Les banquiers centraux ont tous les pouvoirs, sauf un, celui de cesser de les utiliser.

Les symptomes, les avertissements se multiplient, mais il n’est plus possible de revenir en arrière, l’accoutumance  est trop grande. les évènements de la semaine dernière l’ont une foisde plus montré.

Le comportement des marchés financiers avant et au lendemain du Brexit ne plaide ni pour la thèse des marchés efficients, ni pour la thèse de la rationalité qui sous-tend la théorie économique dominante.

Ce fut un gigantesque  contrepied, un tour d’escarpolete, une claque sur la joue droite lundi avec une chute historique, puis une claque sur la joue gauche les jours suivants sur le rally de soulagement.

Qui nous parle de marchés intelligents? Les marchés sont incapables d’anticiper et de comprendre, ils réagissent aux stimulations verbales que les Maîtres leur suggèrent, ils n’ont plus de vues autonomes. Les marchés confondent les nouvelles, le « news flow » avec le contenu des nouvelles, leur sens et ce qu’elles impliquent. Les algos sont bêtes, ils réagissent en fonction des apparences, des titres des dépêches, ils sont incapables d’interprêter et dire que  les hommes se sont laissé supplanter par les machines, terrible démission.

La chute de lundi était dictée par les propos catastrophistes manipulatoires des élites avant le vote, la reprise a été provoquée par la réaction des Maîtres de l’univers, les banquiers centraux. Ils ont fait savoir qu’ils augmenteraient les largesses monétaires . Ils dilueraient et « trasheraient » , mettraient à la poubelle une nouvelle fois. N’oubliez jamais notre Loi du Triangle: action-réaction-résultante. Nous sommes dans  les réactions rationelles face à l’irrationel ou dans l’irrationnel face au rationel , tout dépend de l’horizon et du point de vue.

On a réagit au Brexit comme si c’était un évènement, un choc type Lehman,  alors qu’en réalité à part le choc de la surprise pour la communauté spéculative moutonnière, , il n’y a pas de choc réel, , mais un processus qui sera long,  étalé;  et peut être auto-correcteur, rééquilibrant. En fait le vote Brexit fait partie d’un processus global, mondial de fragmentation, de dislocation de l’ordre ancien sous  les coups de boutoirs de la Crise et surtout des faux remèdes ploutocratiques qui sont utilisés.

Tout cela nous l’avons prévu , analysé et décortiqué, la Crise est décapante, elle décape les produits, les institutions, les superstructures, elle donne à voir le cynisme des uns et des autres,  in fine elle démystifie  les théories, elle montre que tout est faux, bidon et biaisé au profit d’un classe dominante et de ses alliés .

La crise révèle les contradictions du système, elle attise les antagonismes, elle fait sauter les petits arrangements et met à nu, voila ce qu’il faut retenir: la crise met à nu à un point tel que finalement les gens  comprennent. Les idéologues de la modernité du type BHL stigmatisent ceux qui ont voté pour le Brexit, il méprise les « vieux », il oublie que les vieux sont les seuls à avoir la mémoire, les références et la culture, ils sont le recours de l’expérience face à la désinformation et à la dictature des apparences. « Vive les vieux », ils sont notre avenir car non pollués, non endoctrinés, ils ont excercé leur fonction sociale qui est et sera toujours une fonction de sagesse. Respectons les vieux au lieu de les mépriser. Ils sont dépositaires de quelque chose de supérieur au quotidien et au court terme.

Le vote historique sur le Brexit est un révélateur, il menace la construction européenne deja brinquebalante, il génère une incertitude « positive », qui réduit les effets des faux remèdes et des discours qui les accompagnent. Il hate la décomposition. Plus profondément, c’est l’ordre issu de 1945 qui est ébranlé. Le vote est un vote contre l’ordre imposé par la puissance impériale au lendemain de la guerre, c’est un camouflet qui peut préluder à un réaménagement.  On peut assister à un vrai processus, que les marchés à courte vue ne peuvent discerner: une petite Angleterre, une redistribution des pouvoirs, des rectifications de frontières, et bien sur une faillite des idéologies ordo -libérales-dirgistes -constructivistes  ploutocratiques sur lesquelles nous vivons. La croissance faible, inégale qui est la conséquence des faux remèdes pratiqués depuis 2008, cette croissance lente a des effets dévastateurs sur l’ordre que les élites veulent maintenur d’une part et imposer d’autre part. Cet ordre fondé sur un monde à deux ou trois vitesses, non démocratique, dans  lequel ils jouent au Monopoly et nous inondent d’immigration pour nous diluer . C’est sous cet aspect de l’immigration, que le vote britannique s’est joué, mais ce n’est  pas le tout, mais une partie;  ce n’est qu’un symbole du rejet plus profond de cet ordre dit moderne. Le populisme accroché sur ce que l’on voit, sur ce que l’on ressent, est primaire, mais il exprime quelque chose de plus profond que les gens ont du mal à exprimer car le monde est  devenu trop complexe et les citoyens vont au plus simple. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas quelque chose de profond, cela veut dire que ce qui sort, ce qui se voit, c’est ce qui est simple, accessible. Très peu de gens comprennent la théorie compliquée et fumeuse qui démontre l’exploitation des travailleurs, mais tout le monde comprend quand il est éclaboussé par une Rolls qui roule dans une flaque d’eau. Le populisme fait une fixation sur une forme simple de ce qui est caché et compliqué. Il exprime les choses qui ne vont pas, de façon simpliste et c’est ainsi que fonctionne la société.

