Je vous offre ci dessous un texte de Jean Pierre Chevènement publié sous forme de Tribune dans FigaroVox. Lisez le s’il vous plait.

Je vous offre ci dessous un texte Jean Pierre Chevènement publié sous forme de Tribune dans FigaroVox.

Je salue le courage et la clairvoyance de JPC dont je déplore souvent le silence et la retenue. Beaucoup de sujets méritent une analyse ferme , lucide et percutante comme il est capable d’en faire.

Beaucoup de sujets justifient non seulement le combat mais également l’indignation. A force de retenue, il me semble que l’on finit par tout laisser faire.

Je me permets rarement de critiquer Chevènement, mais ici je m’étonne de l’appel au patriotisme qu’il lance à propso d’Alstom. Est il opportun ou même raisonnable alors que nous vivons précisement une entreprise volontaire, systématique de destruction du patriotisme?

Quand j’étais plus jeune je me définissais comme National-Productiviste, Chevènement m’a expliqué un jour, « abandonne cette étiquette, elle sonne mal , elle a mauvaise image, trop proche de national-socialiste ». Il avait raison , mais est ce que « patriotisme »‘ n’est pas proche de « nationalisme » et est ce que la revendication patriotique ne sonne pas elle aussi comme ringarde, fascisante, populiste?

Faire appel au patriotisme sans entrer de   plein pied dans le vrai combat global d’ensemble est-il raisonnable?  Il n’est de vérité que du tout, et les combats partiels qui ne remontent pas au coeur des choix du pouvoir sont rarement victorieux.

Le combat efficace c’est celui qu’il faut mener contre la destruction des nations, celui qu’il faut mener contre  la dictature des marchés trafiqués par des règles qui ne sont que l’expression de la loi du plus fort,  celui qu’il faut mener contre le règne du bénéfice fictif financialisé, celui contre …

Ce que je veux dire c’est qu’Alstom, c’est un élément d’un tout, de toute une politique, de toute une orientation qui en dernière analyse se décline jour après jour dans des situations multiples certes mais de même logique. Et c’est cette logique qu’il faut sans relache critiquer, qu’il faut éclairer . Il faut favoriser la prise de conscience  de sa scélératesse jour après jour. C’est contre les racines de cette logique, contre la politique monétaire, contre la perversion de la finance, contre la formation d’un monde rigoureusement clivé entre « Eux et Nous », contre la dérive du système Républicain qu’il faut se battre, qu’il faut lutter, qu’il faut mobiliser.

Comme je le dis souvent, on devrait faire du Chevènement plus souvent.

 

 

TRIBUNE – L’ancien ministre d’État, qui fut maire, député puis sénateur de Belfort, analyse les causes du démantèlement d’Alstom, longtemps l’orgueil de l’industrie française.

Belfort, dont le nom symbolise l’esprit de résistance, se bat à nouveau le dos au mur. General Electric, auquel la branche énergie d’Alstom a été vendue en 1999 pour les turbines à gaz et en 2015 pour le reste, vient d’annoncer la suppression de plus de 1000 emplois, le quart de son effectif, la moitié de ceux qui travaillent dans le secteur des turbines à gaz, à tel point que la pérennité du site paraît menacée.

C’est évidemment un crève-cœur pour le maire de Belfort que j’ai été pendant plus de vingt ans, mais plus encore un épisode symbolique d’un processus de désindustrialisation, lui-même indissociable de la financiarisation et du démantèlement de nos grands groupes industriels depuis plus de deux décennies.

J’espère encore que le président de la République ne voudra pas laisser associer son nom à cette débâcle et saura trouver le moyen de pérenniser ce grand site industriel français dont les salariés sont fiers des produits de haute technologie qu’ils fabriquent.

Encore aimerais-je ne pas entendre le porte-parole du gouvernement expliquer que Belfort et ses turbines à gaz seraient sacrifiées sur l’autel de la «transition écologique». On croit entendre Flaubert qui, sous le mot «époque», notait: «Notre époque est une époque de transition» (Dictionnaire des idées reçues).

Les énergies renouvelables sont des énergies intermittentes. Il faut donc suppléer à leur insuffisance

Le marché des turbines à gaz connaît un fléchissement temporaire. Mais les énergies renouvelables sont des énergies intermittentes. Il faut donc suppléer à leur insuffisance. Ce n’est pas s’avancer beaucoup que de dire que le gaz fera mieux l’affaire dans la prochaine décennie que le charbon (pour de bonnes raisons) et que le nucléaire (pour de mauvaises). Sinon, pourquoi nos amis allemands s’acharneraient-ils à construire un nouveau gazoduc à travers la Belgique?

