Billet. Inversion, les taux qui baissent tuent la crédibilité et la confiance

La situation japonaise et son évolution décevante conduisent à une sorte d’inversion.

Les baisses de taux ne sont plus interprétées comme des stimulus, mais comme la preuve que les remèdes ne marchent pas, que l’on a fait fausse route  et que les autorités ne savent plus quoi faire. Les baisses de taux sont maintenant des marqueurs de défiance .

Ce constat commence à se répandre ailleurs qu’au Japon.

Plus on les  baisse ou plus ils baissent sur les marchés,  et plus la crédibilité chute. C’est le grand enseigenement des derniers mois. Il se résume par le doute : « ils ne peuvent pas régulariser , normaliser les politiques monétaires. » Cela renforce la peur et les comportements de frilosité.

Les baissses de taux alimentent le pessimisme et sapent la confiance dans les théories  et modèles utilisés par les Banques Centrales . Elles continuent parce qu’elles ne peuvent arrêter, elles sont obligées de soutenir les bulles pour éviter l’atterrissage  en catastrophe.

On le voit clairement avec la situation de Yellen: elle a les mains liées par le niveau excessif de valorisation des marchés et la masse de dettes pourries constituées à la faveur des taux bas.

Cette inversion constitue la preuve que les théories sont fausses , l’économie, c’est de l’économie politique, ce n’est pas des mathématiques. Il est clair  que l’on est perdu, et que l’on patauge . Les modèles utilisés étaient trop simplistes, ils n’intégraient pas les phénomènes et les réactions hors-normes, les modifications de comportement  qui suivent une crise de l’ampleur de celle de 2008/2009. Sait-on que les modèles économiques utilisés n’intègrent pas la variable « dettes privées »?

L’inversion prouve la non-linéarité des phénomènes économiques dans les situations extrêmes. Non Monsieur Bernanke, un QE, ce n’est pas l’équivalent d’une baisse des taux; non, les NIRP ne sont pas le prolongement de la baisse des taux réels, etc etc.  Toutes ces innovations sont en fait des ruptures non testées et non-extrapolables.

Avec en plus des effets non voulus:

-destruction des banques par aplatissement de la courbe, en fait dé-stimulation,

-destruction de tous les spreads de durée, de risk, de liquidité et de volatilité

-au lieu faire baisser la demande de liquidités, ces politiques la font augmenter car les détenteurs ne voient plus d’incitation à employer ou investir

-peu à peu tous les calculs fondés sur l’intérêt deviennent « irrationnels » car ce qui domine ce ne sont plus les rémunérations, mais la crainte des pertes en capital

-disparition de revenus par anneantissement de l’intérêt

-augementation de l’instabilité et du risk pour le système global en raison de l’interconnexion

-dislocation  sociale et politique par les inégalités et le crony capitalisme

 

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