Billet : En France et en Suisse, nous devons défendre nos banques

L’acharnement des anglo-saxons contre les banques européennes a quelque chose de pathétique. Ils sont parties prenantes dans un combat qu’ils semblenr ne pas comprendre, et même ne pas envisager.

En fait ils ne soupconnent même pas que ce combat existe. Quelques observateurs américains, plus cultivés (et conservateurs) l’ont cependant perçu, Ils évitent d’aborder clairement ces questions et de les mettre en perspective. Donc je vais mettre les pieds dans le plat.

Le système bancaire européen a besoin d’un sorte de TARP, ( Troubled Assets Relief Program) c’est à dire qu’il a besoin de se défaire d’une masse importante de créances non performantes. Il a besoin d’un dispositif qui permette la « defaisance ». Il faudrait qu’un tel dispositif soit mis en place afin de favoriser ce nettoyage des bilans des banques concernées. Ce nettoyage est vital pour remettre en route l’intermédiation, la création de crédit et donc relancer la croissance. Un TARP passe par la mise en place, en Europe, de l’équivalent du Trésor américain.

Il faudrait l’audace d’un Paulson et Geithner réunis. Hélas, nous n’avons que des Schauble et sous Schauble ! Des Schauble et des Draghi incapables de visions stratégiques.

L’Europe est incapable de prendre pareille décision car elle est divisée. Et c’est une division fondamentale, structurelle et culturelle. Tout ce qui débouche sur la solidarité fiscale est bloqué.

Une partie de l’Europe est dite du « Sud », y compris la France, cette partie de l’Europe est ralliée aux délices de l’inflationnisme et de la monnaie fondante, considérée comme serve et simplement moyen de circulation. Une autre partie est orthodoxe, elle est unie autour des idées allemandes, idées de la Bundesbank laquelle est tout sauf inflationniste. La Buba croit aux vertus de l’orthodoxie, aux vertus de la monnaie saine, non trompesue et surtout non instrumentalisée. Monnaie honnête, de réserve et de reserve de valeur. La Buba croit aux vertus de la séparation du monétaire et du fiscal.

LEurope du Sud n’est pas inflationniste par choix théorique comme le sont les anglo saxons, non, elle est inflationniste historiquement parce qu’elle est incapable de rigueur. La situation politique et sociale de l’Europe du Sud ne permet pas une gestion rigoureuse, honnête et donc orthodoxe. En Europe du sud, on mélange tout dasn un laxisme généralisé.

Les Allemands le savent et ils espèrent, surtout Schauble, que par un corset politique européen il peut faire changer les pays du sud, Il est évident qu’il se trompe, la culture et les rapports sociaux font que l’Europe du sud ne choisit pas d’être inflationniste, elle subit simplemnt la dérive de son manque de courage et d’unité sociale. Mais Schauble y croit, il pense qu’en tordant le bras des européens du sud, il peut les faire changer, les forcer à s’aligner sur les normes Allemandes. schauble veut que qui casse paie.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la situation du secteur bancaire Européen s’analyse comme un champ de bataille, s’analyse comme le lieu ou se déroule le bras de fer. Les solutions pour résoudre le problème bancaire existent et elles sont bien sur connues. Mais chut il ne faut pas le dire, il faut que le combat reste feutré, à fleurets mouchetés. En jouant avec le feu, en laissant la situations des banques se dégrader et en laissant chuter les cours de Bourse, en s’opposant par exemple aux solutions Italiennes, les Allemands font un chantage implicite, une partie de poker; elle se formule ainsi : nous accepterons les solutions de type anglo-saxon, inflationniste monétairement si vous prenez certains engagements en contrepartie. Et ces engagements sont des engagements de rigueur durable. On retouve le même schéma de pensée que dans le conflit avec la Grèce.

Donc Le problème des banques euro, de l’Union Bancaire, de la mise en oeuvre de fonds de soutien, de la défaisance, et de recapitalisation etc, etc, ces problèmes sont bloqués non par eux mêmes intrinséquement, non ils sont bloqués tactiquement parce qu’ils sont instrumentalisés, ils font partie d’un donnant-donnant, d’une partie de poker.

Les banques euros ne sont pas au bord du gouffre, seuls des anglo-saxons à courte vue peuvent le prétendre. Ces gens prêtent leur concours à un camp dans le cadre de combats qui les dépassent. Il n’y aura pas de Lehman européen! Les ressources existent, les solutions également, ce qui manque c’est l’accord, le consensus politique pour mettre en place les solutions.

La question est déterminante pour l’avenir non seulement de la construction européenne, mais également pour son orientation future et encore plus pour l’ordre du monde.

Grâce aux Allemands, les anglo saxons ne font pas ce qu’ils veulent, il y a encore un frein, une alternative; car l’Allemagne c’est la statue du commandeur qui empêche d’inflater en rond et de passer à un autre régime monétaire que le régime mixte, panaché actuel. Derrière la question des banques euros, ce qui se profile c’est la conception de la monnaie, c’est la lutte entre les hégémonies et la lutte féroce entre d’un coté une forme de capitalisme fondé sur l’échange, la circulation, l’arbitrage, les écarts de valeur  et de l’autre un capitalisme rhénan, de production, de fabrication de richesses.

Ceux qui écrivent contre les banques euros, ceux qui tirent dessus pour les affaiblir sont, sans le savoir au service des anglo-saxons, au service de la monnaie inflationniste, au service de l’hegemon de la finance et au service de ….

La position Allemande bloque les évolutions que souhaiteraient les anglo saxons vers une monnaie totalement serve, instrumentalisée qui n’a de valeur que par le rapport entre l’offre et la demande de monnaie, et surtout sans concurrence, sans référence , le vrai cours forcé obligatoire.

Nous devons défendre nos banques et non pas les attaquer, elles font partie de nos libertés. Défendre nos banques, fait partie d’un programme de défense de norte indépendance et de notre liberté.

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