Ce dérapage ne doit pas occulter l’essentiel: la France et l’Europe auront encore besoin de maintenir une industrie de production électrique diversifiée. C’est pourquoi j’ai regretté que l’État ait cédé en 1999 et 2014 un fleuron technologique et qu’il ait refusé, en 2017, de monter au capital des trois «co-entreprises» qui avaient été prévues, dans le protocole d’accord de 2014, pour ancrer General Electric à Alstom et au tissu industriel français.

Le drame que vit Belfort est un drame national, celui de l’abandon de l’industrie française par nos élites financiarisées. Revenons sur l’exemple de Belfort: au départ était un vaste conglomérat fabriquant des turbines nucléaires, hydrauliques à vapeur ou à gaz, des locomotives de fret ou à grande vitesse, des moteurs, des aimants, etc.

Les choses changent au milieu des années 1990 quand Serge Tchuruk introduit la notion «d’entreprise sans usines» (c’est le début des délocalisations)

La Compagnie générale d’électricité, devenue Alcatel-Alstom en 1991, était traditionnellement dirigée par de grands industriels tels que Pierre Suard. Les choses changent au milieu des années 1990 quand Serge Tchuruk introduit la notion «d’entreprise sans usines» (c’est le début des délocalisations) et de «pure players» (c’est la spécialisation par produits).

L’entreprise est alors filialisée. Alcatel met Alstom en Bourse en 1999, après avoir prélevé un «dividende exceptionnel» de 5 milliards d’euros. Alstom, fragilisée, commet l’erreur de racheter les turbines à gaz de son concurrent suisse ABB dont les défauts techniques apparaissent très vite et de vendre à General Electric son usine de Belfort. Son PDG, Pierre Bilger, conduit Alstom à la faillite en 2003. Il a encore assez d’honneur pour refuser une prime de départ de 4 millions de dollars.

Député maire de Belfort à l’époque, j’obtiens de Jacques Chirac, président de la République, une renationalisation partielle d’Alstom: l’État monte au capital (20 %) et rassemble près de 60 banques qui se portent caution. Un nouveau PDG est nommé, Patrick Kron. Le commissaire européen, M. Mario Monti, oblige alors Alstom à se séparer de ses chantiers navals. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie et des Finances, l’entreprise reprend des couleurs. L’État cède sa participation à Bouygues en 2006. Déçu par l’absence des synergies qu’il espérait, Bouygues sera vite pressé de reprendre sa mise. C’est alors qu’intervient l’épisode du rachat par General Electric de la branche Power d’Alstom (les turbines autres qu’à gaz, y compris les turbines nucléaires Arabelle).

Le rachat d’Alstom par General Electric est présenté à l’opinion publique française comme une alliance d’égal à égal avec trois «co-entreprises» à 50-50, tromperie manifeste

Appuyé par le Department of Justice américain qui prend en otage, en l’emprisonnant plus de deux ans au total, un haut cadre d’Alstom, Frédéric Pierucci, au prétexte de corruption en Indonésie, General Electric convainc le PDG d’Alstom, M. Kron, de vendre pour 12 milliards d’euros une entreprise qui est la troisième mondiale, au motif qu’elle n’aurait pas la «taille critique».

M. Kron plaide coupable. Alstom est mise à l’amende pour près de 1 milliard de dollars. Le rachat d’Alstom par General Electric est présenté à l’opinion publique française comme une alliance d’égal à égal avec trois «co-entreprises» à 50-50, tromperie manifeste, car General Electric est majoritaire dans les trois «co-entreprises».

Ainsi s’impose «l’extraterritorialité» du droit américain!

Trois ans plus tard, en 2017, l’État refuse de monter au capital des «co-entreprises» où General Electric est majoritaire. Le leurre se dissipe. Non seulement General Electric ne crée pas les 1000 emplois qu’il avait promis, mais il en supprime autant. M. Kron, qui a entrepris de vendre son entreprise sans même en référer à son ministre, part avec une indemnité qui excède largement les 4 millions d’euros. Il n’a pas la décence d’y renoncer, contrairement à son prédécesseur, M. Bilger. La cupidité a définitivement triomphé de l’ancien «esprit de service public».

Entre-temps, M. Tchuruk a vendu Alcatel, jadis le numéro un mondial des télécommunications, au finlandais Nokia qu’un groupe américain a depuis lors absorbé.

