Le ministre français de l’économie Emmanuel Macron estimait ne pas être redevable de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Mais les vérifications fiscales déclenchées après sa nomination au gouvernement ont conduit à une réévaluation du patrimoine de son couple.
Il convient d’admirer la délicatesse de la formulation, on n’ a pas eu les mêmes précautions de langage pour le Ministre qui s’est fait fusiller et virer « parce qu’il souffrait d’allergie fiscale ».
Les « oublis fiscaux » des personnalités en vue sont très positifs, en termes sytémiques, car ils attestent de l’écart qu’il y a entre les perceptions lorsqu’elles sont publiques et les perceptions individuelles. Ces oublis sont des révélateurs très sains.
L’impôt pour les autres n’est jamais assez élevé, mais pour soi il l’est toujours trop et on essaie de le minorer. La complexité du Côde des Impots est telle que, forcément, il y a des failles, des interprétations et des appréciations qui peuvent porter à contestation.
Ce qu’il faut savoir, c’est que l’impôt est une arme quasi de lutte des classes: et cette arme est bien maniée par certains groupes ou certains politiciens. Nous nous souvenons de cette arme fiscale utilisée du temps de Giscard pour mettre certaines personnes à la raison, sinon au pas. Dans le cas de VGE, elle a même été utilisée par lui même contre des amis. Inutile de dire que depuis la famille concernée vote …Front National.
Tout ce qui montre cet écart entre le public et le personnel, l’officiel et le privé va dans la bonne direction, cela relativise les plaidoyers des taxeurs.
La contribution aux charges de la Nation est défendable, la dérive actuelle du financement de la répartition, de la réduction des inégalités et du nivellement est contestable et dans le privé , chacun essaie de la contester par l’optimisation. Le pire, c’est quand, comme cela se voit depuis quelques semaines, la fiscalité, est utlisée pour faire des cadeaux à des groupes sociaux acquis éléctoralement pour les consolider. Suivez mon regard.
Cela nous fait penser à cette plaisanterie d’actualité: un gamin demande à son père, « papa, qu’est ce que c’est une déclaration fiscale? Le père répond c’est comme ton bulletin scolaire; mais, à l’inverse, quand tu as de bonnes notes, tu est puni! »
L’ancien banquier d’affaires de Rothschild, entré au gouvernement en août 2014, n’était jusque-là pas assujetti à l’ISF, payé par les ménages disposant d’un patrimoine supérieur à 1,3 million d’euros.
Mais « les vérifications entreprises » suite à son arrivée à Bercy, dans le cadre des mesures de transparence mises en place après l’affaire Cahuzac, ont conduit le fisc à réévaluer son patrimoine, lui faisant « franchir le seuil de l’ISF », écrit Mediapart.
Le ministre « a finalement admis qu’il devait payer l’ISF et déposé une déclaration rectificative pour les années 2013 et 2014 », poursuit le site d’informations. Ce rattrapage devrait « rester inférieur à 10’000 euros, intérêts ou pénalités compris ».
Contactée par l’AFP, l’administration fiscale n’a pas souhaité confirmer l’information, invoquant le « secret fiscal ». La situation fiscale d’Emmanuel Macron « est tout à fait régulière, toutes les déclarations devant être faites ont été effectuées », a de son côté précisé l’entourage du ministre.
Selon le Canard enchaîné, le litige avec le fisc a donné lieu à plus d’un an et demi de discussions. Il a porté en particulier sur la valeur de la demeure de son épouse au Touquet (Pas-de-Calais). Celle-ci a été estimée par l’administration à 1,4 million d’euros, au lieu des 1,2 million avancés par le ministre, qui a contracté un emprunt pour y réaliser des travaux.
Selon sa déclaration de patrimoine disponible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), le ministre a gagné près de 2,4 millions d’euros lors de son passage à la banque Rotschild, entre 2011 et mai 2012.
Le ministre a suscité la polémique mi-avril en critiquant implicitement l’ISF. « Si l’on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF », a-t-il déclaré.
Ces propos lui ont valu un rappel à l’ordre du premier ministre Manuel Valls. « Supprimer l’impôt sur la fortune, qu’on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d’un point de vue économique, serait une faute », a-t-il répliqué.