Gouverneur de la Banque de France: comment peut-on être aussi bête?

Mon Dieu, mais comment peut-on être aussi bête! Telle a été notre réaction en lisant ce texte du Gouverneur nommé par les socialistes.

Comment peut-on, en pleine mobilisation sociale contre des réformes mal préparées, mal expliquées, mal cadrées, jugées inefficaces, et, finalement, scélérates, comment peut-on prendre la parole pour dire qu’il en faut plus. La France est au bord de l’explosion sociale et, si les Français n’étaient pas des veaux, il est évident que déjà l’Elysée et la Chambre des Députés seraient envahis, des têtes se balanceraient déjà au bout d’une pique.

Le peuple ne veut pas des réformes lancées par un gouvernement mal aimé. Le peuple ne veut pas le changement et le soi-disant modernisme voulu par la classe kleptocratique, par les ploutocrates et surtout par l’étranger.

A moins de penser qu’Hollande est un imbécile, ce que nous n’oserions pas faire, chacun voit bien qu’Hollande a l’épée dans les reins et que ce n’est pas de gaité de coeur, alors qu’il annonce sa candidadture et entre en campagne électorale, ce n’est pas de gaité de coeur qu’il accroit encore son impopularité. Il le fait parce que l’Allemagne l’exige, parce que Schauble lui ordonne et parce que les guelfes noirs de la banque internationale, BCE et autres, en ont absolument besoin.

 

Pourquoi le gouverneur de la Banque de France ose t-il entrer dans ce débat politique par la mauvaise porte. Dans Banque de France, il y a France et pas seulement Banque. On s’attend à ce que, au lieu de faire le perroquet ou la doublure de Draghi, il prenne un point de vue français. On s’attend à ce qu’il fasse valoir les intérêts de la France plutôt que ceux de la Deustche Bank ou de Goldman Sachs.

Loin de nous l’idée de contester la nécessité des réformes en France. Cela fait 30 ans que l’on réforme la France avec des résultats de plus en plus nuls.

Rien que ce constat devrait inciter à la réflexion: est-ce que les réformes que l’on fait en France sont les bonnes réformes? Sont-elles adaptées à la situation du pays, sont-elles adaptées aux caractéristiques spécifiques de son économie, sont-elles adaptées à la société française? Faute de se poser ces questions, on imite, on ne sait faire que cela, imiter, reproduire. Imiter et reproduire qui?  Les plus forts, ceux qui ont réussi. Il ne vient à l’esprit de personne de considérer que leurs modèles constituaient une exploitation de nos faiblesses et que, par conséquent, si ils ont gagné, c’est parce que nous avons perdu. S’ils sont excédentaires, c’est parce que nous sommes déficitaires. Et les réformes que l’on veut nous imposer sont un non-sens puisque leur modèle de réussite ne fonctionne que dans un système bien précis, système qui n’est pas transposable. Un système, pour fonctionner, doit se composer de pièces et d’éléments complémentaires. Pour qu’un système fonctionne, il faut que tout s’emboite, qu’il y ait du plus, du moins. Et c’est ainsi que le système devient harmonieux. Il n’y a pas de système qui soit composé uniquement de plus. Pour parler le jargon économique, disons qu’un système ne peut fonctionner que dans la complémentarité, dans la spécialisation des uns et des autres, afin de générer un optimum pour le bien de tous.

La France ne peut pas imiter l’Allemagne, rien dans son histoire ou sa géographie ne l’y prédispose. Les Allemands ont leur spécialisation économique et nous, nous avons la notre. Notre économie ne peut pas s’appuyer, comme le fait celle des Allemands, sur la tradition hitlérienne de l’armement à outrance, de l’industrialisation à marche forcée, du sacrifice des salariés au pan-germanisme. Nous n’avons pas la même association capital/travail. Pas le même consensus social. Pas la même intégration entre la banque et l’industrie, et en particulier pas la même attitude envers la monnaie. En revanche, bien sûr, la France a des atouts propres. Et la preuve en est, c’est qu’à quelques pourcents près de son PIB, elle ne s’en sort pas si mal. Le modèle français est tout aussi valable que le modèle allemand et, avant de le jeter aux orties, il conviendrait de s’interroger si la résorption des inefficacités, des absurdités, des gaspillages, ne serait pas suffisant pour redresser la situation. Les imbécilités de la sociale-démocratie française de droite et de gauche, depuis plus de 30 ans, ont perverti un système qui, finalement, n’est pas si mauvais que cela. La France marche et elle tient sa place dans le concert des nations à quelques pourcents près. Ces quelques pourcents, ce sont ceux de ses déficits, extérieur et budgétaire. Son taux d’endettement ferait l’envie de nombreux pays puisque nous ne sommes dans un univers surendetté que sur un ratio de 95% du PIB.