On voit les ravages qu’a faits dans les élites industrielles françaises la théorie devenue dominante de la «création de la valeur pour l’actionnaire»: tout pour l’actionnaire! Haro sur les salariés et foin de l’intérêt national!

En vingt ans, l’ex-Compagnie générale d’électricité a quasiment disparu: les Chantiers de l’Atlantique sont aux mains de Fincantieri. Ne restent que les câbles et Alstom-Transport qu’on a offert à Siemens, au prétexte de la taille des géants chinois concurrents: à ce compte, c’est toute l’industrie française qu’il faudrait brader! Heureusement,la Commission européenne, pour des raisons qui lui appartiennent, a mis son holà à cette opération.

Les financiers ont ainsi définitivement pris le pas sur les industriels dans nos grands groupes et dans l’État lui-même: le ministère de l’Industrie, avec ses équipes d’ingénieurs compétents pour chaque branche, a disparu. Il a été démantelé (sous Alain Madelin) et absorbé par le ministère de l’Économie et des Finances (sous Dominique Strauss-Kahn).

Il n’y a plus d’État: celui-ci est gangrené de l’intérieur par les lobbies français et étrangers (cabinets d’audit, conseils juridiques, communicants). La confiance est tombée très bas chez les salariés, y compris les cadres, chez les industriels fournisseurs, chez les élus de terrain et plus généralement dans la population, vis-à-vis des responsables de nos grands groupes mais aussi des politiques.

La désindustrialisation de la France est le trait dominant des trente dernières années (les «trente piteuses»).

Ce que j’ai décrit pour Alcatel-Alstom s’applique hélas à Pechiney, à Arcelor, à Lafarge, à Technip et à d’autres. Pechiney aurait pu racheter Alcan. La Commission européenne s’y est opposée au nom de la concurrence: c’est Alcan qui a racheté Pechiney.

La taille des grands groupes français n’a en rien préservé l’industrie dans notre pays. Au contraire, ils sont beaucoup plus exposés à la logique financière

Arcelor était le produit d’une fusion «européenne» entre le français Usinor-Sacilor, l’espagnol Aceralia et le luxembourgeois Arbed. La société luxembourgeoise qui en a résulté, Arcelor, qu’on nous a présentée comme l’exemple même des «champions européens» du futur, a été absorbée par Mittal, sans que le gouvernement français puisse juridiquement s’y opposer.

Lafarge a été avalée par le suisse Holcim sous le leurre d’une «fusion entre égaux». Technip, fleuron du parapétrolier français et création de l’Institut français du pétrole, organisme public, a été livrée à son concurrent américain par son patron parvenu à l’âge de la retraite. Que penser d’un pays qui se laisse ainsi dépouiller de ses fleurons?

La part des effectifs employés dans l’industrie a chuté de plus de moitié depuis 1983, de 6 à 3 millions. Le rapport Gallois (2012) a établi que la part de l’industrie dans le PIB est passée de plus de 20 % dans les années 1980 à 11 % en 2010 (contre 22 % en Allemagne). Des pays voisins ont su préserver leur tissu industriel (Allemagne, Suisse, Suède, Italie du Nord). Pourquoi?

La taille des grands groupes français n’a en rien préservé l’industrie dans notre pays. Au contraire, ils sont beaucoup plus exposés à la logique financière.

Un patriotisme au moins local a survécu chez nos voisins. En France au contraire, nos élites considèrent le patriotisme comme ringard. L’esprit de service public, particulièrement dans les grands corps de l’État, a déserté. Les meilleurs choisissaient jadis le service de l’État. La multiplication, pour ne pas dire la généralisation, des pantouflages chez les titulaires des grands postes montre qu’à l’esprit de service public se sont progressivement substitués chez ces derniers sinon la cupidité, du moins le souci de s’agréger à l’aristocratie financière.

Le président Macron veut à juste titre supprimer l’ENA et rebâtir Notre-Dame. Mais c’est le patriotisme français et l’esprit de service public qu’il faut relever !

Le corps des Mines et l’Inspection des finances étaient l’orgueil de notre administration. Aujourd’hui, ils fournissent les plus notoires des transfuges. Le président Macron veut à juste titre supprimer l’ENAet rebâtir Notre-Dame. Mais c’est le patriotisme français et l’esprit de service public qu’il faut relever!

