La semaine écoulée a été marquée par le grand retour sur la scène financière de la comédie des taux de la Fed. Comme au théatre de guignols, on s’est agité sur la scène; les uns pour brandir la matraque , les autres pour l’écarter. Frappera, frappera pas? Nous ne pensons plus qu’il s’agit d’habilité de type soviétique destinée à nous faire croire au jeu des faucons et des colombes, ou du bon flic/ mauvais flic. Nous croyons que l’incertitude est réelle, et qu’elle traduit non pas la volonté de manipuler les marchés, mais le vrai dilemme devant lequel se trouvent les autorités régulatrices américaines. Ce dilemme, c’est en un mot, celui du réél ou des apparences. Faut il croire le corpus d’indicateurs politiquement corrects que l’on a peu à peu imposé ou bien faut il revenir au réel, à la Sphère Economique; faut il croire les marchés, discours sur le réel qui dit tout va bien ou bien faut il croire la stagnation de la production, l’érosion des profits, le marasme des dépenses d’équipement, l’évolution détestable de la productivité, l’incapacité à produire plus de revenus salariaux etc? Faut il croire aux artifacts que l’on a soi même produits ou faut il les abandonner et revenir à l’esprit critique, à l’attitude scientifique objective?
La période est favorable pour tenter une nième normalisation, la conjoncture du troisième trimestre va s’accélérant, on donne 3% de croissance, le consommateur accepte de s’endetter, le plein emploi officiel est là, etc etc. L’environnement extérieur est calme, malgré les mouvements tectoniques sous jacents; le risk est soutenu, voire recherché, les marchés financiers ont une bonne marge de sécurité, avec un S&P 500 autour des 2200, ils peuvent baisser de 15% sans créer de déséquilibres majeurs. Il y a comme l’on dit une fenêtre, une lucarne. Certains imaginent qu’il faut en profiter rapidement dès septembre, d’autres plaident pour décembre.
Tout cela occupe les marchés, les opérateurs et bien sur, agit comme le chiffon rouge que l’on met devant le nez du taureau afin de le faire foncer vers la mort. Ou présenté autrement, tout cela paralyse l’intelligence, l’esprit critique et entretient ce qui est mainteant le mode de conduite des hommes , des citoyens et agents économiques, tout cela entretient la myopie qui fait voir les arbres et cache la forêt.
La forêt , certains la voient. Ainsi Lord Rothschild, Chairman de Rothschild Investment Trust, nous dit en substance : “nous sommes dans une situation historique , une situation d’ expérimentation monétaire, nous sommes en terrain inexploré, nous ne savons pas ou nous allons. Nous ne maitrisons pas les conséquecnes non voulues des politiques suivies.”
Et les Maîtres, aveugles, prétendent non seulement continuer à nous piloter à vue, mais en plus à nous engager encore plus dans les ténèbres de la stagnation… acceptée. Le débat sur la stagnation acceptée ne se donne pas pour tel, il prend la forme technique, mensongère et idéologique du débat sur les taux d’intérêt. C’est bien mieux comme cela. Les taux, c’est Eleusis: c’est le grand mystère, le grand rideau de fumée, que seuls les grands prêtres peuvent déchifrer, décoder, interprêter. Le débat sur les taux c’est le débat sur la croissance ou la stagnation. C’est le débat sur la poursuite des politiques malthusiennes imposées par les usuriers et leurs complices surendettés, c’est le débat sur les grands, les colossaux transferts de richesses que réalise d’abord la déflation et que réalisera ensuite l’accélération de l’inflation quand elle sera enfin là.
Le débat sur le taux d’intérêt neutre qui serait séculairement près de zéro, ce débat qui refait surface est une escroquerie intellectuelle, un détournement malhonnête, il n’existe pas plus de taux d’intérêt naturel que de taux d’intérêt neutre ou de beurre en branche ; le taux d’intérêt est une production humaine , il ne tombe pas du ciel ou des écritures de Summers ou Bernanke: il traduit des volontés, des luttes, des rapports de forces. Il n’est pas donné, il traduit un état de l’économie, un état des forces sociales, un état de développement du système et finalement un état géopolitique caractérisé par l’impérialisme qui permet d’exploiter les ressources soit des producteurs de pétrole, soit des Chinois, sans que leur peuples consomment le produit de leur richesses. Le monde se caractérise par l’échange, certes, mais une partie du produit des échanges est neutralisée, retirée du circuit économique.
Ces pays excédentaires épargnent et accumulent et pour éviter que cette accumulation ne fasse peser un fardeau trop lourd sur les anglo- saxons et tous les pays déficitaires, « on » met les taux à zéro. Le « on » c’est la grosse main invisible des 12 PHD qui gouvernent le monde.
Les taux nuls empêchent l’accumulation du fardeau des dettes . Empêchent la boule de neige de rouler et de grossir. Le but , la fonction des taux zéro, ou négatifs, c’est d’empêcher l’accumulation dans un mond déja dominé par la suraccumulation. Les taux négatifs euthanasient, biodégradent, les dettes doucement, en attendant l’inflation chérie et souhaitée qui, elle, les détruira en accéléré. . Point à la ligne.
Le fameux « savings glut » n’est rien d’autre que l’expression du fait que nous achetons des biens et services à certains blocs, à certains pays, et que les populations n’en voient pas la couleur, car les dirigeants de ces pays les exploitent, ils confisquent le surproduit, ils font en sorte que la population ne puisse accéder à une consommation équivalente à la notre. En passant on comprend l’enjeu des luttes dans ces ensembles pour maintenir la population en état de barbarie, de régression, d’obscurantisme!
Les dirigeants de ces pays se comportent de cette façon car ils veulent conserver le pouvoir, empêcher la progression trop rapide des classes moyennes, lesquelles s’éveilleraient à la conscience politique et exigeraient une révolution, de type démocratique ou autre.
Les taux bas, nuls ou négatifs expriment la situation géopolitique dans laquelle certains produisent des richesses- travail et ressources naturelles- mais n’en touchent pas les fruits car ces richesses sont confisquées par une classe dirigeante (tyrans pétroliers et nomenklatura chinoise) qui objectivement est complice des impérialistes. Cette classe au lieu d’exiger une rémunération correcte de l’épargne, des réserves, de leur pays, accepte que cette rémunération soit spoliatoire car en contrepartie, ils bénéficient de la stabilité. Nous sommes dans un système qui vulgairement se pointe comme celui du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».
Le monde est fondé sur le fait que les uns comme les occidentaux déficitaires sur-consomment pour maintenir l’ordre social et politique favorable aux ploutocrates, tandis que les autres sous-consomment pour maintenir l’ordre politique et social favorable aux tyrans et nomenklaturistes.
Deux logiques qui sont antagoniques, en compétition, mais qui sont complémentaires en cette période historique . Les taux d’interêt bas, zéro ou négatifs ont à voir avec le développement inégal global et l’état historique actuel du monde. Nul mystère là dessous, nul magie séculaire à la Summers ou Yellen ou autre !
La logique historique crée des convergences étonnantes car les ploutocrates de nos pays dans leur désir de se sauver sont obligés de « tuer » les classes moyennes, les retraites et donc les bases du système politique et social , ils scient la branche politique sur laquelle ils sont assis! Témoins: les dislocations en cours, les Trump, la contestation du bipartisme et autres. Tandis que les autres en face, Nomenklaturistes et tyrans sont obligés progressivement de soutenir leur emploi et leur croissance par plus de consommation intérieure, par une élévation du niveau de vie des classes moyennes, par l’éducation, progrès qui peu à peu vont signer leur renversement politique!