La Fed a -t-elle exorcisé la malédiction?

La normalisation de la politique monétaire de la Fed a buté  sur la dégradation des conditions financières mondiales.

On l’a vu très clairement en aout 2015, puis en fin 2015/ début 2016. Dans les deux cas les conditions financières globales se sont resserrées au point de nécessiter en février une sorte d ‘accord de Shanghai.

Cet a ccord a donné naissance à la dernière vague de hausse des marchés financiers, à la reprise des matières premières et bien sur au redressement du pétrole.

L’idée des accords ou du consensus de Shanghai etait et reste encore de lutter contre les mouvements indésirables sur les changes comme ceux du Yuan et ceux du dollar.

Ces mouvements sur les changes sont la conséquences   de la normalisation  monétaire sous ses trois  formes: mouvements des flux de capitaux,  hausse des taux et hausse du dollar.

La stabilité des changes est nécessaire  afin de de ne pas étrangler les débiteurs en dollars singulièrement, le système bancaire mondial qui se finance en dollars. La non -hausse du dollar est nécessaire pour préserver  les marchés de la dette, pour ne pas asphyxier les marchés de matières premières, bref pour ne pas refaire ce qui a été raté en 2015: crever la bulle.

On peut considérer que les accords de Shanghai ont bien fonctionné puisque tout en promettant sans arrêt la normalisation,  les autorités américaines ont reussi à éviter une perturbation des marchés, elles ont bien géré les anticipations.  Elles ont préservé l’appétit pour le risque, ce qui est la condition du maintien des liquidités et de la stabilité globale.Il y a une tendance lourde au deleveraging, à l’allègement des bilans bancaires, mais pas de choc à ce stade. Les marchés monétaires sont tendus , le « dollar funding » aussi, mais cela tient.

Les spreads sont à nouveaux larges et dilatés, les marches de matières premières stabilisés, les marchés de la dette émergente sont fluides, le Yuuan ne craque pas et reste sous controle.  Et surtout, symbole, les marchés d’actions de ces pays vulnérables ont pris une certaine avance, une marge confortable de valorisation. Leurs économies se stabilisent voire tentent de se redresser. Pour résumer nous dirions que l’on a reconstitué une marge de sécurité.

De tout ceci témoigne la performance, depuis fevier dernier, des indices boursiers des émergents et celles des ETF correspondants.

 

La question de l’habilité de la Fed et de l’efficacité des accords de Shanghai reste cependant en suspens pour trois  raisons:

-ce n’est pas même chose que de gérer les anticipations et de gérer les mouvements réels, pour l’instant rien n’a été fait et le choc est resté imaginaire, il n’a pas été concrétisé par une vraie décision effective de la Fed de monter les taux.

-la conjoncture mondiale se caractérise à nouveau par un ralentissement de l’économie américaine, ce qui facilite la tache de la Fed, elle nie le ralentissement , mais elle en profite car c’est lui qui réduit l’appétit pour le dollar. En fait la Fed nie ce dont elle profite!

-Le découplage des conjonctures et des politiques monétaires globales, la désynchronisation  permettent d’alimenter le système global en liquidités par les pompes monétaires que constituent la BCE, la BOE, la BOJ; c’est le découplage qui limite la tendance des liquidités à se tarir . Le monde global continue d’être noyé sous 2 trillions de liquidités nouvelles par an.

Tout cela ne signifie pas que la Fed a réussi, mais force à reconnaitre que pour le moment tout se passe comme si …c’était le cas.

Hier quasi nouveau record sur le Nasdaq, symbole phare de l’appétit pour le risque 

 

 

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