Editorial. Les voleurs! Les violeurs! Notre thématique politique pour les présidentielles de 2017

Le véritable enjeu de toutes les confrontations politiques, c’est l’attitude face à la globalisation, c’est à dire la position du curseur sur l’axe qui relie le globalisme au nationalisme, en tant qu’idéologies.

Nous avons déja utilisé cette image du curseur lors de nos analyses sur le socialisme. Nous avons expliqué que nous sommes à la fois des individus et en même temps des êtres sociaux. Et que notre position personnelle, celle qui anime tous nos textes est une position individualiste, libertaire. Car nous considérons que le curseur, sur l’axe individualisme-socialisme, a été placé trop près du socialisme et donc trop loin de l’individualisme. Le sens d’une vie avons nous posé est de devenir soi même, d’advenir et pour ce faire, il faut se libérer des chaînes de la société tout en vivant en elle. Sous une fausse apparence de règne de l’individualisme nos systèmes instaurent le règne du Même, le grand Même universaliste  qui déclare nulles et non avenues les différences.

Ceci est une parenthèse pour montrer que les choses ne sont pas en blanc ou noir, binaires, elles sont en grisé plus ou moins foncé et en outre évolutives, en mouvement, en rapport dialectique. C’est une forme de pensée , une structure de raisonnement.

Nous répétons que depuis le vote Brexit, et le vote pour la Présidence américaine, cette problématique « globalisme vs nationalisme »,  ne peut plus être écartée, elle apparait trop clairement pour être ignorée, elle remplace l’ancienne, celle de nos partitions politiques en droite ou gauche.

Il n’y a pas de différence entre cette problématique posée au niveau global ou mondial et celle problématique posée au simple niveau européen car en fait l’européisation se fait sous contrainte mondialiste et selon un ordre qui prépare au mondialisme. Il y a isomorphisme. Lutter contre la forme présente de l’européisation et la forme présente du mondialisme, c’est le même comnbat, simplement appliqué à des niveaux différents mais organiquement liées. Nous suggérons même que l’européisme sert de masque, de cache sexe au globalisme.

Celui qui gagnera les élections en France en 2017 sera celui qui, soit aura le mieux compris cette problématique et ce sera notre Trump, soit celui qui l’aura le mieux escamotée et ce sera notre Clinton. Nous employons « gagner les élections » non pas au sens de remporter, mais au sens de gagner positivement, c’est à dire en incluant du qualitatif, l’idée de gagner vraiment, pas par défaut, pas faute de mieux.

Rien n’est joué, une opinion publique éclairée, une mise en forme pertinente du champ électoral est encore possible d’ici le printemps, à condition qu’elle soit intelligente, claire, lucide. A condition qu’elle prenne appui sur des courants porteurs. Celui qui gagnera, dans le sens de l’histoire, sera celui ou celle qui aura vu, lu  la vague, la grande vague que nous essayons de caractériser et qui aura été capable de surfer dessus, de se faire porter par elle jusqu’à la plage.

Disons le tout net la vague qui a porté le Front National jusqu’en 2015 est déjà retombée: le thème européen ou anti-européen n’est plus porteur en tant que tel depuis la fin de l’austérité et la remise en selle artificielle des pays périphériques et de la France  par la BCE. La crise intra européenne n’est plus porteuse, elle a muté.

La question migratoire l’a en partie remplacée, mais elle n’est pas porteuse politiquement, présidentiellement car elle est  trop sulfureuse et marginalisante, trop clivante .  Elle ne fait pas une majorité.

La stratégie du Front National est limitée, elle consiste à tenter de consolider les acquis tout en espérant « élargir » par un travail sur son image. C’est à l’évidence insuffisant. Le travail sur l’image est nécessaire, mais pas suffisant, il ne  permet pas de faire l’impasse sur l’essentiel: dégager une thématique porteuse que l’on peut décliner sous différentes formes dans une campagne. Pour se relancer,  il faut que le Front National  se remette en question, à toute vitesse, qu’il ait dans son entourage un spécialiste  des courants sociaux, un excellent panelliste/ sondeur et bien sur un entourage au bon niveau.Il faut prendre la globalisation sous toutes les formes ou elle apparait :

-productrice de chômage

-créatrice d’insécurité économique

-destructrice de rang et de statut

-appauvrissante, régressive du niveau de vie

-inégalitaire, humiliante , asservissante

-liberticide,  angoissante, terrorisante

-destructrice des liens et communautés  sociaux, familiaux et locaux

La globalisation ne produit pas la sécurité géopolitique, au contraire elle monte les peuples les uns contre les autres.

