Le texte ci dessous est une réponse , rapide, à un lecteur . Ce sujet mériterait de très longs développements.
Lecteur Airpier
« La problématique, c’est que l’on vit dans un monde de prisons, celles construites par nous ou celles construites pour nous.
Voulons-nous vraiment sortir de celles-ci quand nous en avons conscience ou voulons-nous simplement les améliorer pour nous rendre la vie plus supportable à l’intérieur.
Si parfois nous avons l’intention d’ouvrir la porte et de vivre, la majorité du temps, nous sortons d’une cellule pour rentrer dans une autre, où au début les barreaux sont transparents.
Tout cela les Maîtres le savent. »
Ma réponse:
Vous pouvez au moins avoir une satisfaction, la vie des maîtres n’est pas plus satisfaisante que la vôtre ou la nôtre. On ne sait jamais qui est plus asservi, est-ce le maître ou est-ce l’esclave? Je suis persuadé que Macron, tenant lieu actuel du pouvoir au profit de tireurs de ficelles sans visage mêne une vie de merde.
Cette question de savoir qui est le plus étranger à lui même n’est pas que de pure forme dialectique, elle est concrête. Mais c’est une distraction. il y a plus important.
Ce que vous dites contient une part de vérité mais en apparence seulement.
Vous suggerez que la « cellule », « la prison » est extérieure , c’est une image spatiale commode.
Mais cette façon de voir induit en erreur car la cellule n’est pas extérieure à nous même , elle nous est constitutive, nous sommes pris dans cette cellule névrotique dès notre venue au monde. Le « Je » qui parle n’est pas vous, il a deja à voir avec la cellule, avec la prison.
Le langage nous structure et ce langage qui est celui du monde extérieur, (famille, père, mère, école, histoire , pouvoirs, etc ), ce langage véhicule lui même votre aliènation c’est à dire qu’il vous rend étranger à vous même. Dès le départ nous vivons pour ainsi dire pour satisfaire le désir des autres.
Digression: je n’ose imaginer la situation de ces enfants qui, naissant dans des »familles » modernes privés de père ou de mère, seront dès leur naissance prisonniers des désirs contre nature d’un »couple » et ainsi entreront dans des configurations dominées par l’Imaginaire du « tout culturel » sans espoir que qui que ce soit puisse les introduire à l’ordre symbolique.
De là il découle que devenir soi même est promethéen, c’est un travail de surhomme! Wo es war, soll ich werden!
C’est par un travail considérable sur soi, le plus beau travail qui soit, que l’on peut faire advenir ses prorpes déterminations et échapper aux prisons, aux cellules. Travail sur soi dont il est possible de donner le goût à ses enfants au lieu de leur payer un jeu vidéo pour qu’ils ferment leur gueule.
La libération, l’advenue de soi c’est ici et maintenant que cela commence. Et cela se fait aussi, comme R. Aron l’avait compris en luttant pour ou contre le monde extérieur: celui qui se veut libre doit être engagé dans le combat social.
C’est important car je ne cesse de répéter que le monde des maîtres produit les gens , les citoyens, les consommateurs qui conviennent à sa reproduction. Je soutiens qu’un peuple, cela se produit ce n’est pas une donnée.
Le capitalisme devenu pourri produit le peuple de moutons qui lui convient.
SI on ne comprend pas cela on ne peut comprendre la philosophie que j’expose ou même le positionnement politique sous jacent .
En clair et de facon pratique, vous avez à lutter contre le monde extérieur qui vous prive du sens de votre vie, la vôtre; mais en plus vous avez à lutter pour vous faire émerger vous même au dessus du fatras névrotique dans lequel « ils », le grand « ILS » du système, vous a aliéné.
La vraie exploitation, celle qui est la mère de toutes les autres c’est l’exploitation par le système du sens de votre vie.
Le système vous prive de votre vie pour vivre la sienne, inconsciente!
« Faire de la politique autrement » commence par vivre « vivre autrement ».
Et vivre autrement commence par se voir soi même autrement , et se voir soi même autrement commence par se reconstruire autrement et ce, en chaîne , c’est une récurrence …
Le travail sur soi n’est jamais fini , c’est notre condition.
Il me semble qu’en fait chacun est traversé par le bien et le mal, c’es ce que traduit le péché originel.
A chacun d’éduquer sa conscience pour être en état de voir / d’approcher le vrai le bien et de s’y conformer, et donc d’être libre.
Merci pour votre blog
C’est encore une preuve de l’ineptie de mettre les gens dans des cases en fonction de « comportements sociaux » au lieu d’essayer de voir leur profondeur, car il y a diverses façon de faire avancer la société et les priorités ou les chemins pour y arriver ne sont pas uniques (cela se saurait depuis le temps !).
Bon WE
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