Les marchés ont donc pris le maximum d’argent dans la poche des investisseurs et spéculateurs, on en revient au fondamental: la fonction des marchés est de tromper le plus de gens  possible afin de les faire se séparer de leur argent. Le S&P 500 et le DJ se sont permis le luxe en cette  semaine terrible de gagner plus de 3%! Les Services Publics ont ajouté 4,4% à leur 21% de gains antérieurs!  Incroyable. L’or se rappeochede son record des 52 semaines, les mines d’or bondissent de 9% ce met le HUI en gain de … 133% sur l’année.

Les contradictions du système se donnent à voir clairement avec la chute des banques, elle pointe dans  le sens  du risque, elle indique que le fond est mauvais , voire pourri. On est toujours  puni par ou l’on pêche, le système pêche par la finance, la monnaie, les taux et les institutions qui gèrent tout cela trinquent, car on leur tranfère les microbles, les maladies, la peste que l’on traite ailleurs . A tout seigneur tout honneur si on peut dire: la Deutsche Bank poursuit sa descente aux enfers, à un plus bas record de 30 ans, elle perd 7% et porte son déchet à 44% pour 2016. Les banques Italiennes « qui vont bien »,  les autorités nous le répètent , ces banques mourront comme nous l’avons dit en bonne santé, elle chutent de 6% et perdent ainsi  55% depuis le debutde 2016. Renzi est obligé de prendre le risque de s’oppsoer frontalement à Schauble et Merkel, cela sent mauvais.

Les taux sont orientés plein sud, avec des plus bas annuels ou pluri-annuels , le 10 ans US perd 12 pbs à 1,44% et on baisse encore derrière sous les 1,40%; le 30 ans est à 2,23%. La masse d’emprunts à taux négatifs s’est accrue de plus de 1 trillions, on est à 12 trillions au moins. C’est le signe que le mal est profond: si on est obligé de mettre en place des remèdes aussi dangereux et aussi peu conventionnels, qui détruisent toutes les protections sociales, c’est que vraiment le monde global va mal, très mal.

Mais attention, tout cela est favorable aux actions! Eh oui les actions deviennent de plus en plus attrayantes puisque les taux longs baissent! La théorie dominante, fausse mais dominante , est que la prime de risque dont bénéficient  les acheteurs d’actions  monte quand  les taux  des emprunts d’état chutent, comme ici c’est la cas, le risk-off en fait rend  les actions qui sont véhicules du risk-on… encore plus désirables. C’est  ce que l’on appelle le « search for yield », la recherche obligée de rendement, elle oblige les gérants professionnels  à re- soufler dans  la bulle , elle  les oblige à prendre des risques   encore accrus .

En passant signalons que la mère de toutes les bulles, ce ne sont pas les actions, mais  les fonds d’état, les gérants se laissent hypnotiser par les performances boursières, ils bénéficient de la baisse continue des taux qui fait mécaniquement monter les cours,  (c’est a dire du fait que les fonds d’état sont de moins en moins attrayants) , ils bénéficient du renchérisssment des prix des bonds et ils confondent la performance, obtenue sur le dos des plus fous qu’eux qui achètent,  avec le rendement interne  de leur placement. Ils ne se rendent pas compte que si ils font une performance, c’est à cause du Ponzi et que le Ponzi est externe aux bonds et non pas interne. Le Ponzi cessera un jour, bien sur, aussi surement  que celui de Madoff, et le maigre rendement qu’ils auront si ils ont conservé leur titre sera bien mince  pour éponger les pertes en capital. La classe des acheteurs de bonds sera ruinée.

Les Banques Centales savent tout cela, elles savent que l’on se rapproche de plus en plus du » corner », mais elles n’ont pas le choix, elles ont promis de faire ce qu’il faut, elles se préparent à ouvrir les  guichets distributeurs de digits, et i l y a déja la queue à ces guichets. Nous l’avons dit et répété, l’inflation des digits, cela marche , mais cela marche tellement bien que l’on ne peut arrêter d’en distribuer. Tant que le système accepte cette inflation de digits, cela provoque des rebonds et cela étrangle les sceptiques, les Cassandre. Cela les punit, même.

Les banquiers centraux ont tous les pouvoirs, sauf un, celui de cesser de les utiliser.

 

 

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