Sans commentaires.
« EDF a peut-être intérêt à stopper pour un temps ses prévisions de résultats… Le conseil d’administration a une nouvelle fois révisé en baisse ses anticipations lors de la réunion tenue hier. Pas celles de 2016, qui sont confirmées, mais celles de 2017 cette fois. En Bourse, pas de miracle avec un titre qui s’effondre de 11%, de retour à moins de 10 euros…
Chez Bryan Garnier, l’analyste Xavier Caroen a placé sa valorisation sous revue. Avant l’ouverture, il expliquait s’attendre à une réaction franchement négative du titre aujourd’hui. Philippe Ourpatian, chez Natixis, a abaissé de 11 à 10,50 euros son objectif et n’est pas des plus optimiste : après avoir abaissé nettement ses anticipations, il trouve que la décote limitée à 6% sur les comparables est relativement faible au regard des risques et des perspectives.
La situation va se dégrader en 2017
Sur l’exercice en cours, l’EBITDA du groupe se situera bien entre 16 et 16,3 milliards d’euros, comme cela avait été annoncé dernièrement après deux avertissements. En revanche, la situation va se dégrader en 2017, ce qui n’est pas vraiment une surprise pour les analystes… Mais elle se dégradera de façon plus prononcée que prévu. L’EBITDA se situera dans les fourchette 13,7 à 14,3 MdsE, alors que le consensus est actuellement positionné à 15,8 MdsE. La faute aux prix en France et au Royaume-Uni et aux volumes ARENH souscrits pour 2017. Alors bien sûr, l’EBITDA 2018 « devrait être en croissance sensible », assure le management. Mais les investisseurs risquent de se montrer sceptiques après avoir avalé une nouvelle couleuvre. EDF s’en tient aussi à ses objectifs 2018, notamment l’atteinte d’un cash-flow positif après dividendes et hors éléments exceptionnels (Linky, nouveaux développements, cessions).
Par ailleurs, le conseil d’administration prévoit toujours de lancer une augmentation de capital de 4 Milliards d’euros d’ici la fin du premier trimestre 2017, si les conditions de marché le permettent. L’Etat va y participer à hauteur de 3 MdsE en tant qu’actionnaire principal. Il s’en tient également à son objectif de générer 1 MdE d’économies de coûts en année pleine en 2019 par rapport à 2015, à son plan d’amélioration du besoin en fonds de roulement d’1,8 MdE en cumulé sur la période 2015 à 2018 et à l’optimisation des investissements nets d’environ 2 MdsE en 2018 par rapport à 2015.
La vente de la moitié de RTE va rapporter plus de 4 MdsE
Enfin, le programme de cessions, dont l’objectif est de se séparer de 10 MdsE d’actifs d’ici 2020, est désormais réalisé à hauteur de 70% avec la vente de 49,9% du capital de RTE à la Caisse des Dépôts et à CNP Assurances. Le propriétaire du réseau haute et très haute tension français est valorisé 8,2 MdsE dans le cadre de cette opération, ce qui permettrait à EDF de récupérer 4,1 MdsE environ, plus un éventuel complément de prix de 100 ME. L’opération se fera via la création d’une coentreprise à créer. Dans un premier temps, EDF transfèrera, avant la fin de l`année, la totalité des titres de RTE à la nouvelle entité qui financera en partie l`opération par endettement externe. L’énergéticien cèdera ensuite à la Caisse des Dépôts et à CNP Assurances 49,9% du capital de cette coentreprise.
La réalisation de cette seconde étape est prévue pour le premier semestre de l`année 2017. La cession est une bonne nouvelle pour les finances d’EDF, qui a en revanche essuyé un revers en Pologne où le gouvernement a refusé que les actifs du groupe soient vendus à deux acquéreurs différents alors que des négociations exclusives étaient en cours. Varsovie cherche à faire réintroduire la production énergétique dans le giron public, par tous les moyens… »