Si les uns tirent à droite et si les autres tirent à gauche, alors ce qui est brinquebalant devient stable, c’est ainsi qu’il faut interprêter les attaques et les positionsn des eurosceptiques. Si ils ont vraiment envie de reussir, ils doivent tirer ensemble du même coté.
Marine Le Pen souhaite plus que jamais un référendum en France après la victoire du Brexit au Royaume-Uni et affirme qu’elle démissionnerait si elle perdait le scrutin après avoir été élue à la présidentielle de 2017. Concernant le référendum qu’elle promet d’organiser si elle était portée à l’Elysée, Marine Le Pen rappelle qu’un tel scrutin devrait sanctionner une « période de renégociation profonde de la nature de l’Union européenne ».
Il y a là une relative mise en cohérence et une clarification.
Clarification car Marine dit sans ambiguité aucune qu’elle lie son destin au rejet de la construction européenne, qu’elle cesse de louvoyer et mise tout sur le thème du Frexit.
Cohérence car dans un pays hostile, tenu par des élites mondialisées, il faut se sourcer à la légitimité du réferendum pour pouvoir prendre les mesures extraordinaires qui s’imposeront ou s’imposeraient. Une sorte de suspension de l’état de droit par un droit supérieur, celui du peuple souverain.
Priée de dire comment la France pourrait mettre six mois à sortir de l’euro alors que la sortie du Royaume uni, qui n’a pas l’euro, devrait prendre au moins deux ans, Marine Le Pen dit rejeter les « arguments techniques ». C’est à cela que sert le referendum, à passer outre aux arguments techniques et légalistes. « S’est-on posé cette question lors de la chute du mur de Berlin ? S’est-on dit ‘ça va être compliqué’ ? Non! Ça s’est fait, point », dit-elle.
Nous en tirons deux conclusions.
D’abord Marine le Pen a compris qu’il fallait briser le clivage mystifiant droite/gauche et passer au dessus pour rafler les voix eurosceptiques de la clientèle de Mélenchon et autres de gauche. Elle croit qu’au dela des clivages bidons, il y a maintenant une majorité pour une remise en question de la construction européenne.
Ensuite, elle se pose en leader de ce mouvement , elle joue le tout pour le tout, elle parie sur l’agravation des forces de dislocation et de rejet. Elle joue la contagion, sachant que déja en France, en Grèce, en Espagne il ya une majorité de gens défavorables au projet européen. Elle pense que la Grande Bretagne au lieu de jouer les repoussoirs, va faire des adeptes et elle entend les accueillir. Certainement au dela de leurs choix politiques actuels qu’ils soient proches de Chevènement, Dupont Aignant, Asselineau ou autre. C’est donc Jeanne Le Pen qui se décide à bouter les européistes hors de France, et elle annonce la couleur.
Au même moment un groupe personnalités publient un texte demandant une renégociation des traités qui s’articulerait autour de trois priorités : la souveraineté, la prospérité et l’indépendance stratégique.
* Liste des signataires : Marie-Françoise Bechtel, Guillaume Bigot, Jean-Pierre Chevènement, Gabriel Colletis, Éric Conan, Franck Dedieu, Alain Dejammet, Éric Delbecque, Jean-Pierre Gérard, Christophe Guilluy, Loïc Hennekinne, Paul Jorion, Jean-Michel Naulot, Michel Onfray, Natacha Polony, Jean-Michel Quatrepoint, Emmanuel Lévy, Benjamin Masse-Stamberger, Claude Revel, Henri Sterdyniak, Jacques Sapir, Paul Thibaud.
« Le peuple britannique a exprimé souverainement sa volonté de rester maître des décisions qui le concernent. Ce vote courageux et massif est évidemment une claque pour la dérive technocratique dans laquelle l’Union européenne actuelle s’est laissé enfermer depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit «TSCG» de 2012).
Tout montre que dans la plupart des pays européens, les citoyens n’acceptent plus d’être gouvernés par des instances non élues, fonctionnant en toute opacité. Le vote britannique peut être une chance: il doit être l’occasion de réorienter la construction européenne, en articulant la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne qui reste à construire.
