N’oubliez jamais que les économistes sont tellement stupides qu’ils ne sont même pas capables de reconnaître une récession quand ils sont dedans! Ils sont incapables de prédire l’avenir mais en plus incapables comprendre le présent. Leurs outils et modèles ne sont pas des instruments scientifiques, ce sont des gadgets idéologiques destinés à étayer les narratives.
L’économie est une idéologie au service des banques, des gouvernements et des banques centrales dans le cadre du grand système: « le système monopolistique crony financialisé d’état et de banques centrales réunis« . Ouf!
Ce système fonctionne :
-avec un moteur, l’enrichissement par accumulation de capital financiarisé,
-avec une contrainte absolue qui est celle du profit et tout le reste en découle.
Actuellement l’accumulation financiarisée est en panne car :
-les marchés baissent ,
-la profitabilité du capital total s’érode
et donc les conditions de la croissance ne sont plus réunies.
Ce phénomène n’est pas perçu également par tous , sa prise de conscience est décalée, progressive ce qui explique que les indicateurs économiques soient erratiques, contradictoires: il y a des zones ou cela marche encore bien et des zones ou cela plonge deja.
Les autorités budget gouvernementales sont deja en train de laisser se recreuser les déficits, ils sont en hausse partout.
Les autorités monétaires envisageaient de resserrer et de retirer un peu de stimulation mais les dernières indications et la chute des marchés boursiers les fait réfléchir: elles se préparent plutôt a stopper la normalisation qu’à la poursuivre.
Avec la dégradation indicateurs économiques partout dans le monde, avec l’orientation très négative de l’économie chinoise, si rien n’est fait nous entrons en récession vers le second semestre 2019.
Mais rien n’est écrit.
Une poursuite de la baisse des bourses précipiterait cette récession compte tenu à la fois du rôle de l’effet de richesse et surtout du poids des crédits irrecouvrables.
La Bourse n’annonce pas les récessions, mais elle en rend la probabilité plus forte.
Bonjour Monsieur Bertez,
je vous lis depuis plus de 2 ans,
Marx avait déjà décrit les règles et fondements du capitalisme, malheureusement toujours d’actualité.
Votre force réside dans les explications sur le capital financiarisé , que je ne trouve pas ailleurs, du moins en français.
A ce jour vous êtes celui qui explique le mieux les rouages de l’économie
Merci pour ce travail
J’aimeJ’aime
« la profitabilité du capital total s’érode »
Sauf erreur ou lacune de ma part (je lis régulièrement vos articles mais pas la totalité) vous n’expliquez pas cette érosion, si ?
Est-ce un simple constat empirique de votre part ? ou bien avez vous analysez les causes structurelles de cette érosion ? (et dans ce cas, je n’ai pas du bien comprendre votre explication).
Pourriez vous développer ce point ?
J’ai ma propre explication à cette érosion, mais j’aimerais bien la confronter.
J’aimeJ’aime
Il faut tout lire et chaque jour.
j’ai expliqué ce point à plus de 30 reprises, maintenant il faudra attendre le prochain tour ou travailler soi même!
Une piste : la profitabilité du capital total est le ratio du profit d’un système sur la masse totale de capital qu’il doit remunérer y compris le capital inefficace, le capital mort, zombie, le capital fictif que constitue la bourse quand elle est bullaire , le capital de poids mort qui est la dette de l’état pour sa part non productive, y compris les droits acquis non justifiés par une utilité sociale …
Les politiques de QE et stimulation de production de dettes ont augmenté la contrainte de profit en inflatant le capital fictif.
Le calcul de la profitabilité du système est fait régulièrement par quelques auteurs et bien entendu je passe leurs tableaux quand ils sont actualisés.
L’auteur le plus celèbre est Guglielmo Carchedi .
J’aimeJ’aime
J’ai bien fait de poser la question.
J’ai trouvé ceci pour mieux comprendre (une petite robinsonade aide, je trouve) :
https://wikirouge.net/Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit
Mais il semble que tout le monde ne soit pas d’accord avec cette histoire de baisse tendancielle. C’est la première chose que je me suis dit « et l’innovation alors ? »
Il faut que je creuse plus cette question, centrale s’il en est pour comprendre l’économique (avec la création monétaire, je trouve).
J’aimeJ’aime
Il y a eu un collque de qualité en Grande Bretagne il y a qq mois sur cette question.
Les travaux convergent malgré les approches statistiques differentes .
Le progrès technique accroit la baisse de la profitabilité dès lors que l’on refuse la mort du capital ancien et la destruction schumpeterienne.
On laisse vivre les zombies par le biais de la politique monétaire et les taux quasi nuls.
L’OCDE et la BRI utilisent le concept de profitabilité sans le dire.
J’aimeJ’aime
« Le progrès technique accroit la baisse de la profitabilité dès lors que l’on refuse la mort du capital ancien et la destruction schumpeterienne. »
Ha ! mais c’est absolument fondamental comme « découverte » (je ne sais pas si c’est le bon mot).
