Le MSCI au plus haut en un an après les indicateurs chinois
Les chiffres de l’inflation chinoise incitent les marchés à l’optimisme mais les régulateurs restent sur leur garde.
Hier, les marchés asiatiques ont clôturé généralement en hausse suite à l’annonce de la progression des prix en Chine sur le mois de juillet. L’indice des marchés asiatiques MSCI a fini à son plus haut depuis un an, 137.52. Le Topix japonais a monté de 0.9%. L’indice de Shanghai a gagné à 0.72%. Le Hang Seng de Hong Kong était en hausse de 0.03. Du côté indien, le Nifty a fini en recul de 0.38% après la décision de la banque centrale indienne de ne pas baisser ses taux suite à des pressions inflationnistes.
L’annonce de la progression des prix chinois par le bureau national des statistiques (NBS) a été reçue comme positive tant au niveau de l’indice des prix à la consommation qu’au niveau des prix des producteurs. L’indice des consommateurs, le CPI, a progressé de 1.8% en juillet contre 1.9% en juin, en ligne avec les attentes des économistes. Le PPI, l’indice des producteurs, est paru a -1.7% contre -2.6 le mois précèdent. Il a battu le consensus de -2%.
La progression du CPI chinois est décevante pour les banquiers centraux dont l’objectif actuel est de 3%, mais pour les marchés, c’est un signe positif. Il signale que la PBOC garde une bonne marge de manœuvre pour continuer à stimuler l’économie. Ce chiffre parait d’ailleurs un jour après des commentaires de la banque centrale suggérant qu’elle se sentait prête à mettre en œuvre des outils de stimulus monétaire plus innovateurs.
Ses politiques traditionnelles, telles que la baisse des taux d’intérêt et la baisse des ratios de réserve des banques n’ont pas été fructueuses: l’investissement en capital et la croissance continuent de faiblir. La peur est que les entreprises soient tombées dans une «liquidity trap» où les entreprises ne réagissent plus à la baisse des taux. Un renforcement de ces outils traditionnels risquerait alors de rendre le système financier instable et d’entrainer des attentes à la baisse sur le yuan sans grand bénéfice. La PBOC pourrait donc se tourner vers ses organismes de provision de liquidités tels que le Medium-term Lending Facility et le Standing Lending Facility. Ces deux outils non-conventionnels permettent à la banque de mieux cibler ses efforts.
Par rapport au PPI, le résultat, bien que toujours déflationniste, suggère une stabilisation des prix pour les producteurs chinois. Cette baisse des prix avait atteint les -6% au deuxième semestre de 2015. Une telle déflation pèse sur les marges de profit des producteurs, particulièrement en matière de biens en amont, mais met aussi en danger la croissance de la consommation chinoise, car les salaires sont affectés par les marges des entreprises.
La déflation chinoise provient surtout d’un effondrement de la valeur des commodités. Apres des années d’investissement pour augmenter sa capacité de production, la Chine souffre d’un excès de capacité chronique dans des domaines tels que l’acier, le charbon, le ciment, ou le verre. Le ralentissement depuis deux ans de la demande globale, confirmé encore une fois par la baisse de 4.4% des exportations en juillet, a exacerbé ce problème. La baisse des revenus des entreprises chinoises ne les incite pas à construire de nouveaux bâtiments, de nouvelles usines. Le ralentissement de la baisse des prix en juillet provient en grande partie d’un rebondissement des prix des métaux. En particulier de l’acier. C’est encourageant, mais c’est aussi incertain, car ces prix pourraient ne pas durer. Il serait bien meilleur pour la santé de l’économie chinoise que ces entreprises se concentrent sur la réduction de leur surcapacité. Elles ne font pas de progrès sur ce front mais il faudra qu’elles en fassent. Sinon, en l’absence de reprise de la demande extérieure, le projet de transition de l’économie chinoise vers un modèle basé sur la consommation sera mis à mal. La consommation des ménages chinois n’est pas assez forte pour entrainer l’économie dans un cercle vertueux de hausse des salaires. Pas encore, en tout cas.