La justice française a condamné vendredi en appel l’ancien trader Jérôme Kerviel à verser un million d’euros de dommages et intérêts à la banque Société générale, et non plus 4,9 milliards comme jugé en première instance.
La cour n’a pas suivi les conclusions de l’avocat général qui avait recommandé, le 17 juin dernier, de rejeter intégralement la demande de compensation de la banque, mettant en avant ses défauts de contrôle dans cette affaire. Cette décision est susceptible d’un pourvoi en cassation, ce qui relancerait une nouvelle fois un dossier vieux de six ans.
La cour d’appel de Versailles près de Paris a déclaré Jérôme Kerviel partiellement responsable du préjudice subi par son ancien employeur, tout en évoquant des carences dans l’organisation et les dispositifs de contrôle et de sécurité de la banque, qui ont, pour elle, concouru à la production du dommage, limitant le droit à indemnisation de la Société Générale.
L’ex-opérateur de marché, 39 ans, avait déjà été définitivement condamné au pénal à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour des manoeuvres boursières frauduleuses ayant abouti, en 2008, à 4,9 milliards de pertes pour la banque.
La justice avance et le combat continue car j’estime encore ne rien devoir à la Société générale, a réagi Jérôme Kerviel, qui réclame un procès en révision dans l’espoir d’être totalement blanchi.
La Société générale s’est quant à elle félicitée vendredi d’une décision tout à fait satisfaisante, par le biais de son avocat Me Jean Veil.
Escroc pour les uns, bouc-émissaire pour d’autres, l’ancien trader a toujours affirmé que la Société Générale connaissait ses paris risqués sur les marchés. La banque a toujours estimé qu’il était le seul responsable.