Quand nos décideurs n’attachent plus d’importance au caractère public ou privé du capital ou à la nationalité d’une entreprise, c’est que les critères financiers dans leur esprit ont pris le dessus. Tout se passe comme si les élites françaises convaincues depuis la fin des années 1970 de l’avènement d’une «société postindustrielle» avaient, dans les dernières décennies, sacrifié l’industrie aux services et à la finance.

Nos élites ont renoncé à l’ambition gaullo-pompidolienne qui consistait à faire de la France une grande puissance scientifique, technologique et industrielle.

Après des siècles de grandeur militaire et impériale, c’était le moyen que les deux premiers présidents de la Ve République avaient imaginé pour que la France continue à jouer dans la cour des Grands et ne se laisse pas définitivement distancer par l’Allemagne, le Japon, sans parler aujourd’hui de la Chine.

La droite s’est détournée du gaullisme. La gauche a très vite abandonné son projet «industrialiste». La logique de la financiarisation («l’acquisition de la valeur par l’actionnaire») a tout balayé.

Est-il encore temps de redresser le cap? Comment convaincre nos élites de changer de mentalité et de réintroduire la France dans leur vision du monde?

En France, tout a toujours procédé d’une impulsion donnée par l’État, car seul l’État peut remédier aux «ferments de dispersion» jadis discernés par le général de Gaulle, encore accrus aujourd’hui par la financiarisation du capitalisme. Seul l’État peut corriger ces travers par une intervention directe au niveau des grands groupes industriels et par un transfert de l’épargne vers les grands projets industriels et technologiques d’avenir. Le président de la République saura-t-il se ressourcer, dans la deuxième partie de son quinquennat, à l’esprit du gaullisme qui est aussi celui de nos institutions et de la République elle-même?

La nécessaire révolution culturelle dans nos élites pourrait alors s’accomplir.

La bataille que mène Belfort pour rester une grande cité industrielle et technologique prendrait alors valeur de test du vouloir vivre national. C’est l’esprit de nos élites qui en est l’enjeu. Continuer Belfort, ce sera continuer la France!

10 réflexions sur “Je vous offre ci dessous un texte de Jean Pierre Chevènement publié sous forme de Tribune dans FigaroVox. Lisez le s’il vous plait.

  1. A lire également :

    « Frédéric Pierucci est un ancien cadre dirigeant d’Alstom. Sa vie a basculé en avril 2013 lorsqu’il fut arrêté à New York par le FBI, afin que la justice américaine puisse faire pression sur Patrick Kron, le PDG d’Alstom, pour qu’il cède le fleuron français à son concurrent américain General Electric. Il relate cette affaire dans «Le piège américain, l’otage de la plus grande entreprise de déstabilisation économique témoigne» »

    https://amp.lefigaro.fr/vox/politique/le-bilan-de-la-vente-d-alstom-est-catastrophique-pour-l-emploi-et-pour-notre-souverainete-20190604?__twitter_impression=true

    Souhaitons que le « tour de table » organisé par ce véritable « industriel » soucieux des intérêts stratégiques et souverainistes français soit un succès pour que la branche « Vapeur », incluant les turbines dédiées au nucléaire, puisse être rachetée à GE.

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  2. Merci pour cette communication.
    Malheureusement je crois qu’il est trop tard, la France est sur le toboggan du déclin et cette évolution n’est plus rattrapable. La faute à des « élites » indignes, mais aussi à un peuple incapable de prendre en main son destin comme l’ont montré les dernières élections européennes.

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  3. Depuis quand une province, que dis-je un district peut-il se rebeller contre l’empire?

    Les choix de dissoudre l’appareil productif par les élus du suffrage universel me paraissent absolument normaux au regard de l’idéologie sociétale-démocrate.

    Sincérement aucune pitié pour ces décérébrés qui votent – Coluche comparait il y a plus de 30 ans le chomeur allant voter au crocodile entrant dans un magasin de chaussure – rien n’a changé dans ma douce France.

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  4. Bonjour
    Pendant des décennies, la gauche a ressassé  » Le nationalisme c’est la guerre! » sur tous les tons.
    M. Chevènement, dont j’apprécie certaines positions, semble passer cela sous silence.
    Et puis, en France, produire des objets bof! Ce qui est vraiment bien c’est de produire des concepts! La fabrication de bons produits , c’est trop trivial, vulgaire, mai son peut chanter le pognon qu’on en tire.

