Dans un contexte de marché jugé extrêmement difficile, Credit Suisse a essuyé une perte nette de 302 millions de francs au premier trimestre 2016. Un an plus tôt, la banque avait enregistré un bénéfice net distribuable aux actionnaires de 1,05 milliard.
A ce jour, l’établissement financier a déjà biffé plus de 3500 postes sur les 6000 visés d’ici à la fin de l’année, dont plus de 1000 dans la division Global Markets.
« Au cours des trois premiers mois de l’année, nous sommes restés concentrés sur la mise en oeuvre de notre stratégie, avec trois priorités claires », déclare mardi le directeur général du groupe Tidjane Thiam, cité dans le communiqué. Et de souligner l’accélération des efforts de réduction des coûts et des effectifs.
De janvier à mars, le numéro deux bancaire helvétique dit avoir réalisé sur une base annualisée plus de la moitié des 1,4 milliard de francs d’économies visées pour 2016. « Nous sommes convaincus d’atteindre ou de dépasser l’objectif de réduction des coûts bruts de 1,7 milliard de francs d’ici à fin 2016 », ajoute la direction.
Le plan de restructuration accéléré détaillé le 23 mars dernier avance rapidement. Pour rappel, celui-ci comprend des coupes d’effectifs dans toutes les divisions, à l’exception de la banque universelle suisse (Swiss UB).
En particulier, la division Global Markets (GM), au coeur du remaniement, doit faire l’objet d’une réduction de 2000 postes au total cette année. Au terme du premier trimestre, les effectifs globaux de Credit Suisse (équivalents plein-temps) s’élevaient à 47’760, contre 48’210 trois mois auparavant.
Les résultats sont meilleurs qu’anticipés par les analystes. La perte avant impôts s’inscrit à 484 millions de francs, contre un bénéfice avant impôts déclaré de 1,5 milliard au premier trimestre 2015.
Réduction des risques
Le programme accéléré de restructuration de l’unité GM doit permettre de réduire les actifs pondérés en fonction des risques et l’endettement de la division. La vente annoncée la semaine dernière de crédits en souffrance à la société américaine TSSP, pour 1,24 milliard de dollars (1,20 milliard de francs) y a contribué.
À la fin du premier trimestre, les actifs pondérés en fonction des risques se chiffrent à 280,4 milliards de francs. Ils sont ainsi en baisse par rapport aux 289,9 milliards affichés à la fin du dernier trimestre 2015.
Par des mesures sur le front des coûts, des actifs pondérés du risque et de l’endettement, le groupe a pu faire face à une forte baisse des niveaux d’activité clientèle et à une baisse des volumes de marché. Au terme de la période sous revue, le taux de fonds propres durs s’avère stable à 11,4%.
Afflux de capitaux
Malgré le contexte difficile en ce début d’exercice, toutes les divisions axées sur la gestion de fortune ont enregistré de « très bonnes performances ». L’afflux net de nouveaux capitaux totalisent 10,5 milliards de francs, en baisse de 29,5% sur un an.
La division Asie Pacifique (APAC) a attiré 4,3 milliards de francs de nouveaux capitaux nets. L’unité de gestion de fortune internationale (IWM) en a elle attiré 6,9 milliards et Swiss UB pas moins de 3 milliards.
Deuxième trimestre frileux
En janvier et février, « nous avons dû opérer sur certains des marchés les plus difficiles que nous ayons connus, avec des volumes et une activité clientèle fortement réduits », commente Tidjane Thiam. Malgré des signes d’amélioration en avril, il s’attend à ce que la frilosité des marchés et les bas niveaux d’activité clientèle persistent durant le deuxième trimestre 2016, voire au-delà.
Misant sur une gestion de fortune soutenue par la banque d’affaires, le groupe bancaire veut rester concentré sur la mise en oeuvre rigoureuse de son plan. Soit la réduction des coûts, les investissements sélectifs dans la croissance rentable et la gestion du capital, assure le patron.