La guerre sous une autre forme : le pillage des secrets militaires français

Le constructeur naval français DCNS a déclaré mercredi qu’il ne pouvait pas exclure que la fuite massive de données concernant des sous-marins conçus pour l’Inde soit partie prenante d’une « guerre économique » dans un contexte ultra-concurrentiel.

La fuite, qui a été révélée par le journal The Australian de mercredi, concernerait plus de 22.000 pages de documents qui expliquent les capacités secrètes de combat de six sous-marins que DCNS a conçus pour la marine indienne.

DCNS, qui a récemment décroché de haute lutte un méga-contrat pour la prochaine génération de sous-marins australiens, attend les résultats d’une enquête lancée par les autorités françaises afin de déterminer l’authenticité des documents et leur nature exacte.

« Nous, nous ne pouvons pas nous avancer sur des allégations qui sont faites. C’est pour cela que nous demandons aux autorités de faire une enquête », a expliqué à Reuters une porte-parole de DCNS.

« La concurrence est de plus en plus dure et toutes les pratiques peuvent aussi avoir lieu dans ce contexte-là », a-t-elle ajouté.

« Il y a l’Inde, l’Australie, il y a d’autres prospects, d’autres pays qui pourraient aussi émettre légitimement des interrogations sur DCNS. Cela fait partie des outils de la guerre économique. »

L’Australie a annoncé fin avril démarrer des négociations exclusives avec DCNS pour la construction et la maintenance en Australie de 12 sous-marins, pour un montant total 50 milliards de dollars australiens (34 milliards d’euros).

Le français a été préféré à l’allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) et à un consortium japonais formé par l’Etat, Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries.

 

« On a encore plusieurs mois de négociations avec l’Australie », a indiqué la porte-parole de DCNS, en précisant que le modèle de sous-marins qui doit équiper la marine australienne est différent des sous-marins indiens.

DCNS a également pour clients la Malaisie, le Brésil, le Chili ou encore l’Egypte.

« Les plus hautes autorités se sont saisies de l’affaire », a précisé la porte-parole, ajoutant que l’enquête devait déterminer si des documents à caractère confidentiels étaient concernés.

Elle n’a pas souhaité commenter les informations de la presse australienne évoquant la possible implication d’un ancien officier de la marine française, sous-traitant de DCNS.

Le ministère français de la Défense n’a pas souhaité faire de commentaire.

Thales, actionnaire de DCNS à hauteur de 35%, n’a pas non plus souhaité s’exprimer.

En fin de matinée, l’action de l’équipementier français pour l’aérospatiale, la défense et la sécurité reculait de 1,11% à 80,46 euros à la Bourse de Paris alors que l’indice SBF 120 avançait de 0,41%.

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