Une semaine de risk-on au milieu de la tourmente, comme d’habitude

Une semaine de risk-on au milieu de la tourmente, comme d’habitude

DIMANCHE, 17.07.2016
Agefi Suisse

Les marchés ont repris le chemin de la hausse. Nous allions écrire stimulés par l’accumulation des incertitudes! les nuages qui s’amoncellent à l’horizon annoncent le beau temps boursier.

Bruno Bertez

Les marchés ont repris le chemin de la hausse.

Les marchés ont repris le chemin de la hausse.(Reuters)

Le terrain boursier est fertile: il y a encore des vendeurs à découvert en difficulté, les volumes sont minces, c’est l’été,  et puis il y a la technique, la magie de la technique: un signal a en effet été donné avec l’inscription d ‘un nouveau record.

L’appétit du jeu revient, la preuve est que beaucoup plus de véhicules participent à l’engouement, y compris le HYG, le High Yield; l’extension comme on dit est plus large et cela,  c’est le signe du bon appétit qui règne. Il y a contagion, ce qui augure d’une possible poursuite du mouvement.

Au plan fondamental, les données économiques restent dans la ligne, moroses, mais la Chine a réussi à annoncer des chiffres conformes, sinon meilleurs que prévu et cela suffit au bonheur des marchés. Les modèles , les ordinateurs ne pensent pas, ils réagissent aux titres des dépêches.

La grande affaire du moment, c’est la situation des banques européennes, mais personne ne doute qu’une solution cosmétique sera trouvée, les marchés aiment les solutions  cosmétiques. Elles permettent  de calmer les craintes et surtout, comme elle ne résolvent aucun problême elles augurent, annoncent, des largesses futures, lorsque la situation redeviendra sérieuse.

L’Italie et l’Allemagne jouent au chat et à la souris sur cette question des banques; l’Italie veut utiliser des fonds publics pour recapitaliser ses banques, l’Allemagne ne veut pas. Les règles de Bruxelles s’opposent à ce que l’on utilise les fonds publics et elles stipulent que d’abord, il faut que les porteurs de titres bancaires et les clients des banques perdent de l’argent. Renzi répond que c’est idiot, cela renforce les tendances récessionnistes, et surtout cela favorise la montée des sentiments eurosceptiques. Aucun investissuer privé n’a envie de venir au secours des banques Italiennes et singulièrement de la pire d’entre elles, Monte dei Paschi!

Le vrai problême est plus complexe, mais bien sur , on ne l’évoque pas, le vrai problême est que les banques euros accumulent des bonds de leur gouvernement car ceux ci exercent des presssion im(morales) sur elles et ceci est contraire à l’esprit de tout ce qui a été décidé en Europe pour réduire les risques bancaires et souverains. Les banques Grecques, Italiennes, Irlandaises, Espagnoles, Portugaises  se sont goinfrées des obligations émises per leur souverain.

Pour revenir aux marchés, notons que sur le plan du Marketing financier, les commerçants/conseillers des banques ont eu la possibilité de pousser leurs clients à acheter ou compléter les portefeuilles, puisque les taux ayant baissé ces dernières semaines,  les primes de risque se sont dilatées et le marketing boursier veut que cela soit bon pour les acheteurs d’actions. Plus cela va mal, plus les marchés obligataires sont pessimistes et plus il faut acheter des actions n’est ce pas! Tout le monde maintenant a compris que « bad news is good news ».

L’indice S&P 500 a progressé de 1,5% ce qui porte son gain depuis le début de l’année à +5,8%. Le DJ a gagné 2%, et surtout les bancaires se sont ressaisies avec un bond de 4%. On reste quand même sur une chute de 8% depuis le début de 2016. A noter, ce qui confirme l’appétit pour le risk/jeu que le Russell 2000 a fait mieux que les autres indices avec un progrès de 2,4%. Le Nasdaq semble encore un peu à la traine, avec 1,4%, mais gageons que ce n’est que passager.

