Editorial; Brexit, est-on vraiment préparé? Non !

Alors qu’un début de panique se dévelope sur les Property Funds , les fonds immobiliers britanniques, et que certains se voient deja revenus en 2007, Mark Carney, le Gouverneur de la BOE nous explique qu’il a un plan , comme Geithner en son temps . Non seulement il a un plan, mais il va le metrte en oeuvre à la perfection! L’immobilier est le maillon faible , l’un des maillons faibles britanniques car il a réalisé des performances extrêmement elevées de l’ordre de 20% l’an.   Donc  il est très suracheté. Il est loin des fondamentales, surtout si l’argent étranger se retire. Du coup on doit suspendre les retraits et bloquer les fonds, mesures de sinistre mémoire. 

La question du Brexit pose fondamentalement celle de ce que nous appelons le « penser juste ». la pensée juste c’est celle qui est en adéquation avec le réel et qui permet si on en connait les lois, de l’inflêchir. On ne commande à la nature qu’en la respectant. Le vote Brexit illustre à quel point les théories dominantes sont fausses par le fait même que tous les gourous et autres prophètes auto- proclamés se sont trompés et ridiculisés. Elle pose la question de la légitimité des élites à vouloir conduire le monde alors qu’elles se trompent sur absolument tout et de facon répétée et rapprochée.

De quel droit , de quelle science sont ils aussi intrusifs,  sont ils aussi directifs, sont ils aussi constructivistes?

Les crises se succèdent, toutes aussi « imprévues » les unes que les autres et elles obligent à toujours utiliser le même remède:  la création de « monnaie-digit », la spoliation des épargnants, la destruction des systèmes de protection sociale, le vol de l’activité économique future pour soutenir celle du présent, et autres générosités qui sont devenues la marque du sysème pervers que l’on qualifie à tort d’ordo-libéral, mais qui en réalité est kleptocratique. Le système n’a rien d’ordo-libéral, il a tout du socialisme élitiste, celui du socialisme construit par, pour et au seul profit des élites, système fabien qui est celui qui prétend résoudre les contradictions du système capitaliste par le haut, par la société à deux vitesses chère au socio-démocrates, du type Rocard par exemple.

La philosophie de base de ce système est une illusion princeps: l’homme peut remplacer les Dieux , il peut vaincre la fatalité, dompter le hasard, modeler le monde à sa guise. Bref, le monde  n’est pas une donnée qui s’impose, il peut être produit. Il n’y a pas de Loi qui ne soit violable, l’homme est l’égal des Dieux par la science. Il n’y a pas de Tragique, il n’y a que des Drames. Il n’y a pas de limite, pas de rareté , le désir remplace le besoin, les perceptions valent le réel,  la loi matérialiste de la Valeur est une billevesés etc..

C’est toute une philosphie qui se croit nouvelle, mais qui est vieille comme le monde, elle est spiritualiste en fait, pas plus évoluée que celle de l’Evèque Berkeley, elle qui projette sa toute puissance infantile délirante sur le monde et finit par croire que c’est le monde lui même. Souvent nous appelons cela une névrose; c’est ce dysfonctionnement psychique marqué par l’échec non reconnu, la répétition, la métonymie et la métaphore,  elle est mise en scéne par les mythes et les contes.  Bref l’une des caractéristiques de notre époque c’est le rejet en tant que catégorie majeure de la vie, du  risque;  l’homme maitrise le risque. L’homme est tout puissant ; ce qui explique, puisqu’il est tout puissant, qu’il peut stopper la marche de l’Histoire, il n’a plus à la subir, il la fait.

C’est l’origine des imbécilités du type Fukuyama sur la fin de l’histoire. Des idioties d’Alvin Toffler et autres … Le fait que tous, absolument tous les prévisionnistes et autres charlatans se soient toujours trompés n’empêche pas les hommes de continuer à les croire dotés de pouvoirs extraordinaires:  l’homme aime être berné, trompé,  c’est reposant, il aime ses chaines. Le monde moderne lui offre en plus la possibilité , névrotique , d’accepter son sort tout en faisant semblant de protester! L’homme sublime sa colère, sa rebellion cosmétique  dans  les réseaux sociaux, dans  la consommation porno, dans le foot etc .

