Billet, pourquoi Macron ne capitule pas.

Dès le lendemain de l’élection de Macron à la présidence nous avons insisté pour expliquer que son élection ne résolvait rien.

La détermination, voire le courage ne suffisent pas pour manoeuvrer un paquebot comme la France.

Les problèmes, longtemps reportés,  rencontrés par Chirac, Sarkozy ou Hollande n’étaient pas des problèmes circonstanciels, mais des problèmes de fonds touchant à la structure de la société française, sa culture, son passé .

Il y a bel et bien une spécificité française et elle est enracinée. Elle n’est pas superficielle, elle n’est pas redevable de traitements miracles ou incantatoires.  Le coq sur  le tas de fumier , pour moi symbolise cette spécificité française.

L’un des points les plus importants est l’absence de consensus sur le modèle de société, sur l’organisation de la vie républicaine et sur le modèle économique.

La France dans sa majorité rejette le modèle libéral , le modèle capitaliste et finalement tout modèle définissable . La France est marquée par des années de socialisme qui se prétendait révolutionnaire mais qui en  réalité était aligné sur les pays libéraux, les économies de marché et les critères  capitalistes. La France a vécu dans une sorte de socialisme nègre-blanc, d’opportunité et de reniement.

La capitulation de Mitterrand en 82 n’a rien clarifié.

La gestion de Chirac typiquement radicale socialiste c’est à dire ambiguë et trompeuse, cette gestion a ajouté à la confusion et elle a perpétué le mythe d’une originalité positive. Hélas ce mythe reposait sur le mensonge selon lequel tout est possible: on peut donner aux uns sans prendre aux autres grâce à la dette.

Sarkozy a lui également augmenté la dette par maladresse et incompétence, Hollande l’a augmenté par lâcheté.

Les zozos qui se sont succédé n’ont jamais compris que la libre circulation des capitaux, l’ouverture des frontières, l’arrimage à l’Allemagne, la financialisation, l’ouverture à la globalisation et la signature du Traité infâme de Paris allaient faire exploser le mythe de l’originalité française. Il est apparu dans sa nudité pour ce qu’il était,  un voile de spécificité bidon sur un énorme mensonge; quand on est confronté à l’ouverture, toutes les fausses valeurs se décapent, elles fondent et ce qui apparaît ce sont les vices, les malfaçons, les défauts du système.

On ne peut s’endetter à l’infini, empiler les déficits, faire tout et n’importe quoi et vouloir bénéficier d’une monnaie conçue pour d’autres plus rigoureux, voire orthodoxes, voire rétrogrades.

Tant que la France n’a pas eu à choisir le système a fonctionné, mais quand il a fallu choisir alors les antagonismes sont apparus.

Les prédécesseurs de Macron ont tenu, survécu sur un espoir idiot: on peut faire changer l’Allemagne, c’est à dire qu’au bout du compte elle finira par se rallier à la doctrine de l’inflationnisme, doctrine qui dit que tous les problèmes, tous peuvent être résolus par la création de monnaie. Vous savez ce fameux mot d’ordre: on va changer l’Europe, on veut une autre Europe!

Au pied du mur au moment de la chute sans gloire, honteuse presque, d’un  Hollande déconsidéré, la France a voté Macron.

On lui a fabriqué un produit de marketing, un produit de communication sur mesure avec une belle étiquette brillante sur le flacon, sans lui dire ce qu’il a avait vraiment dedans! Les Français ont voté sous l’effet de la séduction d’une part et du repoussoir de la droite diabolisée, salie  d’autre part. Une élection fort peu légitime, sans ancrage, sans  consistance, sans base sociale, sans racine et donc contestable .

Nous avons été l’un des rares sinon le seul  à démontrer que dans le flacon Macron ce qu’il y  avait c’est un agenda européiste. Férocement européiste. Un agenda européiste masqué, habillé de clinquant moderne et d’éléments de langage vides purement publicitaires.

C’est à dire que l’élection de Macron signifiait et c’était bien sur le but des sponsors, elle signifiait la fin de l’ambiguïté et le ralliement, la reddition inconditionnelle  aux conceptions Allemandes ordo libérales.

Macron est venu pour cela, ceux qui l’ont propulsé au sommet ont payé pour cela, pour le choix clair, irréversible, définitif, sans espoir de retour en arrière , le choix de l’intégration de la France dans l’Europe Allemande d’une part et le monde global d’autre part.

Macron est un enfant, un gamin qui est pris dans son complexe non liquidé de toute puissance,  face  aux adultes qui l’ont propulsé et fabriqué; et sa légitimité il ne la tient pas du peuple mais de sa promesse: je ferais ce pour quoi je suis là, je serai déterminé, je ne reculerai pas. Vous allez voir ce que vous allez voir.

Il est venu pour changer la France comme Thatcher en son temps est venue en Grande Bretagne pour la casser. Et pour réaliser cela il faut être jusqu’au boutiste, comme la Dame de Fer. Le combat doit être à mort, il ne peut être négocié sinon on rentre dans le chiraquisme ou le hollandisme.

Si on n’a pas compris cela on n’ a rien compris de Macron; comprendre Macron c’est poser la question qui t’a fait roi et pourquoi?

Macron ne peut céder car il est un fer de lance, le fer de lance des élites mondialisées, européisées et financialisées et en plus il a derrière lui tous les capitalistes compradores typiquement français , les Bouygues, Arnault , Niel etc

Macron est en effet un mélange  d’influences;  on rencontre chez aussi bien de la rigueur Allemande que du relativisme anglo saxon et du favoritisme crony à la française.

En fait Macron a parié , il s’est dit je vais donner des gages à l’Allemagne  matant durement le peuple français, en lui enfonçant les réformes dans la gorge,  et en échange  ils vont accepter des dérives, des solidarités, des facilités à l’anglo-saxonne.

Grace à cette seconde phase, obtenue, rendue possible  par les concessions des Allemands, la croissance va repartir , je vais m’installer durablement sur le trône. Presque comme si j’étais autonome, presque comme si je n’avais pas un fil à la patte.

Car l’objectif de Macron était , il ne l’est plus en ce moment, il était de racheter sa liberté,  de se libérer des conditions qui l’avaient menées au pouvoir.

 

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