Les Britanniques ont voté. Ils ont voté pour dire qu’ils voulaient sortir de l’Union Européenne.
Le résultat a été serré, avec des alternances de momentum parfois pour le « leave », parfois pour le « remain ». Le nombre de votants a été très important, on s’est déplacé à 72% pour exprimer son choix. On remarquera que ce pourcentage est supérieur à celui de la dernière consultation de Mai 2015, qui était de 67%. Le résultat est étroit, mais il est significatif, non contestable. La participation forte garantit sa solidité.
Cameron s’était cru intelligent en tirant le tapis sous les pieds de l’UKIP et en promettant alors , pour laminer l’UKIP , un referendum! On voit le résultat de cette habileté .
Finalement, il y a une justice qui se charge de punir, sur le long terme les hommes politiques. Cameron a annoncé sa prochaine démission. Cameron a vaincu l’UKIP, il a perdu le referendum, avis aux amateurs. Il est des habilietés qui se retournent contre ceux qui se croient les plus malins, on le verra un jour avec les manoeuvres en France, et ailleurs, qui visent à empêcher l’expression des mécontentements par la voix du Front et même celle de la Gauche.
Il existe une majorité de gens en Europe qui contestent le dés-ordre établi par Merkel et ses amis . Cela est incontestable et se prouve par défaut; ils veulent interdire les referendums, ils veulent réformer la construction européenne, l’approfondir comme ils disent, en court-circuitant la souveraineté populaire, comme ils le font sur les guerres, l’immigration, etc…Précisément, les votes en faveur du Brexit se sont faits sur ces thèmes; l’autonomie, le droit de se gouverner soi même, les excès de pouvoir de Bruxelles, les régulations imbéciles, et bien sur le monument de gaffe de Merkel, l’immigration.
Le vote contrairement à ce qui devrait se passer ailleurs si il y en avait, n’est pas économique, la Grande Bretagne n’a pas menée la même politique que l’Europe Continentale, elle n’est pas victime de réformes venues d’ailleurs, elle a subi l’austérité mal à propos de Cameron, mais cela n’a pas été un thème majeur.
Ailleurs en Europe, les classes moyennes pas vraiment urbanisées, laissées pour compte sont en plus victimes de la crise du capitalisme financier qui conduit à vouloir assurer la survie d’un système bancaire fragile et sous capitalisé et le laisser poursuivre sa complicité avec la sociale démocratie qu’il finance.
En Europe Continentale, les thèmes énumérés ci dessus comme étant ceux qui ont mobilisés les Britanniques seront compléts par des thèmes économiques et sociaux, voire sociétaux. Ici on parlera des bas salaires , de la paupérisation, du laissez-aller général des moeurs et de la sécurité. Et bien sur du chômage.
Le déclassement sera un point important car il se précipite avec les réformes imposées par Merkel: on prolérarise les petits commerçanst, les petits patrons, les artisans, les professions libérales , on les Uberise et les Macronise.
Il ne faut pas attacher une importance excessive au choc reçu par les marchés financiers, l’ampleur du choc ne prouve que la bêtise des financiers et des élites, lesquels ont cru à leur prorpe propagande et se sont eux même fait peur. Ils se sont auto intoxiqués! Ce genre de choc, on sait le traiter, comme d’habitude par l’arrosage et les liquidités en veux tu en voila.
La chute de la Livre est un don du ciel, elle va, dans un an ou deux améliorer la compétitivité des productions Britanniques ( si il en reste!) et permettre de contrer les tendances déflationnistes.
En fait tout dépendra du type d’association qui sera négociée avec l’Union et nous parions qu’elle sera très généreuse: les européens cèderont à la plupart des demandes Britanniques et aux pressions américaines qui vont se developper en ce sens.
Un passage à vide conjoncturel n’est pas exclu, en raison de l’incertitude d’abord et de l’effet de richesse ensuite, mais cela sera vite compensé par les données objectives comme la compétitivité améliorée , la politique monétaire accomodante et … la levée de l’hypothèque européenne. Le déficit extérieur de la Grande Bretagne va se réduire au grand dam des Allemands et des Espagnols, il devrait etre le bénéficaire à la fois de la sortie et de la dépréciation du change. La véritable inconnue c’est le financement de ce déficit structurel des échanges Britannique; il sera certaienement plus compliqué pendant un certain temps.
En fait tout dépendra de la politique économique qui sera menée par les nouveaux dirigeants. Pour que la dévaluation produise ses effets positifs, pour que la production locale puisse repartir, il faut absolument que le Gouvernement s’oriente vers une politique très favorable aux investissements productifs et à l’équipement, il faut que les dirigeants acceptent de considerer que la spécialisation internationale de la Grande Bretagne doit être corrigée, ou plutot complétée.
Le vote Brexit nous parait incompatible avec la poursuite d ‘une simple politique rentière, politique de capture de rente.
Une réflexion sur “Brexit, après la poussière, on va y voir plus clair”