La Fed ne se contente plus de gérer ses mouvements sur les taux, elle pilote les commentaires et les réactions au plus près. Elle part dans le zig, puis fonce dans le zag.
Ainsi elle s’est aperçue que sa décision de préempter la hausse des taux d’hier avait certainement été une erreur, mais comme elle avait préempté elle a été obligée de s’exécuter et de délivrer; pour compenser elle a fait tenir par ses intervenants des propos plus faucons et elle même a modéré les espoirs de baisse des taux futurs.
Tout cela nuit à la lisibilité et surtout à la crédibilité. Or celle ci s’use quand on s’en sert c’est dire quand on la met à l’épreuve.
C’est un jeu de plus en plus dangereux car la Fed ne sait visiblement pas ou elle va, elle patauge, elle pilote à l’aveugle et avec cette pratique de corriger ses décisons par des narratives, elle met vraiment sa crédibilité en jeu.
C’est comme si la défiance se rapprochait de plus en plus du Centre, du coeur de l’institution. C’est dire des preneurs de décisions eux même.
Un jour il y a risque que la mayonnaise alchimique du discrédit prenne; pour l’instant seuls quelques spécialiste savent que la Fed est perdue et désarmée, mais les prises de conscience sont des phénomènes de tout au rien, la faiblesse peut très vite devenir « common knowledge », une vérité sue de tout le monde et acceptée comme telle.
La Fed a baissé son taux directeur hier , ni parce que les données économiques le justifient, ni même parce qu’elle veut essayer de soutenir les prix des actifs pour soutenir «l’effet de richesse». Non elle les a baissé parce qu’elle s’y était engagée!
Powell a réduit les taux pour une raison de crédibilité.
Les gouverneurs se sont lancé dans un narrative abracadabrantesque, avec leur idée de vaccins préventifs dans une situation de ZLB! Une idée absurde, fausse et qui témoigne de la perte de contrôle.
La Fed est pétrifiée par la «limite inférieure zéro» ou ZLB, comme ils l’appellent.
Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, et le président de la Fed de New York, John Williams, ont récemment prononcé deux discours sur ce sujet
Dans le discours de Powell intitulé «La politique monétaire à l’ère de l’après-crise», il a tenté de décrire les défis actuels de la banque centrale.
L’inflation tendancielle, la productivité et les taux d’intérêt étaient en baisse bien avant la crise. Pour les responsables des politiques monétaires le monde dans lequel ils évoluent diffère de façon importante de celui d’avant la Grande Récession. Et ils n’ont pas de repères, ils sont sans exemple historique et sans guide théorique. Ils improvisent!
L’inflation et les taux d’intérêt sont tombés très bas, ce qui ne laisse que très peu de de munitions pour faire face à la prochaine récession.
Au cours des récessions passées, la Fed a généralement réduit ses aux d’ environ 500 points de base. Aujourd’hui, si il fallait le faire, cela placerait les taux des fonds fédéraux en territoire très négatif, beaucoup plus profondément que partout ailleurs dans le monde.
Et, comme Bloomberg l’a récemment signalé, l’historique des taux négatifs n’a pas encore validé leur utilisation.
Mon opinion est que le marchés commencent à comprendre cette nouvelle situation et qu’ils s’interrogent sur le sens du principe qui les a guidé jusqu’alors: « don’t fight the Fed ».
En clair faut il continuer à ne pas combattre la Fed?
FT] Jay Powell fails to bend yield curve to his will
[Bloomberg] Powell Suggests Fed Embarking on 1990s-Style Mini Easing Cycle
[Reuters] Gold demand leaps to 3-year high as prices surge – WGC
[CNBC] Chinese shares decline as data shows July manufacturing activity contracted
[Reuters] U.S., China to keep talking on trade after little progress in Shanghai
[Reuters] Gold demand leaps to 3-year high as prices surge – WGC
[Reuters] South Korea says remains wide apart over trade dispute with Japan: News1
[Reuters] Asian factories suffering, more stimulus seen ahead
[CNBC] Young people are putting off buying homes because of student loans
[Bloomberg] Powell Suggests Fed Embarking on 1990s-Style Mini Easing Cycle