Elle ne produit pas l’harmonie sociale et civile, elle est inegalitaire, clivante.  Elle creuse  les fossés.

Elle ne produit pas la prospérité. Comme l’a si bien dit Bannon le conseiller de Trump: « les classes sociales dominantes ont mené une politique économique qui a  détruit les classes moyennes en Amérique pour créer  des classes moyennes ailleurs dans les pays qui n’en avaient pas,  les pays émergents ».

Il faut qu’un parti politique soit capable de montrer que la globalisation et le globalisme sont des vols, des escroqueries et des viols.

La globalisation, pour les peuples est un marché de dupes. Ils ont toutes les souffrances, tout le négatif et ce sont les autres, les dominants qui empochent, qui confisquent les gains, le positif, la plus value! Ah les braves gens! Et en plus ils nous insultent, ils nous rabaissent!

L’ouverture mondiale est sensée faire baisser les prix par la concurrence et l’arbitrage international du travail, or les dominants s’opposent aux baisses de prix, ils veulent une inflation d’au moins 2%. Normal il faut qu’ils complètent les profits qu’ils font grace à  la possession des biens réels,  par la dévalorisation des dettes qu’ils contractent pour les financer!

La modernisation sous contrainte internationale produit de la productivité, ou plutôt une obligation de productivité, il faut produire « plus » avec « moins » de personnel, licencier, déplacer, insécuriser. La contrepartie  de cette productivite c’est que les prix doivent, devraient  baisser ou les salaires augmenter, tout doit devenir plus accessible, le pouvoir d’achat de la monnaie doit se bonifier. Et que font ils, ils dévaluent sans arrêt, l’euro vient d’être dévalué, amputé  de 25%, il est passé de 1,35 / 1,40 contre dollar à 1,05!

Il fallait s’équiper pour l’avenir, anticiper, investir, moderniser , monter dans l’échelle de la technologie et du savoir, donc l’épargne devait être recompensée, plus que jamais car de plus en plus utile. Ils ont remplacé l’épargne par le crédit, par la création monétaire bancaire non contrôlée, sans limite, par leur crédit, par le crédit de leurs banques. Le crédit a rendu l’épargne inutile, il lui a fait concurrence et maintenant elle est spoliée, laminée, elle n’est plus respectée, plus crainte!  Le pire est que l’épargne reste encore sollicitée par la privatisation des gains et la socialisation des pertes,  pour payer les erreurs du crédit, pour soutenir et prolonger les idioties des banques! On se passe de l’épargne,  et avec elle on se passe  des classes moyennes, de ces gens  qui sont le vrai réservoir non seulement des forces économiques, aussi de la démocratie.

Cette esquisse est déja révélatrice, révélatrice du travail à accomplir.

C’est dire, si tout en posant ces jalons nous sommes pessimistes. Nous plaçons la barre trop haut pour la compétence du monde politique français , sauf pour Macron . Mais Macron est l’incarnation intelligente l’adversaire à battre pour les combattants anti-globalistes , ou plutôt pour les combattants en faveur d’une position différente du curseur et d’une révision fondamentale de la globalisation. Macron est tellement au bon niveau que nous serions tenté de nous rallier.. par dépit.

Nous soutenons que le Front National sous sa forme actuelle est sur une vague qui se meurt, s’épuise: malgré tous ses sacrifices, en particulier le sacrifice  de son fondateur que l’on a jeté en pature, le Front  ne dépasse pas les 30% et surtout il ne  parvient plus à élargir son influence alors que ses reniements ne réussissent  toujours pas à en faire une formation politique de gouvernement, une formation avec laquelle on peut ou veut faire des alliances. Le Front, sauf dans son rôle tribunitien, rôle de défouloir, rôle de témoignage reste une impasse. Pour re-progresser le Front doit faire émerger les courants encore naissants , cachés , balbutiants qui traversent la societé franaçaise. Il doit être « en avant ».

Cela ne suffit pas ou plus de « dire tout haut ce que les gens pensent tout bas », il faut aller plus loin, avoir une fonction d’accouchement, précéder un peu le peuple, pas seulement le suivre;  il faut  dire ce qui n’est pas dit. Faire émerger à la conscience politique, ce qui est à l’état d’esquisse intuitive. Cela signifie qu’il faut se mettre au travail.

En Prime: le vol en action

Les dominants, les banquiers centraux, les gouvernements ont supprimé la rémunération de l’épargne, celle des livrets, celle des caisse d’épargne, des fonds de trésorerie  etc

Ils vous ont aussi forcés à faire des placements risqués, les guichets des banques vous ont orienté vers les obligations et fonds d’état en tout connaissance de cause, tout le monde savait que sitot que les taux allaient remonter vous alliez être spoliés.

