’t forget that rigged games can suddenly become unrigged at the most inconvenient moments. »

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