Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre, ou le poisson pourrit par la tête

Il s’agit d’un état d’esprit, que dis-je d’un vice de l’esprit, et il est comme tous les symptômes d’un mal profond non soigné: répétitif.

Freud et après lui Lacan nous enseignent   que tout ce qui échoue se répète. Répétitions métaphores et métonymies, on n’en sort pas . C’est pour cela que l’acte physique d’amour doit sans cesse être recommencé, répèté jusqu’à … l’envi.  Le désir ne peut réussir dans son entreprise d’avoir ce qu’il n’a pas, c’est un désir d’impossible:  il échoue toujours à posséder l’autre. Il y a un lien logique entre échec et répétition, si on avait réussi , il n’y aurait nul besoin de recommencer. La répétition est un des signes, un des symptômes de la névrose, comme les tics et les tocs par exemple,  et c’est vrai en matière individuelle et en matière sociale. Pourquoi Mélénchon repète-til ses manifs contre la loi travail si ce n’est parce qu’il n’a pas réussi à la bloquer?

Pourquoi repète-ton, si ce n’est parce que l’on échoué et donc qu’il faut recommencer. Ce qui étonne c’est la persévérance, elle ne peut être le fait de gens rationels, sensés. Il faut qu’ils aient un petit vélo dans la tête, un biais. Une déviation. Une obsession même. Ou alors cela signifie qu’ils mentent, ils ne poursuivent pas le but annoncé, affiché, ils en poursuivent un autre qui n’est pas révélé. Ainsi ceux qui font l’amour et prétendent désirer l’autre , au fond ne désirent que … le plaisir. Au fond, ce sont des pervers!

Ce qui permet de progresser,  de s’adapter, ce sont les essais et  erreurs, le trial,  suivis de correction des erreurs, pas les répétitions. Pourquoi les QE à répétition, les déficits qui se suivent, les incantations impuissantes si ce n’est parce qu’elles témoignent d’une inadaptation, d’une inadéquation radicale. Elles sont pour parler vulgairement « à coté de la plaque ». On peut les accumuler, les empiler, les augmenter, rien n’y fait: ce qui est inadapté le reste, même si on augmente les doses. Les choses parallèles ne se rejoignent pas.

Nous avons maintes fois analysé ce phénomène en matière de remèdes keynésiens, ils échouent et cela n’empêche les faux médécins de les prescrire en quantité de plus en plus impressionnante, et en particulier sous forme de création de dettes. A un point tel que cela confine à l’absurde lorsque cela est formulé vulgairement; à une crise d’excès de dettes , on répond par un accroissement… des dettes! Ce que l’inénarrable Summers/Gribouille  résumait en 2009 : « il faut faire plus de tout ce qui a échoué ». Tout cela prouve que nous sommes bien à l’intérieur  de la bulle, les petits hamsters qui jouent à gouverner sont victimes de la névrose sociale.  Nous sommes dans  l’asile d’aliènés lui même et les médecins sont aussi atteints que leurs patients.

La Grande Bretagne vient de voter  dans son referendum pour sortir de ce qui devenait une Union politique. Les motifs des votes sont maintenant bien connus. Ils voulaient reconquérir leur pays, et ils l’ont fait, sans armes. Dans un cadre légal. En 1975 les Britanniques avaient voté pour l’entrée dans  une zone de libre échange et on leur a collé une Union politique de plus en plus pesante, tatillone, irresponsable, anti-démocratique et même anti-nationale. Certains ont même dit que cette Union était indigne. Ils en ont eu marre, ils ont décidé, pouce, jouez sans nous.

Dans les autres pays d’Europe la prise de consciene de cette réalité est moins claire que chez les Britanniques, parce qu’ailleurs, on est moins habitué aux libertés , on est plus docile, et puis « l’Angleterre est une ile » nous disait le Général,  et cela donne une culture spéciale, plus jalouse de l’indépendance. Mais les prises de conscience viennent doucement quelquefois puis brutalement, le processus est chaotique mais à sens unique; on trouve de moins en moins de citoyesn à souhaiter être dirigés par des fonctionnaires éloignés, par des politiciens à la botte des marchands du temple,  à la botte de l’Allemagne, des Etats-Unis et du grand capital « kleptorisé ». On peut dire que dans les autres pays que la Grande Bretagne, les ingrédients de la mayonnaise sont réunis, mais qu’il manque un je ne sais quoi, un catalyseur, un tour de mains , pour que cela prenne.

