« Demain matin, j’utilise ma voiture de fonction, comme tous les jours. Donc je serai de tout cœur avec les Franciliens qui galéreront dans les couloirs du métro ».
Cette déclaration de la porte-parole du gouvernement, à la veille de la grande grève des transports publics parisiens, a déclenché un tollé dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Elle a pourtant l’immense mérite de la sincérité.
Bien mieux que « les sans dents », « ceux qui ne sont rien » ou autre « Gaulois réfractaires », elle pourrait s’imposer comme la phrase emblématique de 10 ans de socialo-enmarchisme (2012/2022).
Elle reflète le vertigineux fossé qui ne cesse de se creuser entre une micro-société de courtisans privilégiés et la majorité silencieuse, dans la galère.
Elle illustre à merveille le sentiment profond de cette micro-société, obsédée par la préservation de ses privilèges et inaccessible à la souffrance – la galère dans le métro en est une – et aux angoisses de ce qu’elle considère comme la « vile multitude ».
Elle exprime à la perfection la déconnexion radicale de cette micro-société qui se targue d’incarner un « nouveau monde » accrochée à ses lustres et ses dorures, ivre d’autosatisfaction et qui n’a plus la moindre idée ni la moindre sensibilité du monde des réalités.
Elle nous explique pourquoi et comment la classe dirigeante française roule à l’abîme et comme un boulet, entraîne le pays avec elle. Et alors, il ne lui restera plus qu’à maudire les gilets jaunes, à crucifier le « populisme » et à supplier le Pen de grimper dans les sondages, pour atteindre son but ultime: rempiler en 2022, garder sa place sous les ors des Palais de la République et ses véhicules de fonction (avec chauffeur).
Maxime TANDONNET