La première des démarches dans une attitude réformiste et moderniste consiste à s’interroger sur ce qui va et ce qui ne va pas. Il s’agit d’identifier dans le système français tout ce qui a été perverti et qui nous a plongé dans le déclin: l’excès des prélèvements obligatoires, l’excès des dépenses publiques, le surnombre des fonctionnaires, l’organisation des horaires de travail hors des moyennes mondiales, l’organisation de la tricherie au chômage, à la santé et aux prestations familiales, et puis il y a d’autres problèmes qui, pour être moins quantifiables, sont tout aussi importants: la désincitation à l’effort, la dévalorisation de la notion de travail, la dépréciation des modèles de réussite, la valorisation de la marginalité, la mise en avant des anti-héros, la destruction de l’autorité. Puis, qui s’interroge sur l’effet dévastateur des règlements, des normes, qui s’accumulent au fil des années et non seulement renchérissent les coûts, mais paralysent les chefs d’entreprises?

Au lieu de tout cela, on n’a qu’un seul leitmotiv: l’organisation programmée de la régression sociale.

Honte au Gouverneur qui ferait beaucoup mieux de mettre de l’ordre dans sa maison, la Banque de France, laquelle croule sous les sur-effectifs et les prébendiers dont le travail et la fonction sont maintenant assumés par la BCE, mais dont les salaires très élevés continuent d’être payés.

 

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France prône une amplification « substantielle » des réformes pour augmenter le potentiel de croissance l’économie de la France.

Dans sa lettre annuelle aux présidents de la République, du Sénat et de l’Assemblée nationale publiée mercredi, il estime que ces réformes sont nécessaires pour asseoir la crédibilité de la France en Europe et permettre d’avancer vers une plus grande coordination des politiques budgétaires.

Il estime que les progrès accomplis ces dernières années pour améliorer la productivité de l’économie française sont « sensibles » mais « le chemin à parcourir reste très significatif » pour augmenter la croissance potentielle. « Une amplification substantielle des réformes est non seulement nécessaire mais possible », indique celui qui a été nommé l’automne dernier par François Hollande pour succéder Christian Noyer. Si la croissance de son économie a accéléré l’an passé, comme l’a confirmé mardi l’Insee, la France affiche toujours des résultats « inférieurs à la reprise de la zone euro dans son ensemble, elle-même encore trop partielle« .

Modèles de la Suède ou de l’Allemagne

Dans le sillage du FMI, de l’OCDE, ou de la Commission européenne, François Villeroy de Galhau insiste sur la nécessité de s’attaquer aux rigidités sur les marchés des biens et services, d’améliorer la formation des jeunes et des chômeurs et de réformer l’Etat, tout en conservant une rigueur budgétaire. « Il est essentiel (…) de ne rien relâcher de la discipline budgétaire et de passer nettement sous 3% de déficit (par rapport au PIB) en 2017 », dit-il dans sa lettre en référence aux objectifs du gouvernement.

Pour ces réformes, François Villeroy de Galhau appelle à une « mobilisation collective dans la durée » et souligne les succès des efforts menés par des pays comme la Suède ou l’Allemagne qui montrent, selon lui, « qu’il n’y a pas fatalement à choisir entre un modèle économique plus performant et un modèle social auquel nos concitoyens tiennent légitimement ». « Faire preuve de la même ambition en France n’est pas seulement un impératif pour notre pays, c’est aussi une condition de notre crédibilité en Europe pour pouvoir avancer vers une plus grande coordination de nos politiques budgétaires et structurelles », dit-il. « Celle-ci est indispensable, en relais de la politique monétaire active, pour relancer la croissance et l’emploi ».

Claire Lemaitre — ©2016, Boursier.com

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