Fitch est encore plus pessimiste que l’OCDE. Dans ses nouvelles prévisions économiques globales (Global Economic Outlook), l’agence de notation s’attend désormais à une progression du PIB mondial de 2,6% cette année et de 2,5% l’an prochain, soit 0,2 point de moins qu’estimé il y a trois mois. La croissance mondiale devrait ainsi tomber en 2020 à son plus bas niveau depuis 2012, plombée par les tensions commerciales entre Washington et Pékin.
« Il y a peu de précédents depuis les années 1930 où les perspectives de croissance mondiale ont été affectées de manière aussi significative par les perturbations liées à la politique commerciale », affirme Brian Coulton, économiste en chef chez Fitch.
Un ralentissement synchronisé
Fitch souligne que le ralentissement mondial actuel est fortement synchronisé, 19 des 20 pays couverts par le ‘GEO’ devant enregistrer en 2019 une croissance inférieure à celle de l’an dernier. Les prévisions de croissance pour la Chine en 2020 ont été réduites de 6,0% à 5,7%, et celles de la zone euro ont été ramenées de 1,3% en juin à 1,1%. L’estimation de croissance aux Etats-Unis a de son côté été abaissée de 0,1 point, à 1,7%.
Dans ce contexte, Fitch note que les Banques centrales du monde entier ont assoupli leur politique monétaire de la manière la plus rapide et la plus généralisée sur le plan géographique depuis 2009. Néanmoins, l’agence ne pense pas que les récentes baisses de taux de la Fed de milieu de cycle marquent le début d’une série prolongée de réductions de taux et s’attend à ce que la Fed reste en ‘stand-by’ jusqu’en 2020. Elle « doute également de l’efficacité de l’assouplissement monétaire dans un contexte d’incertitude croissante en matière de politique commerciale et de ses effets délétères sur l’investissement des entreprises ».