Nous demandons la réunion d’une conférence européenne sur le modèle de la conférence de Messine de 1955 qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), a permis de remettre la construction européenne sur les rails et a préparé efficacement le traité de Rome. Cette conférence se réunirait à vingt-sept, avec un statut spécial d’observateur pour la Grande-Bretagne.
Cette conférence aurait pour objet la renégociation des traités sur les trois questions cruciales dont la méconnaissance a conduit à l’affaissement de l’actuelle construction européenne: la souveraineté, c’est-à-dire la démocratie, la prospérité et l’indépendance stratégique.
D’abord rendre à la souveraineté populaire et à la démocratie leurs droits dans une Europe confédérale qui serait faite de l’entente et de la coopération entre les nations: cela suppose une réorganisation profonde des compétences et, le cas échéant, du mode de désignation des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE). Il faudrait notamment outiller le Conseil européen où vit la légitimité démocratique en le dotant des services capables de préparer et exécuter ses décisions. De même le Parlement européen devrait procéder des Parlements nationaux pour que les compétences déléguées puissent être démocratiquement contrôlées.
Ensuite, rendre à l’économie européenne les clés de la prospérité en revoyant profondément les règles actuelles en matière de politique économique et monétaire. Le paradigme néolibéral – la croyance en l’efficience des marchés – ne peut se substituer à la définition de politiques industrielles et d’un cadrage social. Le modèle mercantiliste allemand (excédent extérieur approchant les 10 % du PIB) est intransposable aux autres pays et notamment à ceux de l’Europe du Sud. Il faut redéfinir un modèle européen de développement acceptable pour tous les Européens.
Enfin, il faut donner à l’Europe la capacité stratégique qui lui a toujours fait défaut depuis l’origine. Nous nous rapprocherions ainsi de l’«Europe européenne» du général de Gaulle: il faudra pour cela renouer un dialogue avec la Russie, pays européen indispensable pour l’établissement d’une sécurité dont toutes nos nations ont besoin et définir des politiques ambitieuses et cohérentes de co-développement vis-à-vis de l’Afrique et au Moyen-Orient.
Ce sont là les trois clés de l’avenir de l’Europe. Nous avons la conviction qu’il appartient à la France de lancer cette grande initiative qui proposera de remettre l’Union européenne sur ses pieds. Les peuples européens et pas seulement le nôtre, l’attendent. Nous faillirions à notre devoir de citoyens français mais aussi d’Européens si nous n’agissions pas pour que la France se porte aux avant-postes de cette grande tâche.
Nous appelons tous ceux qui refusent le rétrécissement du champ de l’avenir à œuvrer pour réorienter la construction européenne sur ces bases nouvelles. »
Nous ne rentrerons pas dans le détail de nos accord et de nos désaccords avec les uns, Marine, et les autres, Chevènement. Le lecteur sait que ni l’un ni l’autre ne nous satisfait, nous ne partageons pas leur orientation étatiste, contructiviste et par ailleurs notre définition de la souveraineté n’est la même, pas plus que celle de Nation. Le dirigisme, les élites qui savent et s’autorisent à piloter, merci, nous avons deja donné et ce depuis longtemps. Les unifications, les réifications, les massifications, les priorités du « tout » sur l' »individu » ne sont pas notre tasse de thé, que ce « tout » prenne le nom de Collectivité, de République, de Société. Tous ces gens rejettent l’Union au nom d’une abstraction unifiante, la Nation, la République, que sais-je encore, moi je la rejtte au nom de l’individu , au nom du sujet de l’histoire, celui qui existe vraiment et pas au nom d’une abstraction imaginée et gérée par d’autres … d’autres Maîtres.
Mais là n’est pas le débat, le débat est politique, c’est un débat sur une praxis, c’est à dire que si on veut lutter contre la construction européenne, il faut commencer par mettre les épaules à terre des élites européistes et mondialistes, il faut tuer la bête, lui trancher la tête. Il faut donc une alliance sur la seule ligne de partage politque qui vaille, l’alliance au dessus de tous les autres découpages politiques, de tous ceux qui refusent l’Union. C’est un choix tactique, qui se formule: d’abord il faut gagner! Pour que la question se pose de savoir ce qu’il sera possible de faire et comment, il faut d’abord être majoritaire.