    Cordialement

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  5. De toute façon c’est trop tard. GE a récupéré les brevets, donc obligation pour la France de payer des royalties à une boite US (probablement pas à la baisse) pour construire ce qui était un produit national avant. Comme les brevets « européenisés » d’Airbus ou Arianespace. En attendant ceux de Dassault pour l’avion de combat du futur, Nexter pour le char du futur, etc…

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  6. Je l’ai lu.

    Je pense que JPC plane complètement s’il pense que Macron va redonner le goût du patriotisme à « nos » élites. Je ne veux pas être insultant, mais je ne vois pas comment le dire autrement. Il est complètement à coté de la plaque.

    D’abord, Macron n’a pas ce genre de pouvoir. Il n’a même pas ce genre de volonté alors …
    Et surtout, c’est un mouvement d’ensemble. On ne parle pas que d’une poignée de « traîtres », c’est toute la population éduquée (academia comme dit Todd) qui n’est plus française de cœur.
    D’ailleurs, de nos jours, il ne reste plus grand monde qui soit français de cœur : entre les traîtres, les chances pour la France, les dégoûtés (qui ne supportent plus cette France) et les « patriotes de la dernière heure » (qui ne sont patriotes que quand ça les concerne eux) … il ne reste plus grand monde, à mon avis, pour sacrifier quoi que ce soit à l’intérêt national. Pour que ce soit clair : je ne parle pas que des élites. A quoi bon, même pour ceux qui le voudraient bien, quand on est tout seul à le faire. Les « vrais » français sont amer, nostalgiques et se sentent impuissants. L’individu ne peut pas grand chose face aux dynamiques de groupe.

    Je le dis et le redis souvent : nous ne sommes plus un peuple, mais DES peuples. C’est un triste constat, je préférerais me tromper, mais …
    C’est ça le fond du problème. L’immigration n’a pas divisé le pays en 2 mais 3 : les immigrés, les français pro-immigration et les français anti-immigration. (je schématise)
    A partir de la, il nous reste un état, une administration, mais plus de volonté de vivre ensemble, ni d’histoire commune.

    Les élites, comme d’autres, font ce constat et en tirent les conséquences qui s’impose. Bye bye Alstom et les larmes des Chevènement n’y pourront rien changer.

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  7. Un courrier de Monsieur Patrice Sage

    Mon cher Berthez
    ,
    Je vous lis avec attention, intérêt, amertume et tristesse.

    Pourquoi ?

    Votre dernier édito concernant Chevènement éclaire cette question.

    « National-productivisme trop proche de national-socialisme, patriotisme de nationalisme… »
    Le drame de l’élite française est là, tapi dans ces mots pathétiques.

    Que signifient-ils tout simplement?

    Ceci: « Cessons de faire pipi car Hitler faisait pipi, caca car De Gaulle le faisait…etc… »

    Mais les mots sont à la pensée ce que le rite est à la croyance: ils la soutiennent.
    Et c’est ainsi, tout simplement, que quelques officines ténébreuses et férocement attentives
    ont échangé de façon subreptice le solide bon sens français pour une incantation lancinante
    à la gloire et au service exclusif du Créancier Universel.

    Et cela dure depuis des décennies.

    Le pouvoir total, universel, mondial, ne tient, subtilement, que par ces mots. Mais il est fragile.
    Car ces mots sont aussi loin de la pensée et de la croyance que les capitalisme financier l’est du capitalisme industriel.

    Chevènement a tort de na pas vouloir se réapproprier ces mots stratégiques.

    C’est, je crois, la clé de toute l’histoire, de l’Histoire qui n’appartient pas plus à l’un que la
    fonction urinaire appartient à l’autre, fut-il caporal autrichien…

    Peut-être ne faudrait-il qu’une gomme…
    Non ?
    Bien à vous

    PS

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    1. pareil. J’aime bien la phrase le travail rend libre, » arbeit macht frei ». Mais comme elle etait ecrite de facon diaboliquement habile a l’entrée des camps de la mort pour donner l’espoir que consentir c’etait sauver sa vie, on peut difficilement l’utiliser.

      Cessons de faire pipi car Hitler faisait pipi: vous avez tout a fait raison et cette analogie est a diffuser.

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  8. Mais tout le monde sait que le véritable enjeu qui doit mobiliser la France pour les 10 ans à venir est d’offrir la PMA/GMA aux couples homos…
    Je galège, c’est le désespoir.

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    1. C’est la segmentation façon marketing du corps électoral afin d’empêcher d’une part les solidarités et de diviser, d’autre part d’émietter et d’ empêcher l’émergence de prises de conscience d’une situation fondée non sur le sociétal mais sur la production et la répartition des revenus

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