Comme cela se dessinait ces derniers temps, l’or fait l’escarpolète avec les actifs papiers, il recule d’une trentaine de dollars et les mines glissent de 1,4% sur le HUI. Les gains du HUI sont encore confortables avec +140% depuis le début de 2016.

Le ron/rof ( le Ron/ Rof c’est le risk-on/risk-off)  a fonctionné et au fur et à mesure que le risk-on se développait sur les actions, on a noté des « rendus » sur les valeurs à revenu fixe, le jeu est parfait et sans surprise: 1) les taux baissent sur le pessimisme, 2) les opérateurs espèrent des mesures destinées à contrer le pessimisme et ils anticipent en achetant les risk-on, 3) puis le risk-on se développant, les valeurs refuges sont moins recherchées et les taux remontent un peu. Tout est simple dans le monde de David Copperfield. Il a balisé un champ avec des réflexes façon Pavlov  et tout se déroule d’autant plus comme prévu que l’on est dans  l’imaginaire.

Notez que nous ne sommes pas mécontents de la baisse des fonds d’état (hausse des taux)  et autres bonds, puisque nous avons il y a peu considéré que l’on était en train de construire une formation de « top »: les bonds, c’est la bulle du siècle. Quand nous avons alerté, le rendement du 10 ans était à 1,34% , on est à 1, 55%. Ce n’est pas encore significatif, mais cela fait plutot plaisir, plus que si le mouvement nous avait contré!

Les taux ont donc remonté un peu avec une hausse de 6 poins de base sur le deux ans US  et de 15 points de base sur le 5 ans. Sur le 30 ans le taux a remonté de 17 points de base à 2,27%. Le retour du Bund à 0% n’est pas passé inaperçu, on est sorti du négatif mais la baisse des taux sur le Bund allemand reste quand même copieuse avec une chute de 62 pbs depuis le début de l’année. En Europe, les « spreads » ont eu tendance à se contracter, conséquence du retourt de l’appétit pour le jeu.

La vedette de la semaine, c’est bien sur le Japon  et c’est normal puisque c’est lui qui est le plus en difficulté et en péril;  le marché japonais a fait un bond de 9,2%. Le japon, nous le répétons souvent est un précursuer, il ouvre la  voie sous tous les aspects, gravité du mal, application des remèdes, échecs et bis repetita. On peut toujours parier sur les Japonais! Même si le Nikkei reste en baisse de 13% sur le début de l’année. Les nouveaux rounds de Abe et Kuroda sont salués comme il se doit. Malgré le scepticisme général, voire universel sur leur efficacité: on sait que sur le court terme, il y a toujours un coup de chapeau et on le joue.

Signalons pour mémoire, mais on s’en doutait que les Emergents ont particpé à la fête avec des hausses de 2 à 3%, même à Shanghai. Visiblement il devait y  avoir des initiés sur le coup d’état et son échec lamentable en Turquie puisque l’indice  turc a fait une performance  de + 6,5% cette semaine.

Les écarts sont restés limités sur les changes, le dollar n’a gagné que 0,4% ce qui ne gêne personne , le dollar index reste confortablement sous les zones dangereuses. On est à 96,68 au DXY  La Livre continue de se redresser . La bonne nouvelle, c’est bien sur la chute du Yen, c’est elle qui a restauré l’esprit de jeu mondial, le Yen a chuté de 4,5%, merci Abe! Le Yuan n’est pas venu gâcher la fête, il est resté inchangé, son déclin est en mode pause.

L’euphorie sur les matières premières semble se calmer, elles n’ont monté que de moins de 1% lors de la semaine écoulée. Pour ceux qui suivent les ordonnances du docteur Copper, ils noteront que celui-ci a fait un beau rally qui lui a fait gagner près de 5,5%; ses gains sur l’année sont passés positifs.

A suivre, un  frémissement des prix. Vous ne trouvez pas que cela sent le retournement de tendance? A 2,5% on achète stop le CPI core yoy! 

 

 

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