Pour ceux qui, comme nous aiment Annie Lacroix Riz, et qui ont plaisir, sur certains thèmes à faire un bout de chemin avec elle, voici sa critique de l’appel des 20. J’adore le parti pris d’ALR, son absence de nuance, elle a choisi une grille d’interprétation et elle travaille inlassablement à la remplir. Bon il faut un peu de patience pour tout déchiffrer, mais une fois qu’on l’a fait, on ne le regrette pas.
Annie LACROIX-RIZ
Chercheuse en histoire contemporaine, professeur émérite, université Paris 7.
Observations sur l’appel de vingt intellectuels eurocritiques pour un nouveau traité européen
Car ce processus a démontré ses objectifs non pas « depuis au moins trois décennies, sur la base de traités marqués au coin du néolibéralisme alors triomphant (Acte unique, traité de Maastricht, traité de Lisbonne), ou de l’ordo-libéralisme allemand (traité de cohérence budgétaire dit « TSCG » de 2012) », mais depuis les origines. Il s’est agi, en effet d’assurer la tutelle maximale sur cette partie du monde de l’impérialisme le plus puissant, états-unien, escorté du second, l’impérialisme allemand, que les rivalités inter-impérialistes opposent cependant, à l’occasion des crises systémiques, jusqu’à la guerre générale. Le phénomène a débouché, entre autres, sur ce que Georges Gastaud qualifie « de protectionnisme » rigoureux au bénéfice exclusif de l’Allemagne et des États-Unis. Il est sans rapport aucun avec l’idéologie, la Guerre froide, le rêve de « démocratie », etc., et ne laisse aucune chance à la « réforme » à laquelle semblent croire les « vingt intellectuels eurosceptiques » qui ont signé ce manifeste.
La critique est portée ici du strict point de vue historique qui relève de ma compétence.
1° Je suis stupéfaite que certains de ces signataires, que je croyais très bien informés de l’histoire vraie de l’union européenne, érigent en modèle la renégociation de « la conférence de Messine » de 1955 qui, après l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), a[urait] permis de remettre la construction européenne sur les rails ».
Ladite conférence se tint sous la stricte injonction de Washington, avec l’active contribution, selon la tradition, de ses purs et simples instruments, parmi lesquels Jean Monnet et Paul-Henri Spaak. Elle ouvrit sur une nouvelle étape majeure de la constitution de l’Europe germano-américaine, le marché commun, qui faisait suite à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) dont le « père de l’Europe » Robert Schuman s’était fait l’initiateur officiel. La réalité est différente, comme je le démontre notamment dans Aux origines du carcan européen, 1900-1960, dont l’édition augmentée vient de paraître.
Ce marché commun chemina, sans la « dérive » ici alléguée, vers l’union-carcan dont les hauts fonctionnaires français avaient révélé, avec une précision redoutable dès 1950-1953 (cette dernière date étant celle de la mise en œuvre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier), tous les aspects, parmi lesquels l’impitoyable « dumping social ». Ladite « Europe » avait déjà, à l’époque du retour de De Gaulle aux affaires (1958), un aspect sinistre, marqué par la surproduction et les crises récurrentes (dont témoignait la fermeture des mines de charbon entamée par celles de France et de Belgique), décrit dans le même ouvrage.
Dans le 13e et dernier chapitre d’Une comédie des erreurs, 1943-1956, Souvenirs et réflexions sur une étape de la construction européenne, Paris, Plon, 1983, « L’étouffement », p. 499-523, l’ambassadeur de France à Londres René Massigli dressa un tableau effarant de cette session. Elle fut animée, en apparence, par les pions « européens » de Washington, déjà cités, sans oublier les autres, dont Pinay, Hallstein, Adenauer et Beyen ; en réalité par le tandem Département d’État-CIA, sous la houlette respective des deux frères Dulles, John Foster et Allen, partenaires essentiels de Sullivan & Cromwell, plus gros cabinet américain d’affaires internationales, lié à la finance allemande depuis le tournant du 19e siècle.