La modernité c’est cela:  la disjonction qui permet de « ramener sa gueule »  sans  risque et de continuer douillettement à s’enfoncer dans  la servitude.  Servitude, même plus dorée, même plus digne. L’homme se donne l’illsion de lutter pour  changer le monde par ses récriminations, il ne se rend pas compte qu’il n’est pas mieux que Hollande dont l’ennemi était la finance, mais qui lui  cire les pompes quotidiennement et plus si affinité. Il se défoule, il s’émascule , se vide, dans ses réponses  aux sondages, ses conversations  du café du commerce et ses votes protestataires. L’homme ne baise plus le réel, il se masturbe. Et n’en déplaise à Miche Onfray, c’est toxique, cela fait perdre le sens de l’objet, le sens  des réalités, cela fait vivre dans  le fantasme. Cela dissuade de l’effort et du risque de conquérir l’autre. Une société qui se masturbe, qui valide la paresse et la lacheté sexuelle, qui légitime les jeux sexuels enfantins des homos est une société qui marche à coté de ses pompes. Dieux étant mort, tout est permis!  Hélas, tout est permis à condition de pouvoir le supporter et surtout de rester adapté au monde. Au vrai monde. La névrose ce n’est pas une question de morale, c’est une question d’efficacité, la névrose produit des comportements inappropriés.

Tout cela est  vrai depuis le début des années 80 qui marquent le début de la folie des hommes de vouloir commander à la nature économique en forçant la création de crédit. Ere de ce que l’on appelle la dérégulation, façon Faust: je sépare l’ombre du corps. Pouvoir forcer la création de crédit ou de monnaie de crédit, est central dans la modernité. C’est une pierre angulaire. Il faut pouvoir nier la gravitation, il faut pouvoir promettre, entretenir l’espoir, il faut pouvoir donner force à l’illusion.

La maitrise de la monnaie et du crédit :

-cela permet d’anticiper le futur, de nier le temps, les délais, l’effort , nos apprentis sorciers adorent cela.

-cela permet d’acheter alors que l’on n’en a pas les moyens, cela permet de donner ce que l’on n’a pas.

-cela permet de créer plus de pouvoir d’achat que la production de richesses réelles ne le permettrait en jouant sur le fait qu’il y a des gens qui ont du pouvoir d’achat et qui ne peuvent l’utiliser comme le peuple chinois dans son ensemble ou les peuples sous le joug des tyrans pétroliers. C’est ce que recouvre la fameuse mystification des grands prêtres quand ils nous parlent de « savings glut ». Parler de « savings glut » c’est parler cynique: on peut créer de la monnaie, il y a des idiots qui ne s’en servent pas.

-cela permet de taxer bien au dela des impôts votés et démocratiques par la dilution de la monnaie , l’augmentation de sa masse ce que l’on appellle l’effet Cantillon.

-cela permet de tromper sur la valeur des choses par la gestion de la valeurs d’échange de la monnaie , par exemple par l’inflation qui érode les salaires ou la dévaluation externe.

-cela permet de faire passer ce qui est la caractéristique  de nos sociétés financières, l’insolvabilité croissante, pour un simple besoin de liquidités, en fait cela permet de nier la loi de la Valeur et celle de la rareté, puisque l’on remplace le problème de la solvabilité exprimée en biens matériels ( l’as tu dans  ta Bourse  au moins de Kant)  c’est à dire de « l’avoir », par le « signe de l’avoir », le signe monétaire. L’injection récurrente de liquidités remplace la richesse par les signes de la richesse, c’est la multiplication des pains, …sans  le pain.

-cela permet de maintenir l’ordre, celui que nous épinglons comme un dés-ordre par les largesses aux kleptos, ce sont en effet eux qui ont accès à l’argent gratuit, aux assurances et aux bail-out des banques centrales, ce sont eux qui raflent toutes les richesses réelles et vous en privent, comme l’immobilier :  grâce à leur accès priviligié au crédit gratuit,  ils raflent  l’immobilier qu’ils vous relouent ensuite.

