Le Japon toujours à l’avant-garde, Tokyo plus de 9% dans la semaine

Le Japon toujours à l’avant-garde

mercredi, 13.07.2016
Agefi suisse
La Bourse de Tokyo a enregistré sa meilleure performance hebdomadaire depuis six ans et demi après avoir fini en hausse de 0,68% vendredi, sa cinquième séance consécutive dans le vert  grâce au repli du yen provoqué par la perspective de nouvelles stimulations. 

La nouvelle phase de relance économique réhabilite le stimulus fiscal après avoir si longtemps abusé du monétaire.

Conrad bertez

Nobuteru Ishihara, ministre japonais de l’économie, a annoncé hier les modalités de reprise des politiques de stimulus fiscal. Cette annonce équivaut à admettre l’échec des politiques monétaires du premier ministre Abe Shinzo et de la banque centrale japonaise(BOJ). Considérant les élections  comme un referendum sur la politique économique, le premier ministre avait d’ailleurs promis davantage de mesures fiscales.

Le Japon reste en déflation depuis l’éclatement d’une bulle financière dans les années 1990. La politique de qualitative and quantitative easing menée depuis 2013 n’a fait remonter l’inflation que sur un an, malgré la création de dizaines de trillions de yens par an.

Cet énorme gonflement du bilan de la banque, au lieu de bénéficier à l’économie japonaise, se déverse sur les marchés obligataires étrangers, conséquence des taux d’intérêt nuls de la BOJ, et négatifs depuis avril. Les Japonais doivent changer de stratégie.

Le gouvernement japonais est innovant depuis longtemps en matière de stimulus; surtout quand il est conseillé par les experts américains qui ne sont que trop heureux de voir leurs théories mises en pratique. En 1999, Ben Bernanke, alors économiste à Princeton, réprimandait les politiciens japonais pour la faiblesse de leurs politiques de relance. Deux ans plus tard, la BOJ annonçait le début de son programme d’achats de titres à long terme (QE). La semaine dernière, avant les élections, Bernanke était de retour au japon pour rencontrer Abe et le gouverneur de la BOJ, Kuroda. Le gouvernement annonce maintenant être prêt à faire jusqu’à 20 trillions de Yen de relance fiscale. Depuis longtemps, l’ancien chef de la Fed se plaint de l’inefficacité des politiques monétaires lorsqu’elles sont menées sans politique fiscale.

Bernanke n’est pas seul. Bill Gross, l’ancien de PIMCO, et Jamie Dimon, patron de JPMorgan, ont appelé à l’augmentation des dépenses de l’état. Le Japon n’étant pas seul à voir l’essoufflement de ses tentatives de relance, il pourrait faire école. Quand le Japon s’est tourné vers le QE la première fois, personne n’y croyait. 15 ans plus tard, c’est la norme. Les gouvernements ont actuellement abandonné les politiques fiscales. Le vent commence-t-il à tourner de nouveau? Le Japon sera peut-être encore une fois pionnier?

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