J’avoue que je n’avais pas perçu la profondeur de vos articles jusque la. Ma notion de baisse de la profitabilité était trop vague. Il y a pire que l’ignorance : croire qu’on sait déjà.
Encore une fois, je suis bien content d’avoir posé la question. C’est une notion fondamentale et je vais méditer dessus quelques temps. J’ai besoin de me l’approprier.
J’aimeJ’aime
Ajout: ce concept rarement formulé aussi crument que par moi est commun aussi bien aux marxistes matérialistes qu’aux économistes autrichiens qui nient la « valeur travail » comme fondement de la Théorie de la Valeur!
J’aimeJ’aime
dans ce texte une lsite des auteurs qui ont travaillé ou qui travaillent encore sur le concept de tauxd epofitabilité
Dumenil and Levy find that “The profit rate in 2000 is still only half of its value in 1948. Finally, we
show that the decline of the productivity of capital was the main factor of the fall of the profit rate,
though the decline of the share of profits also contributed to this evolution.”10
But it may matter when it comes to applying Marx’s law to the causes of capitalist crisis. Most of
those who have provided measures of the rate of profit a la Marx, have found that the ROP peaked
in 1997 after the rise from the trough of 1982 and was not surpassed even in the boom of 2002‐07.
Simon Mohun spells out his thesis in a recent paper11 “that US capitalism is characterised by long
secular periods of falling profitability and long secular periods of rising profitability and crises are
associated with major turning points”. Mohun’s turning points seem to be a 1946 trough in
profitability, a 1965 peak, a 1982 trough and a 1997 peak – similar to mine
Li Minqi, Fenq Xiao and Andong Zu12 looked at the movement of the profit rate and related
variables in the UK, the US, Japan, and the Euro-zone.
According to them, since the mid19th
century there have been four long waves in the movement of the average profit
rate and rate of accumulation. They find a peak at 1997 in the ROP for the US.
David M Kotz13 uses an after‐tax rate of profit measure of the nonfinancial corporate business sector
as a percentage of net worth.
Kotz finds that the US ROP rose rapidly to 1997. Then it peaked and
fell sharply thereafter.
Anwar Shaikh14, using another measure of ROP as profits of enterprise, which excludes rent, interest
and taxes, finds that that the US ROP peaked in 1997.
George Economakis, Alexis Anastasiadis and Maria Markaki15 measure the Marxist rate of profit by
the net product less employee compensation divided by net fixed capital of US non‐financial
corporates, which is very close to my broader measure. They find that the ROP rose from 10.6% in
1946 to a peak of 19% in 1966, falling back to 9.6% in 1983 and then rising to a peak of 18.2 % in
1997 before dropping back again remaining under the peak of 1997 thereafter. They also find that
adding the financial sector into the equation makes no difference to the turning points or trend of the ROP.
And Erdogan Bakir and Al Campbell find that US after‐tax profit rate peaked in 1997 at about 7.5%
before falling back and the next peak in 2006 was still below that of 1997.16
All these studies not only confirm the secular decline in the US ROP since 1946 but also agree that
there was a cyclical movement in the ROP, with turning points of a peak in 1965‐6, a trough at 1982
and then a peak in 1997, not surpassed since.
But there are three recent measures that disagree with this. Guglielmo Carchedi shows that the US
ROP has a secular decline and has cyclical changes too17. But the ROP did not peak until 2006 and
the onset of the Great Recession.
But Carchedi looks only at the productive, goods producing sector. He wants to isolate the causal
effect of Marx’s TRPF law, where a rising OCC leads to a falling ROP unless counteracting influences
intervene. This works well to show the secular decline in ROP, but not for the cyclical movements of
the ROP.
Michel Husson18 finds that the US ROP did not peak in 1997 but went higher afterwards. He
correctly includes the unproductive sector and financial sector in his measurement of the ROP: “This
can be understood: the share of profit taken by the financial companies represents a growing
fraction of the profits realised by the private sector as a whole.” But Husson applies a very odd way
of measuring the US rate of profit. He uses the net operating surplus of the private sector and then
deducts rental income. If he added back rental income to the his measure of surplus value, then his
measure of ROP would have peaked in 1997 too.
Andrew Kliman19 has several measures of US ROP. He includes the financial sector in his measures.
But his favoured one of ‘property income’ measured against the historic cost of net fixed assets has
shown no cyclical turning points but just a ‘persistent’ fall in the ROP. Kliman argues that the rise in
ROP since 1982 as shown by others is because they measure the ROP against current costs and not
historic costs, as Marx would. But both Carchedi’s and my measure use historic costs and they both
still show a rise in ROP after 1982.
J’aimeJ’aime
Merci
J’aimeJ’aime
Je partage ce point de vue
J’aimeJ’aime