Les choses sont suffisamment tangentes sinon graves pour que les eurocrates et leurs alliés veuillent interdire les consultations populaires, les referendums. C’est la preuve par défaut; si on ne peut consulter le peuple, c’est parce  que ce qu’il a envie de dire n’est pas conforme aux veux des oligarques socialisants , des politiciens constructivistes, et des philisophes  fabiens.

Voic ce que nous apprenons ce jour, alors que la finance est à feu et à sang, alors que le monde perd de la fausse valeur par trillions et que les banques vacillent sur leurs fondations termitées.

Steinmeier et Ayrault pour une « union politique » accrue en Europe

Oui,  vous lisez bien, ils veulent recommencer, en faire plus de tout ce qui a échoué, de tout ce qui est repoussé, honni. Ils veulent violer, passer en force, pour rejoindre l’autre rive, celle de l’irreversible en brulant les navires. Le divorce Britannique ne leur inspire aucun regret, aucun remord, ils veulent aller plus loin. A notre avis ce qu’ils veulent , c’est l’autre divorce, celui d’avec le peuple.  Et il est déja bien entamé si on considère les cotes de popularité de tous nos zozos, cotes qui sont dans les plus bas historiques, sauf pour Merkel, mais c’est normal puisque c’est elle qui empoche les mises/dépouilles/butin   que nos chefs lui abandonnent.
Les ministres français et allemand des Affaires étrangères ont appelé lundi à renforcer l’intégration « politique » en Europe en réponse à la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Leurs homologues d’Europe centrale ont exprimé « quelques réserves ». « Nous allons faire de nouvelles avancées en direction d’une union politique en Europe, et nous invitons les autres Etats européens à nous rejoindre dans cette entreprise », écrivent Frank-Walter Steinmeier et Jean-Marc Ayrault. Ceux-ci s’expriment dans un document en allemand publié sur le site internet du ministère allemand.

La chancellerie allemande a rapidement relativisé la portée de ce document, soulignant qu’il constituait une « réflexion » des ministres, mais n’engageait pas Angela Merkel. Cette dernière, depuis le vote du Brexit, appelle à l’inverse à la patience et à la retenue.

EN PRIME: La Deutsche Bank voit juste, c’est une guerre de classe.

Mais une lutte de classe d’un type nouveau, ce n’est pas la lutte des prolétaires contre les patrons des usines, non c’est la lutte des laissés pour compte de la financiarisation/ globalisation/ européisation pour conserver leur dignité, leur niveau de vie et avoir encore un avenir, eux et surtout leurs enfants.

L’Union politique européenne est un moyen de mettre à distance, à l’abri,  le pouvoir politique afin qu’il ne soit pas à portée  des jets  de pierres et des jacquerires, c’est un moyen de dé-personnaliser et de faire croire que cela vient du ciel, d’en haut et que c’est la loi du progrès, la loi de la modernité.

Ils, le grans »ILS » retrouvent le sens profond du pouvoir: la divinté, l’éloignement. En éloignant le pouvoir, en ne le mettant plus sur le sol national, ils le divinisent. Ils réveillent de vieilles croyances, de vieux préjugés: « ils sont au dessus de nous »!

La Deutsche Bank:  on ne peut le nier, c’est une lutte de classes! 

« There’s no escaping the fact that this is a class war. Whether its globalisation, immigration, inequality, poor economic growth or a combination of all of them it’s quite clear from this and other anti-establishment movements that the status quo can’t last in a democracy. Eventually you’ll have a reaction. This is one such major reaction and given that the UK growth rate has been ok of late, it would be strange if pressure didn’t continue to build elsewhere where growth has been lower for longer. »

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