Notons, au cas où on serait tenté de taxer l’intéressé de subversion ou de « nationalisme », que Massigli n’avait pas incarné la résistance au tuteur étranger, et qu’il se voulait « européen ». Cet ancien champion de l’Apaisement de l’entre-deux-guerres, artisan majeur des accords de Munich comme directeur des Affaires politiques du Quai d’Orsay (voir l’index du Choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2010), avait fini en 1943 par se rallier à de Gaulle. Ralliement tardif et fort contraint : les archives américaines le montrent littéralement agenouillé devant Washington et quotidiennement disposé, à Alger, en 1943-1944, à lâcher de Gaulle auquel il reproche une résistance très excessive aux exigences américaines.
Allen Dulles, patron Europe de l’OSS (qui précéda la CIA) établi depuis novembre 1942 à Berne, avait alors déjà gagné, auprès de Robert Murphy, délégué de Roosevelt depuis décembre 1940 au débarquement en Afrique du Nord « française », ses galons de maître et de bailleur de fonds des « Européens » : c’est-à-dire des « élites » de la société acquises à la mainmise des États-Unis sur le continent européen après l’avoir été, le plus souvent, depuis les années 1930, à la mainmise allemande (sur ces noms, voir l’index de l’ouvrage Les élites françaises, 1940-1944. De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine, Paris, Armand Colin, 2016).
De l’origine américaine de cette mythique « conférence de Messine », il n’est pas question dans le manifeste des « vingt intellectuels eurocritiques ». Omission surprenante qui se maintient dans les deux autres points abordés.
2° La séduisante revendication de la renonciation au « modèle mercantiliste allemand (excédent extérieur approchant les 10 % du PIB) […] intransposable aux autres pays et notamment à ceux de l’Europe du Sud » équivaut, compte tenu de l’histoire réelle de l’union européenne, à la demande polie et vaine, adressée aux États-Unis et à l’Allemagne d’abandonner purement et simplement ladite union, leur créature. Autant vaudrait demander à une association bancaire de s’auto-transformer en entreprise de bonnes œuvres, pour réaliser la fameuse « Europe sociale » qu’on nous vante chaque jour. Cette revendication est aussi sidérante que celle d’un renouvellement de « la conférence de Messine » puisque l’objectif de l’union européenne a été précisément réalisé : nous bénéficions de son succès depuis bientôt plus de soixante ans, il faut le reconnaître, avec une intensité démultipliée par la destruction de la zone d’influence soviétique muée en zone américaine depuis 25 ans.
« Dérive », vraiment ?, par rapport au propos d’un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay de février 1950 (avant le fameux discours de Robert Schuman du 9 mai, donc), annonçant les effets imminents de « la pression du chômage sur le niveau des salaires [européens]. Or, il ne peut y avoir harmonisation des salaires et des charges sociales […] que par le jeu de l’offre et de la demande et elle se fera au niveau le plus bas. C’est bien là une des raisons pour lesquelles le Conseil national du patronat français se prononce en faveur de la libération des échanges et des Unions régionales : il y voit un moyen de réduire les prétentions des salariés lors des prochaines négociations des conventions collectives. » (Note du Service de Coopération économique (SCE), 10 février 1950, CE, 56, archives du ministère des Affaires étrangères, plus longuement citée dans Aux origines du carcan européen, p. 116-117). (Le Conseil national du patronat français succéda, en 1946, à la Confédération générale de la Production française devenue en juillet 1936 Confédération générale du patronat français, et précéda le MEDEF).
Les exigences historiques et actuelles des États-Unis à l’égard de cet énorme marché unifié et non protégé de leurs marchandises et de leurs capitaux n’ont pas non plus, dans ce deuxième point du manifeste, été prises en compte.
3° Le « dialogue avec la Russie, pays européen indispensable pour l’établissement d’une sécurité dont toutes nos nations ont besoin », etc., est-il compatible avec le maintien de l’union européenne dans l’OTAN, institution dont l’origine se confond strictement avec l’histoire de l’encerclement de l’URSS. Les États-Unis combattaient d’ailleurs la Russie depuis les débuts de l’ère impérialiste, plus de 20 ans avant 1917. L’a démontré l’un des deux pères fondateurs du courant historiographique américain dit « révisionniste » (courant scientifique sans rapport avec les « révisionnistes » français, simples « négationnistes » des chambres à gaz), William Appleman Williams. Sa thèse universitaire (Ph.D.) American Russian Relations, 1781-1947, New York, Rinehart & C°, 1952, a montré que le jeune impérialisme américain, soucieux de contrôler, entre autres, le sort de la Chine, avait jugé insupportable l’expansion de son (assez faible) rival russe, qui revendiquait sa participation au contrôle des transports ferroviaires de la Chine : « L’entente [russo-américaine] lâche et informelle […] s’était rompue sur les droits de passage des chemins de fer [russes] de Mandchourie méridionale et de l’Est chinois entre 1895 et 1912 ».
