Avant la baisse des taux: la vérité, la Fed est coincée! Dans les cordes.

Depuis décembre 2018; la Fed et Powell annoncent une baisse des taux et un arrêt du resserrement quantitatif.

En clair finie la tentative de normalisation, elle a échoué.   On ne retire plus le bol de punch, au contraire on va de nouveau l’épicer.

La Fed a commis une erreur en se pré-engageant pour une réduction  la semaine prochaine. Elle a confondu l’économie réelle et le marché boursier: la Bourse, ce n’est pas l’économie, c’est son ombre projetée et déformée.

Rien dans l’évolution de l’économie ne justifie une baisse des taux si on se réfère à tous les critères classiques habituellement retenus, les fameuses datas. en baissant les taux, Powell avoue qu’il n’est pas « data dependant » mais otage, otage des marchés.

Voici le contexte économique dans lequel on va baisser les taux, cela semble irréel, impossible à justifier.

Le PIB du deuxième trimestre vient d’être publié il ressort à un taux plus élevé que prévu de 2,1%, en baisse par rapport au 3,1% du premier trimestre mais en gain sur le consensus de 1,8%.

La consommation personnelle a fortement rebondi, passant de 0,9% au premier trimestre de l’année à un taux annuel de 4,3%.

Il est à noter que la croissance de la consommation personnelle n’a été plus forte que 4 trimestres  au cours des 13 dernières années.
Les revenus personnels ont augmenté de 5,4% en rythme annualisé, en baisse par rapport au 6,1% du premier trimestre,  mais c’est néanmoins un chiffre élevé.

La rémunération des salariés  a augmenté de 4,7% en rythme annualisé.

Les produits d’intérêts et   les dividendes ont augmenté de 9,0% en rythme annualisé, ce qui a plus que compensé  la contraction annualisée de 6,1% du premier trimestre.

Le revenu disponible global a augmenté de 4,9% en rythme annualisé, contre 4,8% au premier trimestre et  4,2% au 4ème trimestre de 2018.

Les dépenses publiques ont atteint un taux de croissance annualisé de 5,0% contre 2,9% au T1, entraînées par une augmentation annualisée de 7,9% des dépenses de l’Administration fédérale; niveau le plus élevé  depuis le deuxième trimestre de 2009).

Avec un déficit fédéral proches de 4,5% du PIB, les mesures de relance budgétaire sont devenues une force puissante dans l’économie .

En baisse de 5,2%, les exportations ont certes freiné la croissance.

Après un taux de croissance au premier trimestre de 6,2%, l’investissement privé brut a diminué de 5,5% en rythme annualisé. L’investissement fixe non résidentiel a diminué de 0,6%, l’investissement résidentiel de 1,5%.

À 2,3%, l’indice des prix du PIB du deuxième trimestre s’est nettement redressé par rapport aux 1,1% du premier trimestre.

Les dépenses de consommation personnelle au deuxième trimestre ont atteint 2,3%, soit la plus forte valeur depuis le premier trimestre de l’année 2018.

Le PCE , le price deflator de base a augmenté de 1,8%, soit la plus forte hausse de prix depuis le 2,1% du premier trimestre 2001. Il convient de mentionner que l’augmentation du Core PCE au deuxième trimestre a été supérieure à la moyenne trimestrielle de 1,7% enregistrée depuis 2004.

Les commandes de biens durables en juin ont augmenté de 1,9%  une hausse plus forte que prévue; la hausse de 1,9% des commandes de biens d’équipement autres que la Défense a été bien supérieure au consensus de 0,2%.

Les demandes hebdomadaires d’inscription au  chômage ont chuté au plus bas niveau en huit semaines. Et n’oublions pas les 224 000 gains de la masse salariale non agricole de juin.

Et bien que les 50 du PMI manufacturier américain de Markit soient inférieurs  aux  attentes  de 51, le PMI des services de Markit a été publié  à 52,2 !

Le secteur manufacturier mondial est faible et le secteur manufacturier américain s’est affaibli. Mais l’activité manufacturière n’est pas essentielle aux USA.

Ainsi  les revenus du deuxième trimestre de Google ont augmenté de 19% en glissement annuel pour atteindre 38,94 milliards de dollars.

Microsoft a vu ses revenus grimper de 12% en glissement annuel à 33,7 milliards de dollars.