Le vote sur le Brexit , c’est tout cela qu’il remet en question parce que:

La Grande Bretagne est une pièce essentielle dans le dispositif monétaire et financier et bancaire mondial, issus de la dérégulation; tout va devenir plus difficile, plus chaotique.

La Grande Bretagne est une cheville ouvrière de la mondialisation et de la globalisation, le Brexit défait la globalisation, il disloque, il fait voler en éclats. C’est pour cela que le monde entier s’en est mêlé.

La Grande  Bretagne est un modèle dans  beaucoup de domaines et son exemple va faire son chemin  dans  un mois, dans un an, dans  cinq ans. La contagion n’est par du domaine de la magie, elle est organique, dialectique. Elle est transmission concrète.

En clair c’est un changement de régime systémique , lequel était marqué par: la mondialisation, le gout du risque, la progrés des technique et des processus de fabrication, l’argent ultra-facile, la spéculation.

Les conséquences du vote ne sont pas prises en compte contrairement à ce que disent les gourous des marchés, non! Ce qui est pris en compte c’est la surprise des élites et cela n’a rien à voir avec la prise en compte de la nouvelle situation créée par le vote. Les modifications à venir seront comme nous le disons systémiques ce qui signifie que ce ce qui va se passer en Grande  Bretagne ou en Europe ne sera qu’ un petit aspect du remodelage. Les implications sont non prévues et elles sont imprévisibles. Elles concernent non pas les perceptions, mais le réel c’est ce qu’il faut bien comprendre.

La Grande Bretagne va devoir redéfinir son ouverture au monde, sa place dans ce monde des biens, des services, du capital, de la géopolitque, tout le monde va y réagir et ce qui en sortira n’est à la portée d’aucune intelligence. Nous ne sommes pas dans le risque messieurs les boursiers, banquiers et financiers, nous sommes dans  l’incertitude radicale. La croyance que l’on a vaincu le risque repose sur le fait que l’on a mesuré celui du passé. Mais attention on n’a pas mesuré l’incertitude du passé, ce que l’on a mesuré c’est la variation induite sur les signes une fois que l’incertitude était levée.

Le meilleur exemple de cette illusion des apprentis sorciers qui nous gouvernent est fourni par le grand prêtre britannique Mark Carney. Il est en transe!

« les challenges auxquels l’économie britannique va devoir faire face ne peuvent être écartés d’un coup de baguette magique. Un plan clair est nécessaire et les mesures qu’il contiendra devront etre mises en oeuvre de façon résolue. Après avoir tenté de mesurer l’incidence de l’incertitude sur l’économie, il faudra revoir la contribution que la Banque d’Angleterre peut y apporter. Mais je veux insister sur ceci: la Banque a pris toutes les mesures nécessaire pour être préparée à ces évènements. Et nous n’hésiterons pas à en prendre de nouvelles pour étre à la hauteur de nos responsabilités à l’égard du Royaume Unis. »

Dans son allocution du 30 juin, remarquable par ailleurs, Carney essaie de cerner la différence  entre le risque et l’incertitude, c’est l’idée directrice de son discours . Il a compris que méthodologiquement, c’est là, dans  cette distinction, que l’adaptation au changement se jouait. Il sent bien , mais confusément qu’il y a rupture, que l’on change de régime. Il faut avouer qu’il n’y parvient pas. La distinction entre risque et incertitude lui échappe. Dans sa discussion, sans s’en apercevoir, il retombe sur le risque croyant aborder l’incertitude.

Un des graphiques utilisés par Carney. 

« Formally, “risk” and “uncertainty” are distinct – one being quantifiable with probabilities, either physical or subjective, and the other not. Economic theorists have discussed and modelled this distinction at least since Knight (1921). The empirical literature in macroeconomics tends, however, to elide this distinction somewhat, attempting formally to measure “uncertainty” by constructing indices mentioned in the text that probably also capture some elements of “risk”. Knight, F (1921), Risk, uncertainty, and profit, Boston. »

L’échec est assez pitoyable, malgré l’accumulation des références cuistres de travaux sur la question. Il ne réussit pas la révolution culturelle  qui consisterait à revenir au réel,  à sortir des modèles, à envoyer ballader les signes pour retrouver, derrière eux la réalité économique qu’ils occultent.

