Voici le thermomètre de la « glaciation financière ». Albert Edwards avait ainsi qualifié la période que nous allions connaître, nous y sommes. Et seuls les enjolivures de la propagande permettent de le masquer. Le rendement du Bund Allemand , est tombé en territoire négatif pour la première fois de l’histoire, à -0,03%.
Ce passage négatif va au delà de ce que l’on invoque: l’incertitude entourant le référendum sur le Brexit . La politique de raréfaction de tout rendement et la montée des périls expliquent ce mouvement. La détérioration des perspectives de croissance et les risques financiers qui y sont associés justifient ce passage négatif. Il ne faut pas oublier que ne rien gagner ou perdre un peu est beaucoup mieux que risquer de perdre 50% sur des portefeuilles de valeurs mobilières investis dans les classes d ‘actifs dits à risque.
Les Bunds ne sont pas exempts de risques: risque de maturité en particulier, mais pour ceux qui achètent des Bunds face à des « liabilities » à 10 ans dans leur bilan, il s’agit d’un choix équilibré et raisonné. Pour ceux qui achètent le Bund avec des motivations de court ou moyen terme, les risques de perte sur le capital ne sont pas négligeables.
On ne choist pas d’accepter un intérêt négatif, non, on fuit le risque en capital quand on achète du Bund. Beaucoup de gens achètent du Bund avec l’idée qu’ils se protègent contre les possibilités de prélèvements sur les dépôts bancaires, il y en a même qui rêvent d’être protégés en cas d’éclatement de l’Union Monétaire et de re-dénomination des dettes en monnaies nationales. Ils spéculent, à notre vis à tort, sur une sorte de réévaluation de l’euro-DeutscheMark. S’ il y a une catastrophe, les autorités se débrouilleront pour que vous ne gagniez rien au nom de la justice sociale. Rien de ce qui dépend des gouvernements ne constitue une protection.
Selon les données de Bloomberg, plus de 2.800 milliards d’euros d’obligations de la zone euro affichent désormais un rendement négatif.