Le grand piège de l’emploi « bidon » américain

On s’achemine vers une hausse des taux directeurs mondiaux, les taux américains.

La probabilité de hausse avant fin 2016 ressort à près de 70% et les minutes du dernier FOMC confirment qu’l’on est près du consensus pour les monter.

La hausse des taux fait problème dans ses fondements et dans  ses justifications. Yellen a toujours prétendu qu’elle serait « data dependant », elle dépendrait des statistiques économiques, or les statistiques ne disent abolument pas qu’il faudrait monter les taux, presque le contraire!

Ainsi se trouve exposée la manoeuvre de Yellen qui est ce que nous avons déjà appelé, « une construction parallèle » comme le font les procureurs Américains; faute de pouvoir donner une preuve et une vraie explication aux actes, on monte une construction, dite parallèle qui elle est acceptable et ainsi on trompe le public, le jury.

Les taux doivent monter pour d’autres raisons que les « datas », d’autres raisons que la conjoncture et que les risques de surchauffe dans 18 mois!

Les conditions du marché du travail , modèle conçu par la Fed elle même se dégradent, elles ne s’améliorent pas. Cet index est très bon, efficace et il dit que le marché du travail est en train de perdre son allant. En fait les conditions flêchissent depuis le début 2013. Comme beaucoup d’autres indicateurs US d’ailleurs.

La récente hausse des salaires constatée dans les indicateurs ne concerne que la construction ou il y a un début de pénurie, ou plus exactement un resserrement. Lequel se corrige de lui même, déjà.

La dégradation du  LMCI

Labor Market Conditions Index

 

La réalité de la situation commence à être perçue plus clairement: il n’y a jamais eu de reprise sauf celle du tout début jusqu’à la Noel  2012, et malgré les QE, les stimulations, malgré les promesses, la conjoncture n’est jamais repartie. Le cycle ne s’est jamais ré-enclenché. Ce qui a été nié par les autorités qui systématiquement face aux déceptions, ont prétendu qu’elles avaient une origine exogène, qu’elles étaient temporaires comme « trop chaud », « trop froid », le « supersorm Sandy », les massacres, les élections  etc et autres balivernes.

Les autorités ont tout fait pour dissimuler le fait que de reprise normale, il n’y avait pas. Jamais le cycle n’a été auto-entretenu, jamais il ne s’est remis en marche. Jamais les comportements économiques ne sont redevenus « normaux », et pas seulement en matière d’investissement productif.
Ce qui explique d’ailleurs les inventions de la propagande, comme le nouveau mythe de la croissance ralentie à long terme,  de la stagnation séculaire et autres billevesées. Depuis 2012, on enchaine à la fois les déceptions et les mensonges.
Les   QE et trois années de ZIRP n’ont rien changé !  La faiblesse, l’anomalie, l’atypique  sont  la réalité et l’explication par le  « temporaire » est une mystification. Mais « l’économie idéologique », celle des soit disants orthodoxes, a la vie dure car ils sont alliés des gouvernements et ont un intérêt commun aux mensonges.
Avec la répétition des déceptions on même cessé d’entretenir l’espoir, le fameux « le bonheur c’est toujours pour demain » et on construit l’inverse:  la résignation. »Ils » croient que c’est un bon moyen de désamorcer les colères.
Reconnaitre les déceptions, admettre la résignation c’est équivalent à reconnaitre l’échec des politiques monétaires et surtout celui des conceptions économiques qui les inspirent et les justifient. Mais on biaise avec la complicité des médias qui se gardent bien de poser les bonnes questions. Même après Jackson Hole en Aout, alors que Yellen a quasi admis l’échec et préparé les esprits à une « perpétualisation » des politiques non conventionnelles, les commentateurs  n’ont pas sauté le pas. Ils n’ont pas saisi la rupture, le tournant: l’admission de l’échec.
C’est à peine si ils font le rapprochement avec les nouvelles campagnes en faveur de stimulations keynésiennes par les grands travaux et la dépense publique! Encore maintenant, alors que la BOJ clame clairement l’échec et veut tenter autre chose, alors que la BCE est réticente à continuer ses programmes en cours, il ne se trouve personne pour oser , dans les médias MSM, dire haut et fort: nous nous sommes fourvoyés, nous avons échoué. Le pseudo money-printing cela ne marche pas, les  digits ne créent pas de vraie masse monétaire et pas de vrai pouvoir d’achat. La vitesse de circulation chute au fur et à mesure que l’on truque les livres de comptes. On ne peut le dire car si on le disait , alors la confiance s’effondrerait et la lévitation que l’on a entretenue  par le pseudo monétaire , cette lévitation cesserait et tout tomberait comme une masse. Il faut entretenir le « charme », l’imaginaire. Nous sommes au coeur du problème à savoir: que le monde économique vit dans un « imaginaire » et qu’il ne veut et ne peut plus en sortir. Il faut supposer coûte que coûte que tout est linéaire, que l’on peut extrapoler, que les lois de l’économie sont des lois objectives que l’on approche par les modèles marthématiques, que les autorités ont le le contrôle  de la situation  etc. Bref il faut tourner le dos, ne rien savoir de la révolution culturelle qui s’impose.
Regardez les importations en provenance de Chine, vous voyez la dégringolade sans appel , est ce que cela témoigne d’une économie forte, en reprise? Non bien sur cela temoigne d’autre chose: une descente aux enfers. La gloutonnerie des consommateurs américains n’a pas réapparu, malgré les coups de pieds aux fesses.

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La réalité est que tout le monde, du coté de l’establishment s’est laissé avoir par les chiffres officiels de l’emploi. Tout le monde les a cru et s’est trompé. C’est le cas typique de l’erreur économique méthodologique: on crée des outils on croit qu’ils sont bons, ils le sont pendant des décennies jusqu’à ce que l’on s’apercoive qu’ils sont mauvais qu’ils donnent une idée fausse.

L’emploi réel, celui qui compte pour une économie, c’est la machine à distribuer les revenus, pas les votes. il  n’est pas reparti il est « bidon », médiocre, mal payé, trop précaire, pas suffisant pour produire la masse de revenus nécessaire à la reprise de l’expansion. Ce ne sont pas les chiffres politiques du chômage et de l’emploi qu’il faut regarder, ce sont les revenus: seuls les revenus de ceux qui gagnent leur pain comptent et sont le moteur de la demande  et donc de l’économie. La machine à distribuer les revenus ne s’est jamais remise en route. Les revenus étant insuffisants, les ventes finales n’ont jamais repris leur tendance antérieure.

Il aurait fallu accorder plus d’importance :

-d’abord à la participation à la force de travail qui elle, disait déjà quasi tout

-ensuite au revenu net disponible gagné dans l’économie,

et là on aurait compris pourquoi il ne pouvait y avoir de vraie reprise .

Le taux de chomage en tant qu’indicateur politique a piègé les politiques et les économistes et les régulateurs.

Ils ont cru à leur propres artifacts.

 

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