Le maigre rendement que vous avez eu est engouffré par les pertes en capital. C’est une spoliation délibérée que nous avons dénoncé sans relache depuis le début de la crise: ils ont mis en place un entonnoir pour se goinfrer de vos économies et faire passer votre argent de votre poche dans la  leur .

Même si vous n’avez pas d’économies vous êtes concenrés car  ce sont vos caisses de retraites qui ont souscrit pour vous! Cette spoliation ampute vos retraites.

Et ce n’est pas la faute de Trump, non tout cela a commencé dès cet été.

2 réflexions sur “Editorial. Les voleurs! Les violeurs! Notre thématique politique pour les présidentielles de 2017

  1. Merci pour votre stimulant éditorial. Je le trouve très attractif, et en tout cas au plus près des évolutions constatées au fil des derniers mois.

    Votre très pertinente réflexion me conduit personnellement à positionner deux axes d’orientation, plutôt que d’en privilégier un seul : d’une part, l’axe global/local et, d’autre part, l’axe individu/groupe. Nous pourrions aussi les dénommer l’axe globalisme/localisme et l’axe libéral/socialiste.
    En tout cas, chacun peut se positionner sur l’espace dessiné entre ces deux axes (l’un en ordonnées et l’autre en abscisses) et pourrait également positionner les partis et les hommes politiques connus.

    Au-delà de la dichotomie globalisme/nationalisme, elle-même, que vous exposez, deux observations me sont venues à l’esprit à propos des caractéristiques de la globalisation :

    1. Il me semble que sous le terme de globalisation vous n’envisagez que la forme prise au cours des dernières années. Est-ce la seule possible ? Pourrait-on concevoir une globalisation plus progressive qui ne se ferait pas sous ordonnancement hybride de type ultra-libéral et oligarchique, et qui respecterait, au moins à titre transitoire, les nations ? Et si oui, cette forme de globalisation pourrait-elle être caractérisée dans les mêmes termes que ceux que vous déclinez ? Si les conséquences n’étaient pas entièrement identiques, on ne pourrait pas parler simplement des conséquences pernicieuses de la globalisation, mais de la perniciosité de la globalisation ultra-libérale (où l’on retrouve les deux axes).

    2. Plus spécifiquement, vous reconnaissez, en citant M. Bannon, que la globalisation n’est pas néfaste pour tous les peuples (cf. l’émergence de classes moyennes dans les pays émergents). Alors, les globalistes ne pourraient-ils pas arguer que leur préoccupation prend en compte, plus largement que vous, l’intérêt du plus grand nombre, de l’humanité, de l’homme universel, alors que vous ne prenez en compte que l’intérêt de peuples particuliers, qui plus est antérieurement dominants ? En gros, musique bien connue, ils seraient plus humanistes, leurs motivations seraient plus belles que celles des localistes.

    Je suis bien d’accord qu’il s’agit de vols, d’escroqueries, de viols, mais d’abord et surtout pour les peuples américain et européens. Dès lors, peut-on affirmer que seuls les dominants du monde -l’oligarchie- en tirent avantage ?

    Je ne suis pas convaincu que si le FN substituait la lutte anti-globalisation à la lutte anti-UE (même si l’UE est bien dans une logique de globalisation totale), il parviendrait à réunir autour de lui une majorité de français à l’occasion de la prochaine présidentielle. Le problème qui se pose à lui reste tactique (poursuite de la dédiabolisation ou choix d’un discours de forme « Trumpiste », acceptation ou pas d’alliances et avec qui : le croisement des axes localiste et socialiste est-il politiquement jouable aujourd’hui en France ?), mais aussi culturel et donc idéologique : réussir à réhabiliter dans l’esprit des français le particulier incarné, l’héritage communautaire, la frontière, le bien commun, sans pour autant délaisser le sens de l’universel, l’homme responsable de lui-même, l’ouverture, l’intérêt individuel.

    Ceci étant, je partage votre point de vue exprimé dans d’autres circonstances que le FN ne travaille pas assez. Il reste dans la tradition d’un parti d’élus issus d’une élite républicaine, représentants du peuple supposé souverain, le jour des élections. Ce n’est pas parce qu’il dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas, qu’il est véritablement un parti populiste.

    Toujours et encore grand merci pour vos réflexions qui nous permettent de nous aguerrir chaque jour un peu plus.

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