La BCE a ouvert lundi soir la troisième édition de son forum annuel au Portugal. Lors du dîner d’ouverture de ce rassemblement, Mario Draghi a fait part de sa « tristesse » d’assister à « un changement de cette magnitude ». Il aurait peut être du faire part de ses regrets et remords pour sa politique et ses erreurs! Les regrets et les remords constituent le début de la sagesse. Peut-être est-ce le moment, après la catastrophe qu’ils ont provoquée, peut -être est-ce le moment pour les élites de faire leur Mea Culpa?
Comme lors des deux précédentes éditions, c’est dans un hôtel luxueux à Sintra, en périphérie de Lisbonne, que la BCE organise ce forum jusqu’à mercredi. C’est la version européenne de celui de Jackson Hole, où la Réserve fédérale américaine convie depuis des décennies le gratin de l’économie mondiale à venir deviser au pied des montagnes du Wyoming. On remarquera que cette pratique du Forum est une imitation, une de plus de celles des modèles américains. Cette réunion, consacrée cette année à « l’avenir de l’architecture monétaire et financière internationale », démarre trois jours après le référendum britannique qui a déclecnhé une tourmente financière globale.
Le rendez-vous phare du forum, une discussion devant réunir mercredi Mario Draghi, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, et la présidente de la Réserve fédérale américaine, Janet Yellen, a dû être annulé pour permettre à Draghi de se rendre à Bruxelles pour assister à une réunion du Conseil européen consacrée au Brexit. De toutes façons, on sait bien qu’ils se concertent.
Il devrait être difficile de faire l’impasse sur les vives turbulences qui ont agité les marchés financiers depuis vendredi. Les répercussions sur la politique monétaire des fluctuations des prix du pétrole, du ralentissement de la croissance dans les pays émergents ou encore des tensions géopolitiques mondiales devraient aussi figurer au menu des discussions.
Draghi doit prononcer un discours ce jour. Parmi les autres intervenants sont annoncés plusieurs membres de son directoire et l’économiste en chef de la Banque asiatique de développement, Shang-Jin Wei. De prestigieuses institutions, telles que les universités américaines de Berkeley et Princeton, et celle d’Oxford, seront représentées. Le Fonds monétaire international (FMI) sera également de la partie, avec la participation de son directeur de la recherche Maurice Obstfeld. On verra si depuis son dernier papier très pessimiste du mois d’avril, , celui-ci a trouvé une solution concrète et claire à proposer.
Ce qui frappe, c’est l’absence totale d’ouverture, ces gens ne se rencontrent qu’entre eux, c’est à dire entre personnes qui pensent la même chose, professent les mêmes théories et en plus utlisent les mêmes modèles économiques.
Comment obtenir une analyse différente si tous utilisent la même théorie, celle qui a conduit précisément à la crise qui nous submerge depuis Aout 2008?
Une vraie crise comme celle que nous traversons et qui ne fait que s’approfondir et devenir multiforme, une telle crise est une crise de la pensée, elle signifie qu’il y a quelquque chose qui cloche, que les théories utilisées ne comprennent pas. C’est une crise dirions-nous de la vision que les économistes dominants se font du monde. Entre le monde et nous, il y a les perceptions et les mises en ordre/forme plus ou moins scientifiques et idéologiques et la crise est une brêche, une faille dans la vision des élites.
L’une des erreurs parmi toutes les autres est l’erreur de considérer que le risk est rejeté hors du système, que nous pouvons toujours y pallier et c’est l’une des erreurs les plus graves car elle conduit à des fausses assurances, à de fausses sécurités.
L’illusion de nos sociétés est que le risque est sous contrôle, et que » cette fois , c’est différent »! Les banquiers Centraux se prennent pour des dieux car ils croient avoir déchiffré les signaux de fumée et le marc de café de la Grande Dépression des années 30! Ils sont persuadés d’avoir égalé les dieux et de nous avoir débarassés de la fatalité et d’avoir donné à l’humanité par ce qu’ils appelllent pompeusement le « risk management, » la gestion du risque.
C’est une preuve de plus de leur folie ou de ce que nous appelons leur névrose. De tous temps les hommes ont voulu égaler les dieux, et la tentative actuelle n’est guère différente de toutes celles qui l’ont précédé, elle est encore plus folle car elle s’ignore en tant que telle, elle est aveugle sur elle même. Tuer les Dieux, nier leur lois, se prétendre leur égal et se lancer dans des enrtreprises folles , telle est l’une des composantes de ce que l’on appelle la modernité. On tourne toujours autour de la même idée, maginifiquement analysée par Galbraith dans ses travaux sur la crise de 1929; la crise arrive parce que l’on croit le fameux « cette fois c’est différent ».
Nous vous conseillons de lire ou relire le livre paru en 1998: « against the Gods, The remarquable Story of Risk » . Bernstein, Peter L. (1996). Against The Gods: The Remarkable Story of Risk. New York: John Wiley & Sons. Nous ne developpons pas ce jour, mais il y a une autre illusion grave , c’est celle de Fukuyma qui croit à la fin de l’histoirte. mais, c’est une digression.
Si vous lisez Bernstein, vous finirez par comprendre comme nous l’avons fait il y a longtemps que cette prétention à maitriser le risque est la base même de notre folie, la base de la fausse prospérité que nous avons connue, la base de notre refus de stopper la montée des dettes, et de notre volonté d’en créer toujours plus. La base de l »illusion que toujours on peut piétiner les gens , le peuple comme le font tous les Bernard Henri Levy de la terre.
C’est la base même de la catastrophe qui s’abat sur nous depuis le referendum du Brexit. L’homme ne peut tout maitriser, mais il valorise les actifs financiers, lesquels sont toujours un pari sur le futur, comme si il pouvait absolument tout contrôler, voila l’esssence de la prochaine dépression, dans un mois, dans un an, dans trois ans.
L’hiomme ne peut contrôler la « bête sauvage », la domestiquer et c’est encore une fois l’enseignement du vote: la bête de temps à autre se réveille, elle dit « non », elle jette son collier et redevient loup. De vraies élites, pas des usurpateurs auraient prévu que la bête peut se révolter. Les phénomènes économiques et financiers sont de sphénomènes humains, de la politique, voila ce que tous ces gens oublient. Il y a derrière l’économie, l’épaisseur du crane humain, l’épaisseur du sang et des larmes, tout cela n’est pas pris en compte dans les équations.