Une récession se dessine au Royaume-Uni sur le second semestre 2016, dans le sillage de la décision populaire de quitter l’Union européenne. C’est en tout cas le scénario central du Crédit Suisse, qui pense également que la Banque d’Angleterre n’aura d’autre choix que d’assouplir sa politique monétaire, pour soutenir l’économie du pays. Les turbulences politiques locales qui ne manqueront pas d’intervenir dès les prochains jours pourraient de surcroît compliquer l’équation. Mais si les implications sont importantes pour le Royaume-Uni, elles le sont aussi pour l’Union. La banque suisse s’attend à un ralentissement économique et à une montée en puissance des partis populistes, qui ne fera qu’accroître la fragmentation de la région. Quant au reste du monde, l’impact devrait être un peu atténué, même si le risque de turbulences financières peut avoir des effets sur l’économie réelle.
En revanche, le Crédit Suisse ne parle pas de « choc systémique », en tout cas par de l’ampleur d’un Lehman Brothers ou d’une sortie de la Grèce de l’euro, si elle avait eu lieu. Il s’agit malgré tout d’un événement extrêmement important. Au final, le Royaume-Uni a fait un pas en arrière par rapport à la globalisation, une tendance politique qui a de l’écho actuellement dans l’Occident. Un changement aussi fondamental risque d’avoir de retombées sur la croissance, les résultats et le prix des actifs à moyen terme, encore difficile à quantifier à ce stade.
Keep cool ?
Quant au comportement à adopter selon les classes d’actifs, le bureau d’études recommande de faire preuve de sang-froid, même s’il apparaît tentant de suivre les mouvements du jour. En effet, tout en reconnaissant le risque d’une contraction technique, la banque estime que le redressement de certains marchés est encore à venir. Voilà à peu près ce que cela traduit, dans l’esprit du Crédit Suisse, selon les classes d’actifs :
– sur le marché des changes, le renforcement du dollar devrait se poursuivre, la seule incertitude réelle étant une intervention de banque centrale, éventuellement coordonnée.
– sur le marché obligataire, les tendances récentes devraient se poursuivre, notamment au niveau des obligations refuge aux États-Unis, en Allemagne et au Japon. Les titres des pays émergents risquent en revanche de souffrir davantage, car le Brexit va peser sur le prix des matières première. En tout état de cause, le séisme devrait être bien moindre que lors de la crise de la zone euro.
– du côté des actions, les stratèges de l’établissement ont abaissé de 6600 à 6200 points leur objectif pour le FTSE 1000 en fin d’année. Le curseur est ramené de 2.150 à 2.000 points pour le S&P 500 et de 3.350 à 2950 points pour l’Euro Stoxx 50.
– enfin, sur le marché du crédit, le Crédit Suisse pense que le mouvement de panique ne devrait durer qu’un ou deux jours, et devrait permettre des achats à bon compte.