Il y a deux voies  pour  retrouver l’incertitude, il  faut  changer de doctrine et il faut accepter soit de revenir à Marx soit de revenir à Mises. Sortir de la confusion moderne entre risque et incertitude implique que l’on retrouve l’articulation organique des causes et des effets. Implique que la pensée reflète le réel. Ce que la modernité à renoncé à faire.  Carney ne parvient pas à retrouver la Nécessité, c’est à dire les évolutions auxquelles on ne  peut échapper. Pourquoi? Parce que Carney comme ses collègues travaille sur une conception capitaliste fausse, une conception qui passe à coté de l’essentiel celle qui repose sur le profit et l’accumulation du capital, sur l’égoisme ou l’intérêt personnel   diraient les Autrichiens.  Il ne peut expliquer l’investissement,  l’emploi, les revenus, les échanges. Il ne sait pas comment fonctionne nos économies, tout ce qu’il sait c’est ce qu’en pensent les Bernanke, Stanley Fischer  et autres. Carney comme les autres étudie les ombres portées sur les murs, pas les êtres, pas les   acteurs de l’économie. Pour cerner l’incertitude il passe son temps à disséquer des travaux analytiques de confrères économistes, il passe son temps  à compiler des mesures plus ou moins stupides du degré d’incertitude  comme le décompte des mots utilisés dans la presse, ou les titres des journaux.

« One way some of this has been measured is again to count occurrences in media articles of references to economics, uncertainty, and policy terms like “deficit”, “regulation” or terms relating to monetary policy. See: Baker, S, Bloom, N and Davis, S (2015), “Measuring economic policy uncertainty”, NBER Working Paper No. 21633, October.

Il croit qu’il peut ainsi cerner une mesure objective de l’incertitude! Qui ne voit que c’est la même chose en plus prétentieux et sophistiqué que ce que faisaient les grands prêtres quand ils interrogeaient les entrailles des poulets et interprêtaient la forme des nuages?

La conclusion de Carney est pathétique: les effets  combinés de l’incertitude ont produit une sorte de désordre , sorte de stress économique post tramautique … une sensiblité exacerbée au risque de désastre  , au tail risk. C’est le docteur Diafoirus, voila pourquoi votre fille est muette!

« What do the combined effects of uncertainty mean? All this uncertainty has contributed to a form of economic post-traumatic stress disorder amongst households and businesses, as well as in financial markets – that is, a heightened sensitivity to downside tail risks ».

Bad things come in threes: geopolitical, economic, and policy uncertainty. les mauvaises choses se produisent par trois, incertitude géopolitique, économique et incertitude sur les politiques qui seront suivies.  Et que propose Carney pour y faire face? D’abord il affirme que ceux qui disent que les munitions des Banques Centrales sont épuisées se trompent, mais il est vrai qu’il ne faut pas les gaspiller; l’incertitude va réduire la croissance et peser sur les décisions des agents économiques. En Mai la Banque pensait qu’il fallait tracer un chemin pour monter les taux graduellement au cours des trois prochaines anées, mais « le vent a changé de direction », il faut éviter le resserrement des conditions financières:

 » I can assure you that in the coming months the Bank can be expected to take whatever action is needed to support growth, In short, the Bank of England has a plan to achieve our objectives, and by doing so support growth, jobs and wages during a time of considerable uncertainty.

Traduction, Je peux vous assurer que la Banque fera tout ce qu’il faut pour soutenir la croissance ;  la Banque d’angleterre a un plan pour remplir ses objectifs, et ainsi soutenir la croissance, l’emploi, les salaires en ces temps de considérable incertitude.

Ce plan , c’est toujours le même, « trasher » la monnaie, baisser les taux, injecter des liquidités en veux-tu en voila, bref soutenir la bulle. .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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