Les revenus trimestriels de Facebook ont ​​bondi de 28% en glissement annuel pour atteindre 16,89 milliards de dollars.

Ensemble, ces trois sociétés ont enregistré une croissance de leurs revenus de 18% en glissement annuel.

Les conditions financières sont très laxistes 

Malgré la faiblesse de l’activité  mondiale, due aux frictions de la guerre commerciale , à  la fragilité de la Chine et aux aberrations de la gouvernance européenne, les conditions financières aux États-Unis sont extrêmement laxistes  depuis des mois. Les prix des swaps sur défaillance de crédit de qualité investissement (CDS) sont tombés cette semaine à leur plus bas niveau depuis février 2018. Les spreads  sur les obligations à haut risque se sont contractés  cette semaine pour se rapprocher des plus bas de novembre.

L’émission de dettes par les entreprises a atteint un rythme record.

Les indices  des actions ont atteint des sommets sans précédent.

Les semi-conducteurs ont terminé la semaine sur un gain de 38,0% par rapport au premier janvier .

La hausse  de 2,3% du Nasdaq100 cette semaine a propulsé les gains depuis debut janvier   à 26,7%.

La fortune  nette des ménages par rapport au PIB a probablement atteint des sommets sans précédent. Les valeurs mobilières exprimées en pourcentage du PIB sont  à des niveaux record.

25 juillet – Wall Street Journal (Jessica Menton): «Les investisseurs investissent à un rythme record dans les obligations defensives , un signe que la prudence coexiste avec  des actions qui inscrivent  des records.

La Fed est sur le point de baisser ses taux en pleine ébullition  sur les marchés de valeurs mobilières.

Pour justifier maladroitement son action, elle nous ressort le couplet sur l’inflation. Une inflation qui serait inférieure à l’objectif.

Selon le Financial Times:  «Powell cherche un remède contre la maladie de la faible inflation»…«Jay Powell a souligné ce mois-ci la détermination de la Fed à lutter contre l’inflation trop faible qui  pèse sur l’économie américaine, il a avertit le Congrès que des prix trop bas pourraient conduire  à une« dynamique malsaine » surtout moins de marge de manœuvre pour faire face à la récession. «Nous l’avons vu au Japon. Nous le voyons maintenant en Europe », a déclaré M. Powell dans son témoignage. «C’est pourquoi nous pensons qu’il est si important de défendre notre objectif d’inflation de 2% ici aux États-Unis et nous sommes déterminés à le faire».

Powell s’enfonce dans l’absurdité. L’inflation,  elle existe, elle est là sous ses yeux, mais il détourne le regard pour surtout ne pas la voir. Elle se porte là ou va l’argent c’est à dire qu’elle se porte sur le prix  des actifs  financiers puisque ce sont les détenteurs d’actifs qui reçoivent  cet argent!

Les prix des valeurs mobilières ont connu une forte inflation, une  «hyperinflation» si on se réfère  à certains marchés obligataires mondiaux (Italie, Grèce, Portugal, Espagne, Slovénie, etc.).

Les cours mondiaux des actions sont pris  dans un cercle vicieux, dans une dynamique spéculative de fin de cycle.

Les marchés immobiliers mondiaux sont installés  dans un environnement fortement inflationniste, avec eux tous les prix des actifs en général, des prix des objets de collection haut de gamme, aux forêts et aux iles.

Les salariés ne bénéficiant pas de la manne monétaire, ils n’ont pas de croissance de pouvoir d’achat  donc tout ce qu’ils achètent et consomment soufre d’une demande trop faible, ce qui explique l’absence d’inflation sur tout ce qui peut se classer comme moyens de reproduction de la force de travail. Le  biais inflationniste se porte sur les valeurs mobilières et les prix des actifs, absolument pas sur les biens et services de consommation populaire.

Dans le même temps, l’héritage des booms historiques chinois et des marchés émergents a laissé  des surcapacités sans précédent dans le secteur manufacturier. Une véritable dynamique désinflationniste règne sur de nombreux marchés de biens et services, ce qui  garantit que les mesures de relance monétaire ne feront que générer de puissantes bulles spéculatives.

Notre conclusion, la Fed est coincée, il n’y a plus de bonne décision, quoi que l’on fasse, on augmente les risques.

Traduction libre et commentée du dernier CBB de Doug Noland

 

 

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