On trouvera maintes références sur la vieille obsession antirusse des impérialismes américain et allemand et sur leur agressivité, dimension militaire incluse, envers l’empire russe puis l’URSS dans les références suivantes : « Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique »(http://www.lafauteadiderot.net/Le-debarquement-du-6-juin-1944-du, juin 2014), et dans « L’apport des “guerres de Staline” de Geoffrey Roberts à l’histoire de l’URSS : acquis et débats », préface à l’ouvrage de Geoffrey Roberts, Les guerres de Staline, Paris, Delga, 2014, p. I-XXXIV.
Ceux qui seraient tentés de balayer d’un revers de main les références fournies par l’universitaire sérieuse que je suis pourront constater que je les emprunte soit aux archives originales soit aux travaux historiques américains accumulés depuis des décennies. Ce travail, notons-le, qualifie les pratiques de la « soviétologue » de Rennes 2, Cécile Vaissié, qui met en cause l’« universitaire retraitée et militante au PRCF » Annie Lacroix-Riz dans Les réseaux du Kremlin en France. Le lecteur pourra juger du manque de sérieux de la documentation de ce récent ouvrage assuré d’un énorme écho médiatique, phénomène qui démontre le caractère plus que jamais actuel de mon livre de 2012, L’histoire contemporaine toujours sous influence, Paris, Delga-Le temps des cerises.
Une « union européenne » à direction germano-américaine bien disposée envers la Russie, vraiment ? Qu’est-il arrivé à certains, au moins, des « vingt intellectuels eurocritiques » qu’on avait pris pour des observateurs sérieux du « carcan » réservé de longue date aux « Européens » non détenteurs de profits monopolistes ? Leurs « vœux pieux » européens traduisent-ils une nostalgie pour le «baiser Lamourette» de juillet 1792 ?
Annie LACROIX-RIZ
Chercheuse en histoire contemporaine, professeur émérite, université Paris 7.
EN PRIME
MAIN TENDUE À DUPONT-AIGNANT
La dirigeante du FN dénonce le « déni de démocratie totalement décomplexé » qui a suivi, selon elle, le vote du « Brexit », s’en prenant en particulier au maire de Bordeaux Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite.
« J’en veux pour preuve la déclaration d’Alain Juppé, même s’il n’a pas été le seul, comme quoi il ne fallait pas organiser de référendum car cela offrirait une victoire sur un plateau à Marine Le Pen », dit-elle.
« Voilà un homme qui est candidat à la présidentielle et qui assume qu’il ne faut pas laisser le peuple s’exprimer au motif que cela nuirait à ses intérêts politiciens. »
A ses yeux, François Hollande et son prédécesseur Nicolas Sarkozy ont le même défaut: « le costume de président de la République est cent fois trop grand pour eux ! »
En revanche, Marine Le Pen dit « tendre la main » à la fois à Nicolas Dupont-Aignant, président de Debout la France, et au souverainiste Philippe de Villiers.
« J’ai beaucoup de mal à trouver des sujets où il y aurait une divergence fondamentale entre nous », dit-elle à propos de Nicolas Dupont-Aignan.
« Ainsi, il réclame une renégociation profonde des traités suivie d’un référendum; nous proposons un référendum précédé d’une renégociation profonde des traités. Sérieusement, où est la différence ? », ajoute la présidente du FN.
EN PRIME: La nouvelle ligne de partage mondiale (BB)
La presse mondiale commence à ouvrir les yeux et à dépasser le simple stade de l’économisme et de la finance. Elle prend du recul et explique que ce qui se passe constitue la remise en question de l’ordre mondial issu de la globalisation et des innovations tous azimuts des années 80.